Le Yémen se rapproche d'une trêve

Un homme marche vers une maison endommagée par... (Photo Mohamed al-Sayaghi, Reuters)

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Un homme marche vers une maison endommagée par une frappe aérienne dans le village Faj Attan, au Yémen.

Photo Mohamed al-Sayaghi, Reuters

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Jamal AL-JABIRI
Agence France-Presse
SANAA

La perspective d'un cessez-le-feu prenait corps dimanche au Yémen après des réactions plutôt positives des rebelles Houthis et de leurs alliés à une offre de trêve de l'Arabie saoudite destinée à faciliter l'arrivée de l'aide humanitaire vitale pour les civils.

La situation devient en effet de plus en plus alarmante dans le pays, notamment à Saada, fief des rebelles chiites, où la coalition menée par Riyad multiplie les raids aériens. Quelque 70 000 personnes, dont 28 000 enfants, fuyaient cette région, selon un communiqué de 17 organisations humanitaires, qui appellent à un cessez-le-feu immédiat et durable.

«De nombreux civils sont pris au piège à Saada car ils sont incapables d'accéder à des moyens de transport en raison de la pénurie de carburant» liée au blocus mis en place par la coalition, a souligné le coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU pour le Yémen, Johannes van der Klauuw.

Alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé le 30 avril que la pénurie de carburant l'obligeait à arrêter progressivement ses distributions de nourriture, une première cargaison de fuel -300.000 litres de carburant et d'équipements- a pu accoster samedi au port de Hodeida (ouest) et une deuxième devait arriver dimanche.

L'arrivée de nouveaux navires «va nous permettre d'atteindre des centaines de milliers de personnes ayant un besoin urgent d'aide alimentaire», a annoncé Purnima Kashyap, le directeur du PAM pour le Yémen. «Une plus grande quantité de nourriture et de carburant est attendue dans les prochains jours».

L'Unicef avait récemment prévenu que si les restrictions continuaient, «elles feraient plus de morts que les balles et les bombes dans les prochains mois» dans ce pays pauvre de la péninsule arabique.

Plus de 1400 personnes, dont de nombreux civils, ont été déjà tuées dans le conflit, et au moins 300 000 déplacées, selon l'ONU.

Une trêve se dessine 

Réagissant à la proposition de trêve humanitaire faite vendredi par l'Arabie saoudite, le bureau politique des rebelles chiites a indiqué dimanche «être prêt à réagir positivement à tout effort, appel ou mesure qui aiderait à mettre fin aux souffrances» de la population.

Des militaires alliés aux Houthis ont quant à eux accepté le cessez-le-feu, après six semaines de raids aériens quotidiens de la coalition destinés à empêcher les rebelles de conquérir l'ensemble du Yémen.

L'appui de ces soldats, partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, a permis aux Houthis, venus du nord du pays, de prendre le contrôle de la capitale Sanaa en janvier, puis de se rapprocher de la grande ville du sud, Aden, poussant à l'exil le président Abd Rabbo Mansour Hadi le 26 mars.

Ces militaires ont donné leur aval à l'offre de trêve quelques heures après qu'un raid de la coalition arabe a frappé la résidence de l'ex-président Saleh.

Riyad a proposé que le cessez-le-feu prenne effet mardi soir pour cinq jours renouvelables à condition que les rebelles s'engagent à le respecter.

Des membres du Conseil de coopération du Golfe, dont l'Arabie saoudite, se rendront les 13 et 14 mai à Washington pour mettre au point un ensemble de mesures de sécurité au Proche-Orient.

Les États-Unis tiennent à rassurer les États du Golfe inquiets du désengagement croissant de Washington de la région et de l'éventualité que les accords récemment finalisés avec l'Iran ne permettent à ce pays de se doter de la bombe atomique.

Mais le roi Salmane ne participera pas au sommet en raison, entre autres, du «calendrier du cessez-le-feu au Yémen», selon l'Arabie saoudite.

Tirs de représailles  

Les Houthis comme leurs alliés ont remercié sans les citer des pays «amis» pour leurs efforts de médiation en vue de la trêve. Vendredi, le chef de la diplomatie américaine John Kerry avait «encouragé» l'Iran et la Russie, «pays qui ont le plus d'influence» sur les rebelles à les «pousser» à l'accepter.

Le porte-parole de la coalition, le général saoudien Ahmed al-Assiri, s'est néanmoins montré prudent: «de telles milices ne devraient être jugées que sur leurs actes, pas sur ce qu'elles disent aux médias. Attendons mardi 23h00», a-t-il dit à l'AFP.

La coalition a mené ces derniers jours un nombre record de raids --plus de 130 de vendredi à samedi-- après avoir affirmé que les rebelles avaient franchi «une ligne rouge» avec leurs bombardements qui ont coûté la vie à dix civils en Arabie saoudite la semaine passée.

Dimanche, l'artillerie saoudienne a renouvelé ses tirs contre des positions rebelles dans le nord du Yémen après de nouveaux tirs de roquettes ayant blessé quatre femmes sur son territoire. Les tirs de représailles continueront jusqu'au cessez-le-feu mardi, si les Houthis «poursuivent leurs tirs de roquettes contre nos villes, notre population», a averti le général Assiri.

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