Le gendre de Trump rencontre Israéliens et Palestiniens en plein pessimisme

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Les dirigeants palestiniens, qui voient chaque jour s'éloigner davantage la perspective d'un État indépendant, cachent de moins en moins leur frustration vis-à-vis de l'administration Trump. En privé, ils l'accusent de parti pris pro-israélien.

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Laurent LOZANO
Agence France-Presse
Jérusalem

Des émissaires américains conduits par le gendre de Donald Trump ont rencontré à nouveau les dirigeants israéliens et palestiniens jeudi, sans fournir la moindre indication sur la façon dont ils comptent sortir l'entreprise de paix de l'ornière.

M. Trump «est déterminé à parvenir à une solution qui apportera la prospérité et la paix à tout le monde dans cette zone», a déclaré Jared Kushner, haut conseiller du président américain, au début de ses entretiens avec le premier ministre Benyamin Néthanyahou à Tel-Aviv, selon une vidéo diffusée par l'ambassade américaine.

Au-delà des déclarations d'intention, M. Kushner et sa délégation sont très loin de mettre des mots sur l'accord «ultime» promis par le président américain.

Ils en sont toujours à chercher les moyens de relancer les discussions suspendues depuis 2014, ce qui s'annonce très compliqué, tant les positions de part et d'autre semblent s'être raidies.

Même si cela prendra du temps ainsi que «des hauts et des bas», oeuvrer à un accord demeure «une des premières priorités» de M. Trump, qui reste «optimiste», a indiqué un responsable de la Maison-Blanche sous couvert de l'anonymat.

M. Trump a dépêché à cette fin dans la région M. Kushner, Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales, et Dina Powell, conseillère adjointe à la sécurité nationale.

«Réponse claire» attendue 

Après avoir rencontré des responsables saoudiens, émiratis, qataris, jordaniens et égyptiens, la délégation américaine a été reçue jeudi par M. Nétanyahou et, dans la soirée, elle rencontrait le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

À l'issue de l'entretien, le bureau de Benyamin Nétanyahou a qualifié les discussions de «constructives et de substantielles» sans autre détail, indiquant qu'elles allaient se poursuivre «dans les prochaines semaines» et remerciant le président Trump «pour son ferme soutien à Israël».

Les dirigeants palestiniens, qui voient chaque jour s'éloigner davantage la perspective d'un État indépendant, cachent de moins en moins leur frustration vis-à-vis de l'administration Trump. En privé, ils l'accusent de parti pris pro-israélien.

Ils réclament ouvertement désormais de l'administration Trump un engagement clair en faveur de la création d'un État palestinien, et son intervention pour stopper la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, territoires palestiniens occupés.

Sans «une réponse franche et claire» sur ces questions, les Palestiniens n'attendent «pas grand-chose de cette administration», a dit Ahmed Majdalani, un proche de M. Abbas.

L'administration s'est gardée jusqu'alors de soutenir la solution à deux États, c'est-à-dire la création d'un État palestinien coexistant avec Israël. M. Trump a même semblé prendre ses distances avec ce principe de référence de la communauté internationale.

Quant à la colonisation, pourtant considérée par la communauté internationale comme illégale et faisant obstacle à la paix, M. Trump s'est contenté d'un succinct appel à «la retenue». 

Situation «pas tenable» 

De guerre lasse, la direction palestinienne pourrait décider de dissoudre l'Autorité, l'appareil mis en place avec les Accords d'Oslo et censé préfigurer un État indépendant, a prévenu M. Majdalani.

C'est «l'une de nos options», mais pas la seule, a-t-il dit, évoquant la reprise de l'effort consistant à porter la cause palestinienne devant les organismes internationaux, effort mis en suspens pour laisser ses chances à M. Trump.

Dans l'esprit des Palestiniens, en cas de dissolution de l'Autorité, il reviendrait à Israël en tant que force occupante de prendre en charge les services aux Palestiniens, comme l'éducation ou la santé.

Ce n'est pas la première fois que les Palestiniens brandissent une telle menace, et les experts doutent que M. Abbas soit capable d'infléchir M. Trump.

Celui-ci, à la tête d'une administration en plein tumulte, a d'autres priorités intérieures et extérieures, notent-ils.

M. Abbas, lui, est affaibli par le large discrédit de l'Autorité qu'il préside, les dissensions intestines palestiniennes et l'émergence d'une alliance entre les concurrents du Hamas islamiste et l'un de ses grands rivaux, Mohammed Dahlane.

Quant à M. Nétanyahou, inquiété par les enquêtes judiciaires et soumis aux pressions de sa droite et du lobby des colons, il n'a aucun intérêt à aliéner sa base et n'a pas donné récemment le moindre signe d'ouverture aux Palestiniens.

Au contraire, les tensions de juillet autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem ont encore éloigné Israéliens et Palestiniens. Elles ont «souligné une nouvelle fois combien la situation actuelle n'était pas tenable» et combien une solution à deux États était nécessaire, disait cette semaine le sous-secrétaire général aux Affaires politiques de l'ONU, Miroslav Jenca. 




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