Iran: 47 000 femmes renvoyées à leur retour de congé maternité

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Des femmes attendent l'autobus à Téhéran, le 27 juillet.

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Agence France-Presse
TÉHÉRAN

Quelque 47 000 mères actives en Iran ont été récemment renvoyées par leurs employeurs qui préfèrent engager des employés moins coûteux, alors qu'une nouvelle loi allongeant le congé maternité attend toujours les fonds nécessaires pour son application, a affirmé un responsable vendredi.

Les familles ainsi que le gouvernement iranien connaissent d'importantes difficultés financières, en dépit de l'accord sur le nucléaire conclu le 14 juillet entre les grandes puissances et l'Iran qui devrait ouvrir la voie à une reprise de l'économie iranienne.

Les ministères clés, notamment l'Éducation et le Pétrole, peinent à payer les salaires des employés en raison notamment d'un budget d'austérité adopté en mars, après une importante chute des cours de pétrole.

Une nouvelle loi a instauré un congé maternité rémunéré de neuf mois, mais les fonds prévus pour son application - quelque 300 milliards de rials (985 millions dollars américains) - se font attendre, selon des responsables de la sécurité sociale.

«Pour l'instant, pas un rial n'a été alloué», explique Mohammad Hassan Zeda, un cadre de l'Organisation de la sécurité sociale iranienne, dans un entretien avec l'agence Isna.

Selon lui, des études ont montré que parmi les 145 000 femmes ayant pris un congé maternité de six mois au cours des derniers 18 mois, 47 000 - près du tiers - ont été renvoyées lorsqu'elles ont voulu revenir travailler.

«De nombreux diplômés sont prêts à travailler pour des salaires moins importants», affirme M. Zeda. «Si le congé maternité est porté à 9 mois, le nombre de femmes qui risquent d'être renvoyées à leur retour au travail, devrait considérablement augmenter.»

Selon le Centre iranien des statistiques, le taux de chômage était de 10,8 % en 2014, des sources officieuses estimant qu'il atteint les 20 %. Ce taux est particulièrement important pour les femmes (19,2 %) et les jeunes (25 %).

Le sous-emploi est également très répandu en Iran, selon la Banque mondiale. Le marché du travail est faible et seuls 36,7 % de la population est économiquement active.

M. Zeda souligne que dès que les fonds nécessaires seront fournis par le gouvernement, le congé maternité de neuf mois pourra entrer en vigueur. Quelque 160 000 femmes sur le marché du travail seraient concernées par la nouvelle loi prévoyant un congé maternité de neuf mois, précise-t-il.

Après une profonde récession, l'Iran a renoué avec la croissance l'an dernier, en partie en raison d'une levée partielle des sanctions internationales prévue par un accord intérimaire conclu entre Téhéran et les grandes puissances.

Un accord définitif conclu le 14 juillet à Vienne devrait entraîner la levée des sanctions imposées par l'ONU, les États-Unis et l'Union européenne, permettant une amélioration de l'économie et des perspectives d'emploi.

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