Deux jeunes Israéliens condamnés pour avoir brûlé vif un adolescent palestinien

Des proches du jeune Mohammad Abou Khdeir, tué... (PHOTO AHMAD GHARABLI, AFP)

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Des proches du jeune Mohammad Abou Khdeir, tué à l'été 2014 alors qu'il était âgé de 16 ans, tiennent des affiches à l'effigie du garçon brûlé vif avec la mention «Arrêter le terrorisme contre les enfants palestiniens», devant le tribunal de Jérusalem où le verdict a été lu, le 4 février.

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Majeda EL-BATSH
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Un tribunal de Jérusalem a condamné jeudi un jeune Israélien à perpétuité et un autre à 21 ans de prison pour le meurtre d'un adolescent palestinien brûlé vif en 2014, un crime ayant contribué à l'escalade menant à la guerre de Gaza.

Le verdict dans cette affaire qui a profondément marqué l'opinion palestinienne était très attendu dans un climat de violences renouvelées.

Jérusalem a été le théâtre mercredi d'un attentat qui a ravivé les craintes d'un embrasement. Les forces israéliennes ont bouclé jeudi la petite ville de Cisjordanie occupée d'où venaient les trois Palestiniens qui ont tué une garde-frontière de 19 ans et en ont blessé une autre avant d'être abattus.

La série des attaques qui ne connaît pas de répit depuis plus de quatre mois s'est poursuivie jeudi: deux adolescentes arabes israéliennes ont poignardé et légèrement blessé un agent de sécurité à Ramleh (ouest d'Israël) avant d'être arrêtées, selon la police.

Dans ce contexte, trois juges ont prononcé leur verdict contre deux des trois Israéliens accusés d'avoir enlevé et assassiné Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, en juillet 2014 à Jérusalem-Est.

L'un a été condamné à la perpétuité, l'autre à 21 ans parce que, selon les magistrats, il était resté dans la voiture dans les derniers instants fatals à Abou Khdeir.

Les accusés, issus de familles ultra-orthodoxes juives, étaient âgés de 16 ans au moment des faits.

«Il ne méritait pas ça»

Les regards sont à présent braqués sur la décision de la cour à l'encontre du seul majeur, Yosef Haim Ben David, qui passe pour l'instigateur du crime. Elle doit d'abord se prononcer sur sa santé mentale le 11 février.

La mère de Mohammad Abou Khdeir, Souha, a éclaté en sanglots à l'annonce du verdict dans la salle d'audience pleine à craquer, parce que l'un des accusés n'avait pas reçu la peine maximale.

Mohammad «ne méritait pas ça (...) Comment pouvons-nous retrouver le sommeil après ça?», s'est-elle lamentée.

Le bureau du procureur de Jérusalem a expliqué dans un communiqué qu'il avait requis la perpétuité pour les deux Israéliens, mais dit espérer que le jugement dissuaderait quand même d'autres personnes de se livrer à un tel acte.

«La terrible tragédie qui a touché la famille de Mohammad Abou Khdeir ne peut être effacée, mais le verdict d'aujourd'hui envoie un message exprimant le rejet de tels actes par la société», indique le communiqué.

Au même moment, les forces israéliennes verrouillaient Qabatiya, ville d'origine de trois Palestiniens de 19 et 20 ans auteurs de l'attentat de la veille à Jérusalem.

«L'armée et le Shin Beth (la sécurité intérieure) procèdent à de nombreuses arrestations», a annoncé le premier ministre Benyamin Nétanyahou en se rendant au chevet de l'une des policières blessées mercredi.

L'armée israélienne a mené une vaste opération ponctuée de heurts avec les habitants de cette localité. Une dizaine de personnes, des proches et des connaissances des trois assaillants, ont été interpellées, selon la police palestinienne.

Plusieurs habitants de Qabatiya sont morts dans les violences qui secouent les Territoires palestiniens et Israël et qui ont fait 164 morts palestiniens, 26 israéliens, un américain et un érythréen depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP.

«Important signal d'alerte»

La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques.

À la différence de la grande majorité des attaques, celle de mercredi impliquait non pas un Palestinien armé d'un couteau et agissant isolément, mais trois hommes armés de deux pistolets mitrailleurs et d'engins explosifs qui n'ont pas détoné.

Cet attentat «représente un important signal d'alerte. On n'est plus dans l'acte spontané, dans l'amateurisme», a averti le quotidien Maariv.

Lors des derniers mois, le gouvernement a réagi en déployant massivement des renforts, en accélérant les démolitions punitives, en arrêtant des centaines de Palestiniens ou en conservant les dépouilles des auteurs d'attaques.

À présent, les permis de travail de proches des auteurs d'attentats vont être révoqués, a dit M. Nétanyahou. De nouvelles démolitions punitives vont avoir lieu, a-t-il dit.

M. Nétanyahou est limité dans son action par les réserves de ses généraux qui s'opposent à tout châtiment collectif.

«Un aspect très important de notre stratégie antiterroriste consiste à distinguer entre la population palestinienne et les terroristes», a dit le général Nitzan Alon, N°3 de l'armée.

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