Philae va sauter sur une comète, une première dans l'histoire spatiale

La sonde Rossetta.... (PHOTO FOURNIE PAR L'AGENCE SPATIALE EUROPÉENNE)

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La sonde Rossetta.

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Véronique Martinache
Agence France-Presse
Paris

Après plus de 10 ans de voyage interplanétaire à bord de la sonde européenne Rosetta, l'heure du grand saut est arrivée pour le petit robot Philae: il tentera mercredi, pour la première fois dans l'histoire, d'aller se poser sur une comète.

«On est très bien préparés à la séparation», assure Sylvain Lodiot, responsable des opérations de vol à l'Agence spatiale européenne (ESA). «C'est un moment un peu magique», dit-il.

«L'affaire n'est pas simple», prévient cependant Philippe Gaudon, chef du projet CNES (Agence spatiale française) de la mission Rosetta, qui «compte les jours» depuis le centre des opérations du CNES à Toulouse.

Si l'atterrissage sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko réussit, ce sera la première fois qu'on pourra étudier «sur le terrain» le noyau d'une comète, sa partie solide, par opposition à sa chevelure, constituée des gaz et poussières éjectés du noyau sous l'effet du rayonnement. Philae pourra en particulier forer la surface du noyau pour en analyser des échantillons.

Cette mission d'«archéologie spatiale», entamée en 2004 avec le lancement de Rosetta, qui a parcouru depuis 6,5 milliards de km, cherche à percer l'évolution du système solaire depuis sa naissance, les comètes étant considérées comme des vestiges de la matière primitive.

L'heure de la séparation entre l'orbiteur Rosetta, qui escorte actuellement la comète, filant à plus de 65 000 km/heure vers le Soleil, et l'atterrisseur Philae, un robot laboratoire de 100 kg, a été fixée à 3h35 mercredi.

La confirmation du largage ne parviendra cependant au Centre européen d'opérations spatiales (ESOC) de l'ESA à Darmstadt (Allemagne) que 28 minutes plus tard, compte tenu du délai de transmission du signal radio depuis Rosetta, qui se trouve aujourd'hui à plus de 500 millions de km de la Terre.

Entre mardi soir et mercredi, l'ESA donnera cinq feux verts successifs («go/nogo»), avant d'autoriser le largage, afin de s'assurer notamment que Rosetta positionne Philae sur la bonne trajectoire pour atteindre sa cible sur la comète: le site «J», baptisé Agilkia.

Sept heures de chute libre

Philae sera largué par Rosetta à environ 20 km de la surface de la comète, grâce à un système mécanique d'éjection, doublé d'un système de secours.

«Après, ce sera une chute libre de sept heures», indique Sylvain Lodiot.

Philae «tombera» très lentement, seulement attiré par la faible gravité du noyau de la comète.

La chute sera totalement subie par Philae, mais il est quand même équipé d'un système interne qui devrait lui permettre de garder sa verticalité pendant la descente et d'atterrir sur ses pieds.

L'atterrisseur ne sera pas désoeuvré pendant ces sept heures: plusieurs de ses 10 instruments scientifiques seront en action. Il prendra des images de l'orbiteur Rosetta, puis, en fin de parcours, une série d'images du site d'atterrissage.

Rosetta, de son côté, gardera «un oeil» sur son atterrisseur, permettant aux scientifiques d'évaluer s'il est sur la bonne trajectoire.

Si tout se passe comme prévu, la confirmation de l'atterrissage devrait parvenir sur Terre vers 11h.

Mais les aléas sont nombreux. «On n'a pas une comète coopérative», constate Philippe Gaudon. Philae a été conçu pour s'ancrer au noyau et éviter un «rebond» sur la surface, mais rien ne permet d'assurer qu'il ne va pas, au contraire, s'enfoncer dans un sol trop mou.

La zone retenue n'est pas non plus sans défaut. Elle présente «plusieurs centaines de rochers» et des pentes supérieures à 30°. Au total, 18% de la zone sont jugés impropres à l'atterrissage.

Philippe Gaudon évalue les chances de réussite à 70%, voire une chance sur deux seulement les mauvais jours...

Si Philae arrive à se poser correctement, il se mettra tout de suite au travail, pour deux jours et demi d'analyses scientifiques intensives. Au-delà, le rythme sera fonction du rechargement de sa batterie.

Philae devrait fonctionner jusqu'en mars, condamné à mourir «de chaud» quand la comète se rapprochera du soleil.

Mais Rosetta poursuivra, elle, son escorte au moins jusqu'à ce que la comète passe au plus près de l'astre, en août.

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