L'armée américaine sommée de publier les photos de sévices dans ses prisons

Le sergent Michael Smith et son chien Marco... (PHOTO ARCHIVES AP)

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Le sergent Michael Smith et son chien Marco avec un prisonnier de la prison d'Abou Ghraïb, à Bagdad, en 2003.

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Agence France-Presse
NEW YORK

Un juge américain a ordonné au gouvernement fédéral de publier une série de photos montrant les mauvais traitements infligés aux détenus de prisons militaires américaines en Irak et Afghanistan, dernier épisode d'une saga judiciaire entamée en 2004.

Selon la décision rendue à New York, le juge fédéral Alvin Hellerstein a toutefois donné deux mois au gouvernement pour faire appel dans cette affaire qui l'oppose à l'organisation de défense des droits civiques ACLU.

Le gouvernement estime que la publication des photos pourrait provoquer des réactions violentes contre les troupes américaines.

En 2004, les photos de prisonniers irakiens maltraités et humiliés par des militaires américains à Abou Ghraïb (Bagdad) avaient fait le tour du monde et provoqué un scandale retentissant.

En 2009, l'Aclu essayait déjà d'obtenir la publication des photos désormais demandées par le juge new-yorkais, le Congrès avait alors voté une loi pour permettre au secrétaire à la Défense de retenir la publication de documents pouvant mettre en danger les troupes américaines.

Mais dans son jugement daté de vendredi, le juge Hellerstein a estimé que le gouvernement n'avait pas appliqué correctement la loi.

Le gouvernement n'a pas suffisamment «individualisé» sa décision pour chaque photo, et le secrétaire à la Défense n'a pas suffisamment justifié en quoi la publication «mettrait en danger des Américains», selon le jugement.

Le nombre exact et le contenu des photos n'est pas clairement établi, mais l'Aclu estime qu'il pourrait y en avoir jusqu'à 2000.

Selon un document produit par le gouvernement lors de la procédure, plusieurs photos montrent notamment «des soldats pointant des pistolets ou des fusils sur la tête de détenus cagoulés ou menottés».

«Il est crucial que les photos entrent dans le domaine public», a déclaré Jameel Jaffer, un responsable juridique de l'Aclu. «Autoriser le gouvernement à supprimer toute image au prétexte qu'elle pourrait inciter quelqu'un, quelque part à la violence serait donner au gouvernement un puissant levier pour supprimer des preuves des fautes de ses agents», a-t-il dit.

Le Pentagone de son côté «étudie» la décision du juge, a indiqué un de ses porte-parole.

Dans le cas des photos de la prison d'Abou Ghraïb, le scandale avait éclaté quand elles avaient été publiées dans les médias américains.

Entre 2004 et 2006, 11 soldats avaient été condamnés pour ces faits en cour martiale.

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