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L'avion Solar Impulse 2 s'apprête à boucler son tour du monde

Bertrand Piccard, 58 ans, et son compatriote André Borschberg... (Photo André Borschberg, Global Newsroom via AP)

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Bertrand Piccard, 58 ans, et son compatriote André Borschberg (photo), 63 ans, se sont relayés aux commandes du monoplace.

Photo André Borschberg, Global Newsroom via AP

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Karim ABOU MERHI
Agence France-Presse
ABOU DHABI

Solar Impulse 2 (SI2) approchait lundi d'Abou Dhabi, où cet avion capable de voler jour et nuit avec l'énergie solaire comme unique carburant doit boucler un tour du monde sans précédent, défi technologique autant qu'humain.

Piloté par le Suisse Bertrand Piccard, l'appareil doit atterrir -sauf incident- mardi à l'aube à l'aéroport Al-Bateen, près de la capitale des Émirats arabes unis, d'où il était parti le 9 mars 2015 pour un périple de plus de 42 000 kilomètres, à travers quatre continents, effectué sans une goutte de carburant.

Solar Impulse devait atterrir vers 4 h locales mardi (20 h lundi HE)  à Abou Dhabi, selon les dernières informations données par les organisateurs de cette expédition destinée à promouvoir l'usage des énergies renouvelables.

Aux alentours de 15 h HE lundi, l'avion avait parcouru 2500 km en 44 heures depuis son départ avant l'aube dimanche du Caire. Il survolait le Golfe après avoir traversé les vastes étendues du désert saoudien.

Bertrand Piccard, 58 ans, et son compatriote André Borschberg, 63 ans, qui se sont relayés aux commandes du monoplace, doivent faire le point de leur expérience au cours d'une conférence de presse organisée par les responsables de Masdar, la cité écologique en construction dans l'émirat pétrolier d'Abou Dhabi, et l'un des parrains du projet.

Pesant 1,5 tonne, mais aussi large qu'un Boeing 747, le SI2 a volé à une vitesse moyenne d'environ 80 km/h grâce à des batteries qui emmagasinent l'énergie solaire captée par quelque 17 000 cellules photovoltaïques sur ses ailes.

«J'ai lancé le projet @solarimpulse en 2003 pour transmettre le message que les technologies propres peuvent réaliser l'impossible», a rappelé M. Piccard dans un tweet.

Il est sur le point de réaliser son rêve. Mais il a mis du temps: la circonvolution, à plus de 8500 mètres d'altitude au maximum, aura duré plus d'un an et quatre mois. Elle était prévue au départ pour durer cinq mois, dont 25 jours de vol effectif.

«Défi humain»

Parti d'Abou Dhabi, l'avion s'est posé successivement à Mascate (Oman), Ahmedabad et Varanasi (Inde), Mandalay (Birmanie), Chongqing et Nanjing (Chine), puis Nagoya (Japon) et Hawaï (États-Unis), où il avait fait une escale technique imprévue de plusieurs mois, avant d'atteindre et de traverser l'Amérique du Nord, s'arrêtant à San Francisco, Phoenix, Tulsa, Dayton, Lehigh Valley et New York.

Puis il a traversé l'Atlantique sans escale pour se poser le 23 juin à Séville, dans le sud de l'Espagne, d'où il a rallié le 13 juillet Le Caire.

Bertrand Piccard a effectué la première traversée de l'Atlantique (6765 kilomètres), André Borschberg est entré dans la légende en pilotant l'appareil pour son étape au-dessus du Pacifique, soit 8924 kilomètres en un peu moins de 5 jours et 5 nuits (du 28 juin 2015 au 3 juillet 2015), le plus long vol en solitaire jamais réalisé.

«Si2 est à la fois le 1er avion d'endurance sans limites et le seul appareil expérimental autorisé à survoler des villes», écrit lundi M. Borschberg dans un tweet.

En plus d'une performance technologique, le tour du monde de Solar Impulse 2 est un exploit humain.

Les deux Suisses ont piloté à tour de rôle dans un cockpit de 3,8 m2 sans air conditionné ni chauffage, mais équipé de bouteilles d'oxygène pour permettre aux pilotes de respirer et d'un coin toilettes.

La cabine est recouverte d'une mousse isolante pour atténuer les températures extrêmes en vol, entre +40 et -40 degrés Celsius.

Une situation qui a fait dire à André Borschberg que ce fut «un défi plus humain que technique».

«On fait des petites siestes de 20 minutes. Des exercices dans le cockpit, une demi-heure, le matin et l'après-midi, sinon au bout de plusieurs jours on ne peut plus bouger les bras et les jambes», a expliqué M. Piccard aux journalistes au Caire avant le départ pour Abou Dhabi.

«Très bientôt, il y aura des passagers sur des avions électriques qui seront rechargés sur le sol», a pronostiqué M. Piccard, estimant toutefois qu'il faudra attendre avant d'en voir sur des avions solaires.

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