Syrie: nouveaux combats malgré une médiation

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Les affrontements, déclenchés le 17 août, sont les plus graves entre régime et forces kurdes depuis le début de la guerre en Syrie il y a plus de cinq ans. L'aviation du régime a même bombardé la semaine dernière des cibles kurdes à Hassaké, également une première.

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Agence France-Presse
HASSAKE

Les combats entres forces kurdes et miliciens prorégime ont repris de plus belle lundi à Hassaké dans le nord-est de la Syrie, en dépit d'une médiation menée par des militaires russes, selon une ONG.

Ces affrontements, déclenchés le 17 août, sont les plus graves entre régime et forces kurdes depuis le début de la guerre en Syrie il y a plus de cinq ans. L'aviation du régime a même bombardé la semaine dernière des cibles kurdes à Hassaké, également une première.

Cette ville est contrôlée aux deux-tiers par les forces relevant des services de sécurité kurdes (Assayech), le reste étant aux mains des Forces de défense nationale (FDN), la milice prorégime.

La présence des FDN y est concentrée dans le centre et le sud et les miliciens sont obligés de passer par des barrages tenus par les Kurdes à chaque fois qu'ils veulent quitter leur zone. Cette situation a provoqué souvent des frictions qui avaient dégénéré en affrontements en 2015, mais moins graves que ceux d'aujourd'hui.

Lundi avant l'aube et après quelques heures d'accalmie, «les combats ont repris dans les quartiers Ghweirane (sud) et al-Massaken (centre)», a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le bruit des combats est entendu dans le sud et le centre de la ville et les prorégime se sont retirés de certaines parties de Ghweirane, selon un journaliste local collaborant avec l'AFP.

Mais les FDN «contrôlent encore la majorité de Ghweirane», selon l'OSDH.

Dimanche, une source de l'armée syrienne avait indiqué qu'un accord de cessez-le-feu avait été conclu à la faveur d'une médiation menée par des militaires russes à Qamichli, ville au nord de Hassaké.

Elle avait ensuite accusé les kurdes de violer l'accord en refusant aux prorégime un libre passage pour évacuer les morts et blessés vers Qamichli.

Mais les Kurdes avaient démenti l'existence d'un tel accord. «Les discussions indirectes continuent et nous demandons notamment la dissolution à Hassaké des FDN», a dit un responsable kurde, en affirmant que les forces kurdes n'avaient «pas l'intention contrôler l'ensemble de Hassaké».

La dissolution des FDN, accusées de provocation par les Assayech, est la principale revendication des Kurdes.

Les raids aériens syriens à Hassaké avaient entraîné jeudi et vendredi derniers une intervention des avions américains pour «protéger» les forces spéciales qui conseillent les combattants kurdes au sol.

Les Russes sont des alliés du régime qu'ils aident militairement face aux rebelles et aux jihadistes, mais entretiennent aussi de bonnes relations avec les kurdes.

Profitant de la guerre, les Kurdes de Syrie (15% de la population) ont auto-proclamé en mars une «région fédérale» dont Hassaké fait partie, et cherchent à relier les régions sous leur contrôle dans le Nord. Mais le régime entend garder un certain contrôle dans ces zones en y maintenant une présence militaire.

Avec ce nouveau front dans le conflit dévastateur, la situation devient plus complexe sur le terrain en Syrie avec une multiplication d'acteurs locaux et étrangers.

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