Il ouvre le feu dans un bar de Tel-Aviv: deux morts

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Des secouristes offrent les premiers soins à une personne touchée par des coups de feu dans un bar de Tel-Aviv.

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Daphne ROUSSEAU, Laurent LOZANO
Agence France-Presse
TEL-AVIV, JÉRUSALEM

Un homme a tué deux personnes et semé la terreur vendredi dans le centre de Tel-Aviv en ouvrant le feu à l'arme semi-automatique sur des clients attablés à des terrasses de café.

La police restait prudente sur les motivations de cette fusillade qui survient en pleine vague d'actes de violence anti-israéliens menés par des Palestiniens, et dans un contexte de menaces du Hezbollah libanais et des djihadistes. La piste crapuleuse n'est pas non plus écartée.

«L'enquête est en cours pour savoir si l'affaire est criminelle ou terroriste», a déclaré le porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

Une intense chasse à l'homme a été lancée dans le centre très animé de Tel-Aviv pour retrouver l'auteur.

Des vidéos de surveillance montrent un homme arborant des lunettes et portant un sac à dos dans un magasin d'aliments diététiques remplir posément son sac, puis en sortir une arme, se poster sur le pas de porte et ouvrir le feu à bout portant sur les clients du Simta, le bar contigu.

C'est à cet endroit-là qu'auraient été touchées les deux personnes ayant succombé, parmi lesquelles un étudiant en droit et en commerce, Alon Bakal, qui faisait office de gérant et qui a été identifié par son père.

L'homme aurait poursuivi son chemin et fait feu 150 mètres plus loin sur la terrasse d'un deuxième établissement où de nombreuses personnes, malgré le temps maussade, savouraient les heures précédant le shabbat le long de cet axe très fréquenté de la capitale économique et culturelle d'Israël.

En plus des deux morts, sept personnes ont été blessées, ont indiqué les secours.

«J'ai pensé à Paris»

«J'ai entendu des coups de feu. Je me suis retourné et j'ai vu en face tout le monde se ruer vers le fond du café. J'ai entendu des cris et on a vu l'homme qui tirait. Il était brun, portait un pull gris et s'est enfui en courant», a raconté Alexandre Lambez, un touriste français, assis à une terrasse en face du deuxième café.

«J'ai tout de suite pensé (aux attaques de novembre) à Paris et au Bataclan», dit-il.

Israël vit en état d'alerte permanent. Tel-Aviv a connu son lot d'attentats palestiniens lors de la Seconde intifada de 2000 à 2005. Elle a été atteinte, dans de moindres proportions, par l'actuelle vague d'attentats menés par des Palestiniens isolés, essentiellement à l'arme blanche, mais aussi à l'arme à feu ou à la voiture bélier.

Israël a été épargné jusqu'alors par des attaques du groupe Etat islamique (EI) mais ce dernier a proféré des menaces explicites au cours des dernières semaines, allant jusqu'à publier des messages en hébreu.

L'EI n'a «pas un instant oublié la Palestine», disait un enregistrement audio publié en ligne fin décembre et attribué au chef du groupe djihadiste, Abou Bakr al-Baghdadi.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, ennemi juré d'Israël, a quant à lui promis de venger la mort de Samir Kantar, une figure du mouvement chiite libanais tuée en décembre en Syrie dans un raid imputé à Israël.

La police israélienne a dit enquêter «dans toutes les directions».

«Un miracle» 

Sur place, les enquêteurs ont retrouvé un chargeur correspondant apparemment à un pistolet semi-automatique italien Spectre, ont rapporté les médias. Une porte-parole de la police a refusé de confirmer des informations selon lesquelles on avait retrouvé le sac à dos de l'agresseur, avec un Coran à l'intérieur.

Sur les lieux, la plus grande confusion subsistait après les faits. Des centaines de policiers passaient au peigne fin les rues et les entrées d'immeubles, apparemment convaincus que l'auteur de la fusillade pouvait toujours se cacher sur place, sans même que le périmètre survolé par les hélicoptères n'ait été évacué.

La patronne d'un salon de coiffure voisin, Osnat David, refusait quant à elle toujours de sortir parce qu'elle ne voulait «pas voir les corps et le sang», a-t-elle dit sous le choc bien qu'elle ait déjà vécu plusieurs attaques par le passé.

Osnat David s'occupait de ses clients quand elle a entendu «des coups de feu, des cris et des pleurs». «Je me suis armée de ciseaux. Mes clients et moi nous sommes cachés dans la réserve sans faire de bruit. Nous n'avons même pas eu le temps de fermer le magasin. Nous nous sommes couchés au sol pour que le terroriste ne nous voie pas», relate-t-elle, évoquant la terreur que l'individu ne pousse la porte d'entrée.

«Tout cela a duré une vingtaine de minutes. Nous tremblions, nous nous serrions les uns contre les autres», a-t-elle dit.

«Deux minutes plus tôt, j'étais dehors en train de fumer une cigarette. C'est un miracle. Si j'étais restée dehors, je serais morte à l'heure qu'il est», a-t-elle ajouté.

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