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Les «extrêmes climatiques» font subir un stress au foetus

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Des pylônes effondrés à Saint-Césaire lors de la... (Photo: Armand Trottier, Archives La Presse)

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Des pylônes effondrés à Saint-Césaire lors de la crise du verglas.

Photo: Armand Trottier, Archives La Presse

Mathieu Perreault
La Presse

Après la crise du verglas, Suzanne King s'est intéressée aux femmes qui étaient enceintes pendant cette période. Ou plutôt, à leurs bébés. Depuis, la psychiatre de l'Institut universitaire de santé Douglas suit leur développement, et a pu constater qu'ils avaient vécu le stress de leur mère depuis l'intérieur de l'utérus.

D'autres chercheurs ont contribué à confirmer le phénomène: une catastrophe naturelle entrave le développement intellectuel des bébés à naître. Comme le réchauffement de la planète va augmenter la fréquence des «extrêmes climatiques», la Dre King a eu l'idée d'une conférence pour faire le point sur le sujet.

 

Une trentaine de chercheurs, pour la plupart des Canadiens et des Américains, présenteront leurs recherches sur la question. Il y a aussi une chercheuse française, mais d'une manière très à propos, sa venue pourrait être compromise par le mauvais temps qui sévit en ce moment de l'autre côté de l'Atlantique.

Pas de préavis

«Les femmes vivent toutes sortes de stress durant la grossesse, explique la Dre King. Mais les catastrophes naturelles sont vraiment les seules qui soient vraiment imprévisibles. Quand on perd son emploi, on a parfois des signes avant-coureurs, parfois c'est même notre responsabilité ou notre décision. Quand on vit un deuil, souvent la personne a été malade assez longtemps pour qu'on voie la mort venir. Mais en cas d'ouragan ou d'inondation, il n'y a pas de préavis.»

Le stress sans préavis a des caractéristiques très particulières. Il agit sur l'hippocampe, qui est responsable de la régulation du stress, notamment sur la capacité d'endiguer le flot des molécules liées au stress quand une menace disparaît. «Et pour le bébé, les molécules du stress font l'effet de toxines», précise la Dre King.

Les «enfants du verglas» ont un QI de 10 points moins élevé, une différence minuscule au niveau individuel, mais significative pour une population entière. «Si la mère était au premier trimestre, les enfants avaient plus de risque d'avoir des traits autistiques, même s'il n'y a pas d'autiste à proprement parler dans notre groupe. Dans le deuxième trimestre, il y avait plus de problèmes d'agressivité. Et au troisième trimestre, le stress du verglas affectait la coordination, l'équilibre et l'attention.»

Une cohorte idéale

La prochaine étape des recherches visera à déterminer si l'hippocampe des foetus est affecté. La Dre King étudiera cette région du cerveau, par imagerie médicale, chez 60 enfants nés avant le verglas et chez 60 bébés du verglas.

La psychiatre collabore aussi avec un chercheur en Iowa, qui avait commencé en 2007 une étude sur les effets du stress chez les femmes enceintes. Par une coïncidence extraordinaire, des inondations catastrophiques ont frappé l'État l'été dernier.

«Nous avons une cohorte idéale, qui nous permettra vraiment d'isoler les effets des inondations. Il n'est pas facile de différencier les effets génétiques, l'impact du caractère de la mère dans les premiers mois de la vie, et ce que les bébés absorbent réellement dans l'utérus.»

Une chercheuse californienne, qui a mis au point une technique de mesure du stress chez les nouveau-nés, collaborera à l'étude pour mieux cerner la transmission intra-utérine du stress.

 

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