Premier vol réussi d'Orion, premier pas vers Mars

La puissante fusée Delta IV à deux étages... (PHOTO STEVE NESIUS, REUTERS)

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La puissante fusée Delta IV à deux étages de la société United Launch Alliance (ULA) transportant la capsule de 8,6 tonnes s'est arrachée de son pas de tir de la station de l'Armée de l'air de Cap Canaveral comme prévu à 7h05.

PHOTO STEVE NESIUS, REUTERS

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Kerry SHERIDAN, Jean-Louis SANTINI à WASHINGTON
Agence France-Presse
Cap Canaveral

La capsule américaine Orion s'est posée en douceur dans l'océan Pacifique vendredi à l'issue d'un premier vol d'essai non habité de 4 heures et demie parfaitement réussi, a indiqué la NASA.

Orion, qui avait été lancée à 7h05 de la base de l'US Air Force de Cap Canaveral, a amerri à mille kilomètres à l'ouest des côtes mexicaines de la Basse-Californie, freinée par trois immenses parachutes. Il s'agit du premier vaisseau américain depuis Apollo capable de transporter des astronautes au-delà de l'orbite terrestre et un jour vers Mars.

Le vaisseau de 8,6 tonnes qui à la même forme que la capsule Apollo partie à la conquête de la Lune en 1969, a effectué deux tours de la Terre, dont le second à 5800 km d'altitude, soit près de quatorze fois la distance de la Station spatiale internationale du sol (420 km).

Vers 10h23, vingt minutes après avoir atteint la plus haute altitude de son périple, Orion s'était détachée du deuxième étage de Delta IV et du module de service pour préparer son retour dans l'atmosphère terrestre.

Étant donné l'orbite sur laquelle Orion évoluait, le vaisseau a pu effectuer son entrée dans l'atmosphère terrestre à plus de 32 000 km/h --soit environ 84% de la vitesse d'une capsule revenant de la Lune--, se posant sur l'océan seulement dix minutes plus tard.

Après son amerrissage, Orion devait être hissée sur le pont du USS Anchorage, un navire de transport amphibie, qui la transportera jusqu'au port de San Diego en Californie.

Ce vol était principalement destiné à tester le bouclier thermique du vaisseau, qui doit résister à des températures de 2200 degrés, ainsi que ses parachutes et ses ordinateurs de bord. Il y a aussi 1200 capteurs à bord pour mesurer les vibrations, les radiations, le niveau de bruit et la température.

Premier voyage vers Mars vers 2030

Après ce premier vol d'essai, le prochain lancement d'Orion, toujours non habité, est prévu en 2018 à bord de la fusée SLS dont ce sera le premier vol.

Orion sera alors attaché au module de service que doit fabriquer l'Agence spatiale européenne (ESA).

Orion, capable dans sa version actuelle d'emporter quatre astronautes pour des missions de 21 jours maximum, fera son premier vol habité pas avant 2021, avec peut-être un survol de la Lune.

Ensuite, parmi les missions potentielles envisagées par la NASA figure une visite à un astéroïde qui aura été «remorqué» par un vaisseau automatique pour être placé sur une orbite stable près de la Lune.

Et dans les années 2030, l'agence spatiale parle d'un premier voyage vers Mars, un projet qui reste flou vu les contraintes budgétaires qui ont gelé le budget de la NASA.

«Orion est seulement la première étape vers la création des capacités permettant d'aller un jour sur la planète rouge», souligne John Logsdon, ancien directeur du Space Policy Institute à Washington.

Le dernier vol d'un vaisseau habité américain au-delà de l'orbite terrestre remonte à la mission Apollo 17 en décembre 1972, qui a été l'ultime fois où des hommes ont posé le pied sur la Lune.

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