Israël: un ministre ultra-orthodoxe refuse de limiter le volume des muezzins

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Agence France-Presse
Jérusalem

Un ministre israélien ultra-orthodoxe a bloqué mardi l'examen par le Parlement d'une proposition de loi limitant le volume des appels à la prière des mosquées, de peur que cela ne limite aussi les sirènes annonçant le début du shabbat.

Le ministre de la Santé Yaacov Litzman, membre du parti ultra-orthodoxe Judaïsme unifié de la Torah, a fait appel mardi soir de la décision prise par la commission ministérielle des lois de soutenir ce projet, ont rapporté les médias israéliens.

La commission a adopté dimanche le texte, élaboré par des députés du Foyer juif, un parti nationaliste religieux membre de la majorité.

La proposition de loi doit être votée en trois lectures par le Parlement avant d'être appliquée. La première lecture était prévue mercredi.

Le texte doit désormais être de nouveau soumis au vote de la commission ministérielle des lois.

«Depuis des milliers d'années, la tradition juive a utilisé différents instruments, y compris des shofars (fabriqué dans une corne de bélier, ndlr) et des trompettes», pour annoncer le début du shabbat, jour sacré de repos hebdomadaire pour les juifs, écrit le ministre dans sa lettre d'appel, citée par les médias.

«Avec les développements technologiques, des haut-parleurs ont été utilisés pour annoncer le début du shabbat, à des volumes permis par la loi», ajoute-t-il.

Il poursuit en soulignant que la proposition de  loi constitue une atteinte à la pratique religieuse et au statu quo, en vigueur depuis la création d'Israël, entre les autorités religieuses et l'État.

Selon les médias, des députés arabes opposés au projet de loi ont fait pression sur Yaacov Litzman pour qu'il s'oppose à son examen, faisant valoir le droit à la pratique religieuse, commun aux juifs et aux musulmans.

La population israélienne comprend une minorité arabe (17,5%,) musulmane dans son immense majorité, qui s'estime victime de discriminations. Les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948.

Le projet de loi doit également s'appliquer à Jérusalem-Est occupée et annexée par Israël où vivent plus de 300 000 Palestiniens.

Les médias ont fait état de manifestations et de pétitions d'Israéliens vivant dans cette partie de la ville qui se plaignent du volume des appels lancés par les mosquées situées près de leurs quartiers de colonisation.

L'ONG Israel Democracy Institute s'est prononcée contre la proposition de loi, accusant des politiciens de droite d'exploiter dangereusement ce dossier pour gagner quelques points dans l'opinion publique.

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