Trump envisage de ne pas «certifier» l'accord avec l'Iran

Selon plusieurs responsables au fait des délibérations au... (AFP)

Agrandir

Selon plusieurs responsables au fait des délibérations au sein de la Maison-Blanche interrogés par l'AFP, Donald Trump a clairement indiqué ne pas avoir l'intention de «certifier» le respect des termes de l'accord par Téhéran.

AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Andrew BEATTY
Agence France-Presse

Le président Donald Trump saisit toutes les occasions pour critiquer l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien mais, selon des membres de son administration, plutôt que de le déchirer lui-même il envisage de se délester du problème en le transférant au Congrès.

Donald Trump doit prendre d'ici au 15 octobre une décision cruciale pour l'avenir de cet accord.

Car une loi oblige le président américain à dire au Congrès tous les 90 jours si l'Iran applique l'accord conclu avec les grandes puissances et si la levée des sanctions est bien dans l'intérêt national des États-Unis.

Selon plusieurs responsables au fait des délibérations au sein de la Maison-Blanche interrogés par l'AFP, M. Trump a clairement indiqué ne pas avoir l'intention de «certifier» le respect des termes de l'accord par Téhéran.

Son administration a publiquement accusé l'Iran de violer «l'esprit» de l'accord mais certains responsables admettent en privé qu'il existe une différence entre flirter avec les limites et enfreindre concrètement les clauses.

Le chef d'état-major interarmées américain, le général Joe Dunford, a déclaré au Congrès que les comptes-rendus qu'il a reçus «indiquent que l'Iran respecte ses obligations».

Mais les républicains subissent la pression de leurs donateurs et d'une partie de leur base électorale.

Donald Trump a affirmé solennellement le mois dernier devant l'ONU que cet accord était un «embarras pour les États-Unis». Et il a appelé les cosignataires occidentaux Londres, Paris et Berlin à le renégocier. En vain.

Une autre piste est désormais explorée par la Maison-Blanche. Elle illustrerait clairement l'opposition du milliardaire républicain sans mettre fin immédiatement à l'accord, tout en transférant le fardeau de la certification trimestrielle au Congrès.

M. Trump pourrait invoquer une infraction iranienne ou --moins provocateur-- refuser de certifier le respect de l'accord par Téhéran. Il donnerait ainsi au Congrès 60 jours pour décider d'éventuelles sanctions.

Les débats sont intenses et les responsables américains avertissent que tout peut changer d'ici à la date butoir du 15 octobre. Mais «il semble qu'il penche dans cette direction», affirme l'un d'eux, faisant écho à d'autres membres de l'administration.

Confrontation?

Dans l'entourage du président, les faucons plaident pour une confrontation avec l'Iran tandis que certains conseillers mettent en garde contre le risque d'enflammer le Moyen-Orient et d'endommager les relations avec les alliés européens.

D'autres encore estiment inopportun de déclencher un bras de fer avec l'Iran en pleine escalade de tensions avec la Corée du Nord.

Poids lourd de l'administration Trump, le ministre de la Défense Jim Mattis a affirmé mardi que, selon lui, maintenir cet accord nucléaire était dans l'intérêt national des États-Unis.

En transférant la décision délicate au Congrès, Donald Trump pourrait entrouvrir la porte à un rejet de l'accord. Les parlementaires pourraient en effet imposer de nouvelles sanctions, qui seraient contraires aux termes de l'accord international et placeraient les États-Unis en infraction.

Mais en coulisses, l'idée est accueillie plutôt fraîchement par certains élus républicains qui entretiennent déjà des relations tendues avec le président.

Selon une source au Congrès, il est «trop tôt pour dire» si un texte prévoyant de nouvelles sanctions obtiendrait un soutien suffisant des élus. Cela dépendra notamment de la façon dont le président présentera sa décision.

«Je peux tout à fait voir pourquoi la Maison-Blanche veut repasser la balle au Congrès: le président en tire l'avantage (politique) de ne pas certifier mais le Congrès doit prendre la responsabilité de ce que cela entraîne», relève Kori Schake, ancien membre du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche.

«Cela semble une stratégie discutable de la part de la Maison-Blanche, avec un président qui se permet d'être imprudent tout en pariant sur le Congrès pour agir de manière héroïque afin d'éviter un désastre», estime-t-elle.

La Maison-Blanche espère aussi que la menace de sanctions permette d'obtenir davantage de soutien international pour une position plus dure à l'égard de Téhéran.

Elle voudrait pousser l'Iran à freiner son programme de missiles balistiques, à interrompre son soutien aux milices à travers le Moyen-Orient et à revoir certaines clauses de l'accord sur le nucléaire. Pour les alliés des États-Unis, ces sujets devraient être abordés séparément ou dans un nouvel accord.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer