Yémen: l'ex-président Saleh appelle les Houthis à appliquer la résolution de l'ONU

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Des rebelles Houthis brandissent leurs armes, à Sanaa, le 22 avril.

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Agence France-Presse
SANAA

L'influent ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh a appelé ses alliés les rebelles Houthis à se retirer, comme l'exige l'ONU, des territoires conquis ces derniers mois, afin que cessent les raids de la coalition arabe et que des négociations puissent reprendre.

«J'appelle Ansarullah (les rebelles chiites Houthis, NDLR) à accepter et appliquer la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour pouvoir obtenir l'arrêt de l'agression des forces de la coalition» arabe dirigée par Riyad contre les Houthis, a dit M. Saleh selon un communiqué lu en son nom sur sa chaîne privée Yemen al Yawm.

«Je les exhorte à se retirer de toutes les provinces, spécialement d'Aden», principale ville du sud du Yémen, a ajouté le communiqué.

Les rebelles chiites, qui menacent de prendre le pouvoir dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, ont conquis en janvier la capitale Sanaa. Ils ont ensuite avancé vers le sud, atteignant Aden le 26 mars, jour du début d'une opération aérienne arabe conduite par l'Arabie saoudite, où s'est réfugié le président Abd Rabbo Mansour Hadi.

La coalition arabe a de nouveau mené des raids vendredi, trois jours après avoir annoncé la fin de la phase intensive de ses frappes aériennes, dans la perspective d'une reprise du processus politique.

Des raids ont ciblé un camp militaire d'une unité favorable aux rebelles près de Taëz (sud-ouest) dans la nuit de jeudi à vendredi, selon des habitants.

Des positions rebelles ont été bombardées et des affrontements ont eu lieu notamment à Aden, dans la province de Marib (est), d'Abyane (sud) et d'Ibb (centre).

L'ex-président Saleh, qui a quitté le pouvoir en 2012 dans la foulée du Printemps arabe, a aussi appelé à la reprise du dialogue interyéménite, prônant «la «réconciliation» dans son pays ruiné par la guerre.

L'ONU a désigné jeudi un nouveau médiateur, le diplomate mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, dont la nomination deviendra effective lundi si aucun pays membre du Conseil de sécurité ne s'y oppose.

Les rebelles chiites ne veulent toutefois pas entendre parler de reprise des pourparlers tant que les raids aériens se poursuivent.

M. Saleh a proposé dans ce contexte que toutes les provinces soient placées sous l'autorité de «l'armée et des forces de sécurité, sous le contrôle des autorités locales de chaque province».

Les Houthis n'auraient jamais pu conquérir autant de territoire sans l'appui de nombreuses unités militaires restées fidèles à l'ex-président Saleh. Mais des fissures ont commencé à apparaître dans le camp de la rébellion dimanche, lorsque le commandement militaire de la plus vaste province du Yémen a annoncé son ralliement au président Hadi.

Ali Abdallah Saleh, en 2013.... (PHOTO ARCHIVES AFP) - image 2.0

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Ali Abdallah Saleh, en 2013.

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Demi tour

Le conflit a attisé les tensions dans les eaux Golfe, où des navires iraniens soupçonnés par les États-Unis de transporter des armes à destination des insurgés ont fait demi-tour au large du Yémen vendredi.

L'Iran chiite, accusé de soutenir militairement les rebelles, assure ne leur fournir qu'une aide humanitaire.

Douze navires américains, dont le porte-avions Roosevelt, croisent actuellement non loin des côtes yéménites, sous blocus maritime, notamment pour faire respecter l'embargo sur les armes destinées aux Houthis, voté il y a dix jours par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Même si les neuf bateaux iraniens, dont deux armés, qui faisaient cap sur le Yémen ont changé de direction selon des responsables américains, la marine des États-Unis reste en alerte et «surveille de très près» ce convoi, a indiqué l'un d'eux.

À Téhéran, c'est au sujet d'avions humanitaires eux aussi contraints de rebrousser chemin selon les autorités iraniennes, face à la coalition arabe contrôlant l'espace aérien yéménite, que le chargé d'affaires saoudien a été convoqué vendredi soir.

Le conflit faisant rage depuis un mois entre rebelles chiites Houthis et partisans du président yéménite en exil n'épargne pas les enfants, a déploré l'ONU, affirmant que 115 d'entre eux avaient péri dans les hostilités depuis le 26 mars.

Le bilan réel est sûrement plus élevé, car des vérifications sont encore en cours, a assuré l'Unicef, expliquant par ailleurs qu'une centaine d'enfants avaient été recrutés par les groupes armés.

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