La pression judiciaire augmente sur Nétanyahou

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Les investigations concernant le premier ministre israélien font les titres des journaux depuis des mois. Un document de police, rendu public accidentellement selon la presse, est venu confirmer jeudi que ces investigations visaient des faits présumés de corruption, de fraude et d'abus de confiance.

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Laurent LOZANO
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

La pression judiciaire s'est considérablement accentuée vendredi sur Benyamin Nétanyahou avec l'annonce qu'un ancien proche collaborateur du premier ministre israélien avait accepté de coopérer avec la justice dans deux affaires de corruption présumée menaçant d'éclabousser le chef de gouvernement.

Les médias ont souligné ces derniers jours le potentiel explosif des déclarations d'Ari Harow alors que se profilait la perspective que cet ancien directeur de bureau puis chef de cabinet de M. Nétanyahou jusqu'en 2015 accepte de coopérer avec les enquêteurs contre la clémence dans les investigations le concernant lui-même.

M. Harow était un proche confident et jouait quasiment le rôle de « ministre des Finances » des Nétanyahou, écrit le quotidien Yedioth Ahronoth, généralement hostile au premier ministre, citant une source proche du bureau de celui-ci.

Comme attendu depuis quelques jours, Ari Harow a signé un accord avec le parquet pour collaborer avec les policiers chargés d'enquêter dans deux dossiers concernant M. Nétanyahou, a indiqué un responsable israélien sous couvert de l'anonymat, confirmant des informations de presse, mais sans spécifier la teneur de l'accord.

M. Harow est en butte à des investigations distinctes de celles menaçant M. Nétanyahou. Les policiers soupçonneraient une magouille dans la cession d'une société de consultants qu'il avait créée en 2010 après avoir quitté le bureau de M. Nétanyahou et qu'il était censé avoir revendue en devenant son chef de cabinet en 2014.

Enregistrements compromettants

Il avait été arrêté en 2015 à l'aéroport de Tel-Aviv à son retour de l'étranger. Ses agissements présumés sont passibles d'une peine de prison que lui épargnerait l'accord passé vendredi ; en échange de sa loquacité, il serait condamné à du travail d'intérêt général et à 700 000 shekels d'amende (163 000 euros), ont écrit les quotidiens Haaretz et Yedioth.

Ses interrogatoires auraient déjà livré aux policiers un matériel précieux dans les deux dossiers qui concerneraient directement M. Nétanyahou et qui font les titres des journaux depuis des mois. Un document de police, rendu public accidentellement selon la presse, est venu confirmer jeudi que ces investigations visaient des faits présumés de corruption, fraude et abus de confiance.

L'une des enquêtes repose sur le soupçon que M. Nétanyahou aurait reçu, illégalement, des cadeaux de personnalités très riches, dont le milliardaire australien James Packer et un producteur à Hollywood, Arnon Milchan. La valeur totale de ces cadeaux a été chiffrée par les médias à des dizaines de milliers de dollars.

Une autre enquête cherche à déterminer s'il aurait essayé de conclure un accord secret avec le propriétaire du Yedioth pour une couverture positive de la part du journal, en échange de laquelle il aurait aidé à réduire les opérations d'Israel Hayom, concurrent du Yedioth.

Ce sont des enregistrements de conversations entre M. Nétanyahou et le propriétaire du Yedioth, retrouvés sur le portable de M. Harow, qui ont éveillé la suspicion des policiers, selon la presse.

M. Nétanyahou a été interrogé à plusieurs reprises par les policiers, sans être mis en cause. Son porte-parole, David Keyes, a décliné tout commentaire sur l'accord annoncé vendredi.

Conjectures électorales

Mais jeudi encore des sources proches du premier ministre répétait l'antienne des derniers mois, rejetant « catégoriquement les allégations sans fondement contre lui ». « La campagne en cours pour changer de gouvernement est vouée à l'échec pour une raison simple: il ne se passera rien [d'un point de vue judiciaire] parce qu'il ne s'est rien passé » de frauduleux.

Ces informations ont cependant ravivé les spéculations sur une éventuelle démission de M. Nétanyahou et la tenue d'élections anticipées dont Israël est coutumier.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked avait déclaré mercredi que M. Nétanyahou n'était pas tenu, légalement, de démissionner s'il était inculpé.

M. Nétanyahou, 67 ans, à la tête du gouvernement depuis 2009 après un premier mandat entre 1996 et 1999, a été soupçonné à plusieurs reprises par le passé, sans être inquiété.

Sans rival apparent sur la scène politique, il a dépassé les onze ans de pouvoir au total et pourrait battre le record de longévité de l'historique David Ben Gourion, fondateur de l'État d'Israël, si l'actuelle législature va à son terme en novembre 2019.

Le nom de l'avocat personnel de M. Nétanyahou apparaît également dans une enquête des policiers israéliens sur l'achat par Israël de trois sous-marins militaires produits par le groupe allemand ThyssenKrupp.




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