Heurts à Jérusalem et en Cisjordanie pour l'esplanade des Mosquées

Les forces de sécurité israéliennes, dans le quartier... (Photo AHMAD GHARABLI, AFP)

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Les forces de sécurité israéliennes, dans le quartier de Jabal Moukaber, à Jérusalem Est, jeudi, arrêtent un Palestinien.

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Sarah BENHAIDA, Laurent LOZANO
Agence France-Presse
Jérusalem

Des heurts ont opposé Palestiniens et forces de sécurité israéliennes à Jérusalem et en Cisjordanie vendredi, jour de la prière musulmane hebdomadaire placée dans les Territoires sous le signe de la défense de l'esplanade des Mosquées.

Palestiniens et policiers israéliens se sont affrontés violemment à Jérusalem-Est dans le quartier palestinien de Jabal Moukaber où la tension restait vive dans la soirée et les forces de sécurité déployées en nombre.

Trois policiers ont été légèrement blessés quand un engin incendiaire a atteint leur fourgon, a indiqué la police. Huit personnes, dont au moins trois mineurs ont été arrêtées, selon la police.

Palestiniens et policiers ont aussi échangé pierres, grenades lacrymogènes et balles en caoutchouc autour du mont des Oliviers dans les quartiers d'Al-Tour et Rass Al-Amoud et auprès du camp de réfugiés de Chouafat.

La Vieille ville et l'esplanade des Mosquées, placées sous surveillance policière massive après trois jours de violences en début de semaine, sont restées calmes. Près de 3000 policiers ont été déployés à Jérusalem, a précisé une porte-parole, pour prévenir l'explosion toujours redoutée sur un lieu aussi sensible.

En Cisjordanie en revanche, les affrontements ont été plus intenses qu'un vendredi ordinaire, rituel jour de protestation palestinienne, ont constaté les journalistes de l'AFP. À Kafr Kaddoum, près de Naplouse, trois Palestiniens ont été blessés par des balles israéliennes, a indiqué le Croissant-Rouge local.

Des jeunes ont lancé leurs projectiles et essuyé ceux des forces israéliennes sur les habituels abcès de fixation du conflit israélo-palestinien : près de la prison israélienne d'Ofer, du point de passage de Qalandiya, ou au camp de réfugiés de Jalazoun. Des heurts ont secoué Hébron, poudrière cisjordanienne.

Au total, selon le Croissant rouge palestinien, 7 Palestiniens ont été blessés par balles réelles et 44 par des balles en caoutchouc.

Deux roquettes ont également été tirées à partir de la bande de Gaza vendredi soir vers Sdérot et Ashkelon, deux villes du sud d'Israël, sans faire de blessé, selon la police et l'armée. Aucun groupe palestinien n'a revendiqué ces tirs.

« Une ligne de front »

Le mot d'ordre lors des manifestations était partout le même : « Par notre âme et notre sang, nous nous sacrifierons pour toi Al-Aqsa », ont scandé des centaines de manifestants à Naplouse et dans la bande de Gaza en désignant l'esplanade du nom de la mosquée Al-Aqsa qui s'y trouve.

L'esplanade, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré pour les juifs, est une fois de plus l'épicentre des tensions auxquelles Jérusalem est en proie depuis des mois.

La Vieille ville, par laquelle on accède à l'esplanade en surplomb, avait des airs de camp retranché vendredi, avec des centaines de policiers en armes postés aux portes sous les murailles, et même plus bas dans les rues qui y mènent.

« Ce que vous voyez là, ce ne sont pas des gens se rendant à la prière, c'est une ligne de front », disait Mazen Shawish, 52 ans, sur le chemin de l'esplanade, « il faut passer 20 points de contrôle pour arriver à la mosquée ».

La police israélienne a imposé une mesure habituelle dans de telles circonstances en interdisant aux hommes de moins de 40 ans l'accès à l'esplanade. Des centaines d'entre eux ont donc déroulé leur tapis devant les barrières en métal pour prier au pied des policiers casqués.

Collision dangereuse

Seuls quelques milliers de fidèles (10 000 selon la police israélienne, 8000 selon la fondation qui administre l'esplanade au lieu des 25 ou 35 000 un vendredi ordinaire), femmes de tous âges et hommes plus vieux, ont entendu sur l'esplanade l'imam prêcher que le lieu était « une ligne rouge pour les musulmans du monde entier ».

L'esplanade des Mosquées est située à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem occupée en 1967 par Israël et annexée, donc au coeur du conflit-palestinien. Elle est un symbole intangible, sublimé par la religion, pour des Palestiniens frustrés d'État depuis des décennies.

L'esplanade va au-devant d'une nouvelle période délicate, avec la collision, la semaine prochaine des deux grandes fêtes de l'Aïd el-Adha pour les musulmans et de Yom Kippour pour les juifs.

Les règles qui gouvernent le lieu (le « statu quo ») n'autorisent les juifs qu'à la visiter, pas à y prier.

Mais ces visites, les incidents auxquels elles donnent lieu, ainsi qu'un discours minoritaire mais de plus en plus audible réclamant non seulement le droit de prier sur l'esplanade, mais proclamant la souveraineté d'Israël sur les lieux, exaspèrent les Palestiniens.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assure constamment être engagé au respect du « statu quo ».

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