Attaque talibane sur Kunduz avant une conférence majeure

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Il a fallu une fois encore le secours à des commandos pour tirer l'armée afghane et la police d'un mauvais pas.

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Gul RAHIM
Agence France-Presse
Kunduz

La grande ville septentrionale de Kunduz, déjà brièvement occupée l'an passé, a essuyé lundi une nouvelle offensive des talibans, apparemment repoussée en soirée, illustrant l'insécurité persistante en Afghanistan à la veille d'un rendez-vous majeur avec les pays donateurs à Bruxelles.

Cette réunion, mardi et mercredi, à laquelle sont annoncés plus de 70 pays, doit évaluer l'aide financière à apporter à l'Afghanistan d'ici 2020, avec l'objectif avoué d'empêcher l'effondrement du pays.

Selon plusieurs sources, l'attaque lancée dans la nuit de lundi vers 03h00 sur quatre fronts simultanés semble avoir finalement tourné court pour les talibans, chassés du centre-ville.

Les forces de l'OTAN stationnées en Afghanistan au titre de l'Opération «Soutien résolu» ont affirmé vers 22h30 sur le réseau Twitter que «le gouvernement contrôle la ville de Kunduz et que des renforts sont en cours d'acheminement».

Dans un second message, elles ont précisé que «Les forces américaines disposent des moyens et affinités dans la zone pour apporter leur soutien» à l'armée afghane.

Le porte-parole du Pentagone Jeff Davis a indiqué plus tard que les États-Unis avaient mené des frappes aériennes en soutien aux troupes afghanes, et que des membres des forces spéciales étaient également disponibles.

«La situation là-bas reste «fluide», nous continuons à la surveiller de près et à travailler avec nos partenaires», a-t-il ajouté.

Le chef de la police de Kunduz, Kassim Jangal Bagh, a également confirmé à l'AFP que «le centre-ville est désormais entre nos mains».

En fin d'après-midi, les assaillants avaient commencé de refluer de plusieurs quartiers centraux grâce au renfort des forces spéciales, selon le gouverneur de Kunduz, Assadullah Omerkhill. Ce dernier comme la plupart des responsables de la ville se trouvaient d'ailleurs toujours à leur poste, selon les sources contactées par l'AFP.

Il n'en reste pas moins que l'attaque, apparemment bien préparée, a pris de cours les forces locales et américaines qui ne «constataient pas d'offensive majeure», selon le général Charles Cleveland leur porte-parole, joint par l'AFP dans la matinée.

Et qu'il a fallu une fois encore le secours à des commandos pour tirer l'armée afghane et la police d'un mauvais pas.

Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, a revendiqué dans un communiqué cette attaque «dans le cadre de l'offensive Omari» lancée depuis le printemps, du nom de l'ancien dirigeant taliban, le mollah Omar. 

«Soutien aérien si nécessaire» 

Un responsable provincial, Yousuf Ayubi, a accusé le gouvernement «de ne pas avoir su garantir la sécurité dans cette province, constamment menacée».

Une situation «inacceptable» pour une députée de la région, Fatima Aziz: «Quand il n'y a pas d'attaque pendant deux jours, le gouvernement prétend avoir éliminé la menace et tué tous les insurgés», a-t-elle dénoncé au Parlement, réclamant la démission des ministres de l'Intérieur et de la Défense.

Les talibans marquent ainsi le premier anniversaire de leur brève prise de contrôle de Kunduz, fin septembre 2015 (289 morts et 559 blessés), seule capitale provinciale tombée entre leurs mains depuis la chute de leur régime en 2001.

Ils se rappellent aussi au bon souvenir des Occidentaux qui soutiennent le régime du président Ashraf Ghani financièrement et militairement, avec près de 10 000 militaires essentiellement américains, déployés sous mandat de l'OTAN.

Les insurgés réclament leur départ et la fin de toute intervention occidentale dans «l'émirat islamique d'Afghanistan».

Pour eux, la conférence de Bruxelles vise «une fois encore à remplir les poches des entrepreneurs étrangers et de leurs partenaires sans apporter la moindre amélioration au quotidien des citoyens ordinaires».

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le secrétaire d'État américain John Kerry doivent participer aux travaux de Bruxelles, qui devraient garantir au moins trois milliards d'euros par an à Kaboul jusqu'en 2020.

Dans un contexte de crises multiples au Moyen-Orient, «personne ne peut se permettre que l'Afghanistan soit de nouveau déstabilisé», a estimé un haut responsable européen avant la réunion.

Or, depuis l'offensive de septembre 2015, le contrôle des forces gouvernementales sur Kunduz reste fragile, comme dans de nombreuses provinces régulièrement ciblées par les insurgés qui entretiennent une insécurité persistante.

C'est notamment le cas dans l'Est, frontalier du Pakistan et dans les provinces du sud, le Helmand et l'Uruzgan, provinces du pavot, dont les capitales ont été sérieusement menacées ces deux derniers mois.

Simultanément, les incidents violents, mines, attaques suicides, visant des cibles gouvernementales et militaires se sont multipliés, faisant de nombreuses victimes civiles.

Selon les Nations unies, l'Afghanistan a enregistré au premier semestre 2016 «un nombre record de victimes civiles» avec plus de 1600 morts et de 3600 blessés, après plus de 11 000 victimes en 2015.

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