Un Palestinien tue trois Israéliens près d'une colonie

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Des officiers et des proches s'enlacent pendant les funérailles de l'une des trois victimes de l'attaque de mardi.

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Michael SMITH
Agence France-Presse
Har Adar

Un Palestinien armé a tué trois Israéliens à l'entrée d'une colonie de Cisjordanie occupée avant d'être abattu, dernière en date d'une multitude d'attaques du même genre depuis deux ans.

Coïncidant avec les grandes fêtes juives, l'attaque a immédiatement suscité chez les Israéliens la crainte d'un nouvel accès de violence et des appels à l'Autorité palestinienne à agir.

Peu après 7h00, alors que des employés palestiniens se soumettaient aux contrôles israéliens pour entrer dans la colonie de Har Adar, à une quinzaine de km à l'ouest de Jérusalem, et commencer leur journée de travail, le comportement d'un homme a suscité les soupçons des gardes qui lui ont ordonné de s'arrêter, a rapporté la police israélienne.

L'homme a sorti un pistolet de sous sa chemise et ouvert le feu, tuant Solomon Gavria, un policier de 20 ans, et deux gardes privés, Youssef Ottman, 25 ans, et Or Arish, âgé d'une vingtaine d'années. Ils ont tous les trois été enterrés mardi après-midi.

Un quatrième Israélien a été transporté à l'hôpital dans un état grave.

L'assaillant a été abattu.

Steve Leibowitz, un résident de la colonie israélienne de Har Adar âgé de 65 ans, a raconté avoir entendu les tirs et d'abord cru à un mariage.

Har Adar est une colonie aisée et jusqu'alors paisible d'environ 4000 habitants, qui jouxte le territoire israélien et est située en deçà de la barrière de séparation, érigée par Israël et qui empiète largement sur le sol de la Cisjordanie occupée. 

Démolition punitive 

«C'est un endroit calme», dit Steve Leibowitz, «on a l'impression d'être en Israël même. Je n'ai pas fermé ma porte à clé depuis des années. Maintenant, je vais le faire».

L'assaillant a été identifié comme Nimer al-Jamal, du village palestinien de Beit Surik qui fait face à Har Adar.

Selon une pratique israélienne courante, «la maison du terroriste sera démolie», a annoncé le premier ministre israélien Benyamin Néthanyahou, «les permis de travail de toute la famille élargie du terroriste sont révoqués».

Nimer al-Jamal, 37 ans, n'avait pas d'antécédent au regard de la sécurité israélienne mais souffrait de «lourds problèmes personnels» et était l'auteur de violences domestiques, selon la sécurité intérieure israélienne. Son épouse l'avait quitté et laissé seul avec leurs quatre enfants.

Il disposait d'un permis de travail israélien, comme des dizaines de milliers de Palestiniens qui vont chaque jour travailler en Israël ou dans ses colonies, attirés par des salaires plus élevés.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a déclaré qu'Israël devait interdire l'entrée des colonies aux travailleurs palestiniens pendant les fêtes juives. Il s'agit de maintenir «les frictions au plus bas», a-t-il expliqué.

La succession des grandes fêtes juives en septembre et octobre, avec Yom Kippour et Souccot à venir, fait chaque année redouter aux services israéliens un regain de tensions, notamment autour de l'ultra-sensible esplanade des Mosquées à Jérusalem. 

«Déplorable» 

Les responsables israéliens, M. Nétanyahou en tête, ont tous accusé l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas d'entretenir un climat de haine alors que l'administration Trump cherche les moyens de renouer les fils rompus du dialogue entre Israéliens et Palestiniens.

Jason Greenblatt, émissaire du président américain impliqué dans les discussions, est annoncé cette semaine en Israël pour un déplacement à la fois diplomatique et privé.

«J'attends d'Abou Mazen (Mahmoud Abbas) qu'il condamne (l'attaque) et ne cherche pas à la justifier», a dit M. Netanyahu.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a salué l'attaque comme un «acte de vengeance pour les crimes de l'occupant contre notre peuple et les violations israéliennes» sur l'esplanade des Mosquées.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a jugé «déplorable» la réaction du Hamas et pressé «toutes les parties» de condamner la violence.

Même son de cloche du côté de l'Union européenne, qui dans un communiqué à Bruxelles a jugé qu'il «ne pouvait y avoir aucune justification à un tel crime» ajoutant que «les tentatives du Hamas de glorifier l'attaque étaient répréhensibles».

«La violence et la terreur n'entraînent que davantage de souffrances et de douleurs, et cela doit cesser», ajoute l'UE.

L'entreprise de paix est moribonde. Israël, Jérusalem et les Territoires palestiniens restent en proie aux violences même si, quasiment quotidiennes à partir de l'automne 2015, elles se sont faites plus sporadiques ces derniers mois.

Le calme apparent régnant en Cisjordanie est «précaire», mettait en garde récemment le patron de la Sécurité intérieure, Nadav Argaman.

Les violences ont causé la mort d'au moins 295 Palestiniens ou Arabes israéliens, 50 Israéliens, et sept étrangers depuis le 1er octobre 2015.

La plupart des Palestiniens tués sont les auteurs ou auteurs présumés d'attaques. Nombre des attaques ont été perpétrées aux abords ou dans les colonies de Cisjordanie.




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