Iran: l'Assemblée des experts reste aux mains des ultraconservateurs

L'élection d'Ahmad Jannati à la tête de l'Assemblée... (PHOTO BEHROUZ MEHRI, ARCHIVES AFP)

Agrandir

L'élection d'Ahmad Jannati à la tête de l'Assemblée des experts est une défaite pour les partis modérés et réformateurs qui avaient fait campagne contre lui.

PHOTO BEHROUZ MEHRI, ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Siavosh GHAZI
Agence France-Presse
TÉHÉRAN

Les ultraconservateurs gardent la main sur l'assemblée chargée en Iran de nommer le guide suprême, la plus haute autorité du pays, après l'élection mardi à sa tête de l'ayatollah Ahmad Jannati, 89 ans, qui succède à un autre conservateur radical.

L'élection de M. Jannati à la tête de l'Assemblée des experts est une défaite pour les partis modérés et réformateurs qui avaient fait campagne contre lui.

Et ce d'autant plus que les deux vice-présidents de l'Assemblée élus ce mardi, les ayatollahs Mohammad Ali Movahedi Kermani et Mahmoud Hachémi Chahroudi, sont également des conservateurs réputés.

L'ayatollah Jannati a remporté une majorité de 51 voix (sur 85 votants) tandis que les deux autres candidats, les ayatollahs Ebrahim Amini et Chahroudi, ont obtenu respectivement 21 et 13 votes.

Renouvelée le 26 février au suffrage universel pour un mandat de huit ans, l'Assemblée des experts est chargée de nommer, superviser et éventuellement démettre le guide suprême. Elle pourrait être amenée à jouer un rôle primordial en raison de l'âge du guide actuel, l'ayatollah Ali Khamenei, 76 ans.

Les partis réformateurs et modérés, soutenant le président Hassan Rohani et l'ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani, tous les deux membres de cette assemblée, avaient fait campagne pour l'élection de l'ayatollah Amini pour faire barrage à l'ayatollah Jannati.

À l'occasion des élections de cette assemblée le 26 février, la coalition des partis modérés et réformateurs avait demandé aux électeurs d'éliminer l'ayatollah Jannati ainsi que deux autres religieux ultraconservateurs, les ayatollahs Mohammad Yazdi et Mohammad Taghi Mesbah Yazdi.

Ces deux derniers avaient été battus, M. Jannati étant élu de justesse à Téhéran.

Son élection renforce les pouvoirs de M. Jannati, connu pour ses positions anti-occidentales. Il dirige déjà le Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de superviser les élections et d'approuver la conformité des lois votées par le Parlement avec la Constitution et les règles de l'islam.

L'élection de M. Jannati est le signe que les conservateurs dominent toujours largement la nouvelle Assemblée des experts, malgré la défaite de MM. Yazdi et Mesbah Yazdi.

«Assemblée révolutionnaire»

L'ayatollah Khamenei avait affirmé en mars que l'Assemblée des experts devait «rester une assemblée révolutionnaire, penser de manière révolutionnaire et agir de manière révolutionnaire».

Dans un message envoyé mardi aux religieux, il a redit que «la responsabilité de l'Assemblée des experts est de préserver la nature islamique et révolutionnaire du régime».

L'élection de M. Jannati intervient à une semaine de celle du président du Parlement, dont les membres ont également été élus en février et avril.

Selon les médias, Ali Larijani, un conservateur modéré, devrait être réélu à la tête du Parlement face au chef de file des réformateurs/modérés Mohammad Reza Aref.

Les réformateurs avaient crié victoire après les deux tours des législatives du 26 février et du 29 avril. Leurs médias avaient affirmé que les élus réformateurs et modérés avaient obtenu la majorité.

Mais, selon un décompte de l'AFP fait à partir des résultats officiels, aucun des deux camps n'a obtenu la majorité absolue.

Certains candidats élus sur la liste des réformateurs penchent du côté de M. Larijani, tout comme certains indépendants.

«Larijani peut mieux diriger le Parlement qu'Aref», a récemment déclaré Gholamhossein Karbaschi, le chef du parti des Reconstructeurs, l'une des principales formations réformatrices du pays, au quotidien Shargh.

L'élection des présidents de ces deux assemblées est d'autant plus importante que les électeurs voteront dans un an à la présidentielle. Hassan Rohani, un religieux modéré devrait être candidat pour un nouveau et dernier mandat de quatre ans.

Il mise sur sa politique d'ouverture et sur les retombées économiques de l'accord nucléaire du 14 juillet 2015 avec les grandes puissances pour se faire réélire.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer