Qatar: prison avec sursis pour une Néerlandaise victime présumée de viol

Sur cette photo prise au printemps 2012, des femmes... (PHOTO Kamran Jebreili, ARCHIVES AP)

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Sur cette photo prise au printemps 2012, des femmes et un homme marchent en bord de mer avec le centre-ville de Doha en toile de fond.

PHOTO Kamran Jebreili, ARCHIVES AP

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David HARDING
Agence France-Presse
DOHA

Un tribunal de Doha a condamné lundi à un an de prison avec sursis pour « adultère » une Néerlandaise de 22 ans qui avait été arrêtée après avoir porté plainte pour viol durant ses vacances au Qatar, selon une source judiciaire.

La jeune femme, identifiée par son prénom Laura et qui n'était pas présente à l'audience, sera expulsée du Qatar une fois qu'elle aura payé une amende de 3000 riyals (1052 $), a-t-on ajouté. Elle a rejeté l'accusation.

L'homme jugé avec elle, un ressortissant syrien identifié comme Omar Abdallah al-Hassan, a écopé quant à lui de 100 coups de fouet pour « adultère » et de 40 coups de fouet pour « consommation d'alcool », interdite dans cet émirat conservateur régi par la loi islamique, selon la même source.

Omar Hassan, qui n'était pas non plus présent à l'audience, sera soumis à un examen médical pour vérifier s'il est apte à subir le châtiment corporel. Il sera ensuite expulsé du Qatar.

Originaire d'Utrecht (centre), Laura était détenue depuis son arrestation le 14 mars au Qatar. Elle était « suspectée d'adultère, ce qui signifie des relations sexuelles en dehors des liens du mariage », interdites au Qatar, avait indiqué la semaine dernière à l'AFP son avocat, Brian Lokollo.

Ce dernier a raconté que sa cliente, qui était en vacances dans ce pays du Golfe, s'était rendue dans un hôtel où la consommation d'alcool est autorisée. « Elle est allée danser, mais à son retour à sa table, après la première gorgée, elle s'est rendu compte que quelqu'un avait ajouté quelque chose dans son verre ».

« Elle s'est sentie très mal et elle ne se souvenait plus de rien. Mais le lendemain matin, quand elle se réveilla dans un appartement complètement inconnu, elle a réalisé, à sa plus grande horreur, qu'elle avait été violée », avait-il affirmé.

Elle a réussi à s'enfuir et à chercher de l'aide avant de se rendre à un poste de police pour porter plainte contre son agresseur, avait assuré l'avocat, mais les policiers ont refusé de la laisser repartir.

Présente lundi au procès, l'ambassadrice des Pays-Bas à Doha, Yvette Burghgraef-van Eechoud, a déclaré aux journalistes que sa chancellerie allait aider la jeune femme à quitter Doha.

« Nous ferons tout pour la faire sortir du pays le plus tôt possible (et qu'elle aille) là où elle veut aller », a déclaré la diplomate, précisant qu'elle pourrait quitter le Qatar dans les tout prochains jours.

« C'est bien que Laura puisse vite rentrer chez elle. Soulagé », a écrit dans un tweet le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders.

Sa mère, Marian, a accueilli avec soulagement le verdict. « Je n'ai pas encore parlé à Laura, mais j'ai entendu la nouvelle des journalistes qui m'appelaient », a-t-elle dit à la télévision néerlandaise NOS.

« Le plus important est qu'elle rentre à la maison. C'est la nouvelle qu'on attendait, je n'en ai pas dormi pendant longtemps. Je suis tellement heureuse », a-t-elle ajouté depuis les Pays-Bas.

Dans un pays voisin du Golfe, aux Émirats arabes unis, une Norvégienne de 24 ans qui avait porté plainte pour viol contre son patron avait été condamnée en 2013 à 16 mois de prison pour « comportement indécent » (une relation sexuelle hors mariage), parjure et consommation d'alcool. Elle avait ensuite été graciée.

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