Yémen : fin d'un cessez-le-feu qui n'a jamais eu lieu

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Depuis mars, le conflit au Yémen a fait quelque 6000 morts, 28 000 blessés et 2,5 millions de déplacés.

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Agence France-Presse
RIYAD

La coalition arabe luttant contre les rebelles chiites au Yémen a annoncé samedi la fin du cessez-le-feu entré en vigueur le 15 décembre, mais violé quotidiennement depuis, alors que d'hypothétiques négociations de paix doivent reprendre à la mi-janvier.

La trêve avait été décrétée par le gouvernement yéménite pour marquer le début des premiers pourparlers directs entre les parties en conflit, qui s'étaient tenus du 15 au 20 décembre sous l'égide de l'ONU en Suisse.

Le cessez-le-feu avait ensuite été prorogé, mais des combats, des bombardements, des tirs de missiles et des raids aériens s'étaient poursuivis dans plusieurs régions du pays.

« Le commandement de la coalition (arabo-sunnite) annonce la fin de la trêve au Yémen à partir de 14 h » samedi, a indiqué une déclaration officielle. Il en fait porter la responsabilité sur les rebelles, accusés d'avoir tiré profit du cessez-le-feu pour avancer leurs pions sur le terrain.

La coalition sous commandement saoudien intervient depuis mars au Yémen pour repousser des rebelles chiites Houthis, accusés de liens avec l'Iran. Ces derniers se sont emparés depuis fin 2014 de vastes pans du territoire, notamment de la capitale Sanaa, d'où a été chassé le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Le cessez-le-feu a pris fin en raison de la poursuite des « attaques rebelles » contre le royaume saoudien, visé par une série de tirs de missiles balistiques depuis le Yémen, a expliqué la coalition.

L'un d'eux, qui visait la ville d'Abha, a été intercepté vendredi soir, a indiqué la déclaration, précisant que la plateforme de lancement du missile avait été « localisée et détruite ».

Outre les missiles, la coalition a fait état de tirs rebelles sur des postes frontaliers saoudiens et d'autres opérations des insurgés qui ont selon elle entravé l'aide humanitaire.

Les Houthis ont également « continué à bombarder des résidents et ont tué et détenu des civils yéménites dans des villes sous leur contrôle », a encore affirmé la déclaration.

« Tout cela prouve que les miliciens (Houthis) et leurs alliés manquent de sérieux » et qu'ils ont « clairement exploité cette trêve pour faire des gains ».

Samedi, la coalition internationale a mené des raids aériens sur plusieurs régions du pays, dont la province de Sanaa, selon des sources militaires.

Les combats faisaient rage entre les forces progouvernementales et les rebelles, causant des pertes des deux côtés ont indiqué les sources, sans être en mesure de fournir un bilan.

Les rebelles ont également lancé des obus de mortier sur des zones résidentielles de la ville assiégée de Taëz, où des civils souffrent du manque de nourriture et de matériel médical, ont indiqué des sources militaires.

Cessez-le-feu mort-né

Le cessez-le-feu était rapidement apparu mort-né. Dès le 18 décembre, alors que des négociations se poursuivaient en Suisse, les forces progouvernementales soutenues par des tribus avaient lancé une offensive dans le nord et repris plusieurs localités.

Les rebelles avaient riposté en tirant une bonne demi-douzaine de missiles balistiques vers l'Arabie saoudite ces deux dernières semaines. La quasi-totalité a été interceptée.

A l'issue des pourparlers en Suisse, l'ONU avait annoncé qu'un nouveau round de discussions se tiendrait à partir du 14 janvier. Mais aucun lieu n'avait été précisé et on se demande si la fin de la trêve ne risque pas de mettre en péril les discussions à venir.

La coalition « était et reste désireuse de créer les conditions propices pour trouver une solution pacifique au Yémen », souligne sa déclaration.

Les forces progouvernementales ont réussi à reconquérir cinq provinces du sud depuis l'été dernier, mais peinent à rétablir la sécurité et l'autorité de l'État dans ces régions.

Des groupes jihadistes comme Al-Qaïda et l'État islamique ont profité du chaos créé par la guerre pour renforcer leur présence en particulier dans la grande ville méridionale d'Aden.

Depuis mars, le conflit a fait quelque 6000 morts, 28 000 blessés et 2,5 millions de déplacés.

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