L'aide humanitaire continue d'arriver au Yémen

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Les rebelles sont entrés dans Aden fin mars, et ont depuis pris le contrôle de certains bâtiments publics.

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Fawaz AL-HAIDARI, Jamal AL-JABIRI
Agence France-Presse
ADEN, Sanaa

Une cargaison d'aide humanitaire a été débarquée dimanche au Yémen, où de nouveaux raids de la coalition menée par l'Arabie saoudite contre les rebelles chiites ont frappé plusieurs régions, dont la capitale Sanaa.

Aux Nations unies à New York, un responsable de l'ONU a déclaré que les pourparlers de paix sur le Yémen qui devaient débuter jeudi à Genève avaient été reportés.

Le conflit a déjà fait près de 2000 morts et forcé plus de 545 000 personnes à quitter leur foyer, selon l'ONU.

Déchargée dans le port d'Aden, une cargaison de 460 tonnes de vivres, de médicaments et de matériel médical a été envoyée par les Émirats arabes unis, l'un des pays du Golfe faisant partie de la coalition qui lutte contre les rebelles chiites Houthis depuis le 26 mars.

Aden est le théâtre de violents combats depuis mars, avec l'avancée des rebelles chiites qui se sont emparés auparavant de Sanaa et de vastes régions du nord, du centre et de l'ouest du Yémen.

Le Croissant Rouge émirati avait fait parvenir 1200 tonnes de vivres la semaine dernière à Aden, tandis que vendredi un bateau transportant 400 tonnes de diesel offert par les Emirats avait également accosté dans ce port.

«Aden et les autres provinces sinistrées du Sud n'ont reçu que les aides provenant des Emirats», depuis la détérioration de la situation sécuritaire dans le Sud en mars, a déclaré à la presse Ali al-Bikri, coordinateur de l'aide, désigné par le gouvernement en exil du président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Pourtant, «Aden a besoin d'urgence d'au moins 200 000 rations alimentaires pour les déplacés», a-t-il affirmé.

Population paniquée 

Les rebelles --alliés à des militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh-- sont entrés dans Aden fin mars, et ont depuis pris le contrôle de certains bâtiments publics, dont le palais présidentiel et l'aéroport, en dépit des raids de la coalition constituée pour empêcher les Houthis de s'emparer de l'ensemble du Yémen.

Des affrontements sporadiques se sont poursuivis dimanche dans la ville, selon des sources militaires. Et en début de soirée, la piste de l'aéroport, le quartier Dar Saad et les banlieues nord d'Aden ont été visés par des raids aériens, selon des responsables de l'administration provinciale.

Toujours dans le Sud, dix civils ont été tués et 80 autres blessés dans le bombardement à l'artillerie et aux canons de char par les rebelles de plusieurs quartiers de Taëz, troisième ville du Yémen, ont indiqué à l'AFP des sources locale et médicale. De violents combats y ont également opposé les rebelles aux combattants pro-gouvernement, selon les mêmes sources.

Parallèlement, la coalition a mené des raids aériens contre un camp de la Garde républicaine, unité d'élite de l'armée ralliée aux Houthis, à l'est de Taëz, et un autre camp surplombant la ville. Au moins dix rebelles ont été tués, selon des sources proches des Houthis.

Des avions de la coalition ont survolé dans la journée à plusieurs reprises Sanaa. Les rebelles ont répliqué à chaque fois par des tirs de la DCA, provoquant la panique parmi la population, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Pourparlers reportés  

Des pourparlers de paix sur le Yémen qui devaient débuter jeudi prochain à Genève ont été reportés, a annoncé à l'AFP à New York un responsable des Nations unies. «Je peux confirmer que la réunion a été reportée», a-t-il déclaré sans donner plus d'explications ni de nouvelle date.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait annoncé cette réunion mercredi dernier, en souhaitant qu'elle contribue «à relancer le processus politique au Yémen, réduire le niveau des violences et soulager le fardeau humanitaire, devenu insupportable».

Peu avant l'annonce du report des pourparlers, le président Hadi, tout en se disant ouvert au dialogue proposé par l'ONU, a réitéré dimanche ses conditions à la participation de son gouvernement, notamment le retrait par les rebelles chiites des régions qu'ils ont conquises, prévu par la résolution 2216 du Conseil de sécurité.

Lors d'un entretien à Riyad avec l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, M. Hadi a appelé les Nations unies à «faire plus d'efforts pour l'application de la résolution 2216» et à «procéder à davantage de consultations pour le succès de tels efforts», a rapporté l'agence de presse Saba.

Le porte-parole du gouvernement, Rajah Badi, a posé l'application de la 2216 comme un préalable. «Cette résolution doit être appliquée pour favoriser ensuite un dialogue», a-t-il déclaré dimanche soir à l'AFP. Il a jugé «difficile» de participer à des consultations «dans les conditions actuelles».

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