Zones à haut risque pour les mégaséismes

Désolation dans le village de Kesennuma après le séisme... (Photo archives Reuters)

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Désolation dans le village de Kesennuma après le séisme qui a touché le Japon en 2011.

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Agence France-Presse
Paris, France

Des chercheurs affirment avoir identifié les zones de la croûte terrestre les plus exposées aux mégaséismes, comme ceux qui ont dévasté l'Indonésie et le Japon ces dernières années.

«Nous avons découvert que 87% des 15 plus forts séismes enregistrés au siècle dernier (d'une magnitude de 8,6 ou plus) sont associés à des régions situées à l'intersection entre une zone de fracture océanique et une zone de subduction», résume Dietmar Müller, chercheur à l'Université australienne de Sydney.

Cette corrélation avec les fractures océaniques, sortes de «cicatrices» situées au fond des océans, et les zones de subduction, là où une plaque de l'écorce terrestre s'enfonce sous une autre, est présente dans 50% des cas si l'on retient les 50 séismes les plus puissants du XXe siècle (magnitude supérieure ou égale à 8,4).

Pour les besoins de leur étude, publiée mercredi dans la revue européenne Solid Earth, les chercheurs ont pris en compte quelque 1500 séismes au total. Ils les ont ensuite croisés avec des données cartographiques à l'aide d'un algorithme conçu à l'origine pour analyser les préférences des internautes.

«Si l'association que nous avons découverte était due à un simple hasard, seuls environ 25% des grands séismes de subduction coïncideraient avec ces environnements tectoniques spécifiques», assure Dietmar Müller.

Les séismes étant provoqués par des mécanismes incroyablement complexes, les spécialistes ne sont pas en mesure d'expliquer précisément pourquoi ils afficheraient une telle préférence.

Il pourrait s'agir des propriétés physiques particulières de ces environnements tectoniques, capables d'accumuler de fortes tensions sur une longue période avant de les libérer, provoquant un tremblement de terre d'autant plus puissant que le cycle est long.

La découverte pourrait permettre d'améliorer la fiabilité des cartes de zones à fort risque sismique.

Conçues essentiellement à partir de données collectées après 1900, ces cartes négligent en effet souvent des régions où aucune secousse importante n'a été récemment enregistrée. Raison pour laquelle la zone où est survenu le tremblement de terre de Tohoku-Oki (magnitude de 9), qui a dévasté le Japon en mars 2011, n'avait pas été signalée comme étant à haut risque.

«Même si nous ne comprenons pas pleinement la physique des cycles sismiques longs, toute amélioration apportée par l'analyse des données statistiques doit être prise en compte, car elle peut contribuer à réduire les dégâts et les pertes humaines», estime M. Müller.

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