Obama confirme la mort du chef des talibans afghans

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L'annonce de la mort du mollah Mansour a «choqué» les dirigeants talibans présents au Pakistan, dont beaucoup ont décidé de faire profil bas ou de se réfugier en Afghanistan.

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Diane DESOBEAU, Sajjad TARAKZAI
Agence France-Presse
ISLAMABAD

Le président Barack Obama a qualifié «d'étape importante» la mort dans une frappe de drone au Pakistan du mollah Akhtar Mansour, chef des talibans afghans désormais en quête d'un successeur.

Cette mort est «un jalon dans notre effort au long cours pour ramener paix et prospérité en Afghanistan», a déclaré le président américain dans un communiqué.

Le Pentagone a justifié la frappe de samedi en assurant que le chef des talibans représentait une «menace imminente» pour les forces de l'OTAN en Afghanistan.

Le mouvement taliban a rapidement convoqué une «choura» centrale (conseil suprême), afin de désigner le successeur au mollah Mansour, qui avait été promu à la tête de la rébellion islamiste afghane après l'annonce en juillet dernier du décès de son leader historique, le mystérieux mollah Omar.

Démarrée dès dimanche soir, la «choura» a repris lundi dans un lieu tenu secret en raison des menaces pesant sur ses membres. On ignore quand elle rendra sa décision. «La choura se poursuit dans une zone non précisée, ils ne cessent de se déplacer par peur des frappes de drone américaines», a déclaré à l'AFP une source au sein des insurgés.

Selon deux sources talibanes, le jeune mollah Yacoub, fils du mollah Omar, ferait figure de favori à la tête du mouvement, suivi par un ex-adjoint du mollah Mansour, Sirajuddin Haqqani. Yacoub pourrait devenir le chef nominal du mouvement et Haqqani son véritable cerveau, selon l'une des sources.

Succès militaires 

Le mollah Mansour aura passé moins d'un an à la tête du mouvement insurgé, succédant l'été dernier au fondateur du mouvement, le mollah Omar.

Initialement considéré comme un partisan des efforts de paix, il a orchestré les plus grands succès militaires talibans en Afghanistan depuis la chute de leur régime en 2001, avec notamment la prise de la ville septentrionale de Kunduz en septembre 2015.

Sa mort est «une étape importante dans notre effort au long cours pour ramener paix et prospérité en Afghanistan», a insisté Barack Obama. Pour le président américain, Mansour était un «dirigeant d'envergure qui (...) résistait aux efforts de paix et de réconciliation susceptibles de mettre fin à des décennies de guerre en Afghanistan».

«Les talibans devraient saisir cette opportunité pour suivre la seule véritable voie pour mettre fin à ce conflit: en rejoignant le gouvernement afghan dans un processus de réconciliation», a souligné le président américain.

Les États-Unis, ainsi que la Chine, l'Afghanistan, et le Pakistan, considéré comme parrain historique des talibans, tentaient en vain depuis janvier de relancer un dialogue de paix entre Kaboul et les insurgés islamistes.

Conséquences incertaines

Les analystes apparaissent divisés sur l'impact de cette frappe de drone, la plus importante incursion américaine dans l'espace aérien pakistanais depuis le raid contre le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden en 2011, sur les négociations de paix en Afghanistan.

Certains estiment qu'une faction talibane plus favorable aux négociations de paix pourrait émerger de la choura. D'autres comme le spécialiste de questions sécuritaires pakistanais Imtiaz Gul, pensent au contraire que le raid «a infligé un coup sévère» au processus de paix.

Les relations américano-pakistanaises se retrouvent elles aussi dans une passe difficile après ce raid inédit au Baloutchistan, province officiellement épargnée jusqu'ici par les frappes de drones.

Le Premier ministre Nawaz Sharif a condamné la frappe, la qualifiant de «violation» de la «souveraineté» du Pakistan. «Cela n'aurait pas dû avoir lieu», a-t-il insisté.

L'ambassadeur américain au Pakistan, David Hale, a lui été convoqué lundi au ministère pakistanais des affaires étrangères où un assistant de M. Sharif lui a signifié que cette frappe pourrait avoir un «impact négatif» sur le processus de paix afghan, ont indiqué les autorités pakistanaises dans un communiqué.

Ignorant ces critiques, le président Obama a fait savoir lundi que les forces américaines continueraient d'intervenir sur le sol pakistanais. «Nous travaillerons sur des objectifs communs avec le Pakistan, où les terroristes menaçant tous nos pays doivent être empêchés de trouver refuge», a-t-il annoncé.

«Les États-Unis ont peut-être fait leurs propres calculs, mais il y a des chances qu'on assiste à une impasse et probablement à une intensification des hostilités sur le sol afghan dans les prochaines semaines et mois», estime l'analyste Imtiaz Gul.

«Cela aurait aussi des conséquences directes pour le Pakistan: plus d'instabilité, afflux d'insurgés, de mouvements à la frontière et peut-être de réfugiés», prévient-il.

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