L'interdiction des ordinateurs en cabine entre en vigueur dans le Golfe

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Les huit pays dont les compagnies et les aéroports sont concernés sont tous alliés ou partenaires des États-Unis : Turquie, Jordanie, Égypte, Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Émirats arabes unis et Maroc.

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Mohamad Ali HARISSI, David HARDING
Agence France-Presse
DUBAÏ et Doha

Fini les ordinateurs en cabine : l'interdiction imposée par les États-Unis et la Grande-Bretagne sur certains vols en provenance de pays arabes et de Turquie est entrée en vigueur samedi, au grand dam des voyageurs d'affaires et de certains parents.

« Je comprends les raisons de sécurité », a indiqué à l'AFP Debbie Corfield, une Britannique rencontrée à l'aéroport de Doha au Qatar, une plateforme visée par l'interdiction américaine.

Mais, « le problème c'est que quand j'aurai besoin de travailler à bord, mon temps de travail sera réduit », ajoute cette consultante pour une société américaine spécialisée dans les logiciels médicaux qui se rend au moins trois fois par an aux États-Unis pour raisons professionnelles.

Selon elle, sa société ainsi que nombre de ses collègues seront « affectés » par la mesure américaine.

À l'aéroport de Dubaï, un des plus fréquentés au monde, le personnel de la compagnie nationale Emirates était déployé en masse samedi pour expliquer aux passagers l'interdiction et présenter « les activités de loisirs » prévues après l'enregistrement.

L'interdiction entre en vigueur au cours d'un week-end de pointe avec 1,1 million de passagers attendus entre vendredi et dimanche.

Parents dépités

Dans cet aéroport qui accueille le plus grand nombre de passagers internationaux sur la planète, certains parents faisaient grise mine.

« J'ai deux enfants et ils ont toujours un Ipad à la main », soupire Samuel Porter qui voyage en famille.

Washington a interdit d'emporter ordinateurs portables et tablettes en cabine sur les avions assurant les vols de neuf compagnies aériennes en provenance de dix aéroports internationaux de pays arabes et de Turquie, invoquant un risque d'attentats.

Les huit pays dont les compagnies et les aéroports sont concernés sont tous alliés ou partenaires des États-Unis : Turquie, Jordanie, Égypte, Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Émirats arabes unis et Maroc.

Les États-Unis n'ont pas précisé la durée de l'interdiction mais la compagnie aérienne Emirates, basée à Dubaï, a précisé à l'AFP qu'on lui avait ordonné de l'appliquer jusqu'au 14 octobre.

Et même ceux qui pensaient y échapper en achetant ordinateur ou tablette dans les magasins hors-taxes seront déçus, a indiqué à la radio DubaïEye le président de l'aéroport Paul Griffith, ces derniers étant également soumis à l'interdiction en cabine.

Pour tenter de calmer le mécontentement de ses clients très attachés à leurs écrans portables, Emirates, a mis en place d'un service spécial gratuit permettant d'utiliser des objets électroniques jusqu'à l'embarquement.

L'enjeu est de taille pour cette compagnie qui opère 18 vols quotidiens vers les États-Unis depuis Dubaï. Turkish Airlines a fait de même depuis les aéroports de Turquie.

Vive les livres

À Dubaï samedi matin, certains passagers ont toutefois trouvé des remplacements aux tablettes. « J'ai emporté deux livres. Ça faisait longtemps ! », s'exclame une dame.

De son côté, Abou Dhabi, aéroport des Émirats également frappé par l'interdiction américaine, tente de séduire les passagers par d'autres avantages.

La compagnie nationale Etihad souligne ainsi que s'ils ne pourront bénéficier de leurs tablettes en vol, les voyageurs vers les États-Unis peuvent passer tous les contrôles d'immigration et de douanes au départ d'Abou Dhabi, un des seuls aéroports au monde à bénéficier de ce service.

« Ils n'ont ainsi plus besoin de faire la queue en arrivant aux États-Unis », a indiqué Etihad à l'AFP.

À Doha au Qatar, d'autres passagers se voulaient fatalistes. « C'est la règle et je respecte la règle, ce n'est pas très grave », confie Rakan Mohammed, un Qatari qui souffre davantage de l'interdiction de fumer.

Dans la foulée des États-Unis, le Royaume-Uni a annoncé mardi une interdiction quasi similaire affectant la Turquie et cinq pays arabes - Liban, Jordanie, Égypte, Tunisie et Arabie saoudite.

Ces interdictions, qui ne sont pas appliquées par d'autres pays touchés par des attentats comme la France, ont été très critiquées.

Certains pointent le fait qu'elles ne visent que des pays musulmans, d'autres commentateurs ont estimé qu'il s'agissait pour les États-Unis d'une forme de protectionnisme alors que des compagnies américaines se plaignent de la concurrence de leurs homologues du Golfe.

Vendredi, la Tunisie visée par les mesures de Londres a convoqué l'ambassadrice du Royaume-Uni pour se plaindre de cette mesure « injustifiée ».

« Les aéroports de Tunisie suivent les mêmes mesures de sécurité que celles appliquées à l'aéroport Heathrow à Londres », a insisté Tunis.




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