Du hockey sous les palmiers du Liban

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Ali Jabar dirige l'entraînement de jeunes hockeyeurs dans un gymnase de Beyrouth.

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Andreane Williams

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La Presse

(Beyrouth) Les Libanais connaissent bien le ski grâce aux montagnes enneigées de leur pays, mais le hockey reste généralement pour eux un sport obscur. C'est pourtant sous les palmiers de son pays qu'Ali Jaber, un Libanais passionné de hockey et professeur d'éducation physique, a décidé de fonder la première ligue de roller-hockey du Liban.

Installés dans les estrades du gymnase de l'école publique du quartier d'Ain el Remmeneh à Beyrouth, les petits joueurs de l'équipe des Surrey Eagles chaussent leurs patins avec l'aide de leurs parents. Au coup de sifflet de leur entraîneur, la quinzaine de joueurs s'élance dans le gymnase. Ils ont entre 4 et 13 ans et font partie de la première ligue de roller-hockey au Liban.

«J'aime la férocité de ce jeu. J'avais vu plusieurs films dans lesquels il y avait du hockey, et ce sport me plaisait. C'est original et c'est nouveau, alors je me suis tout de suite inscrit lorsque j'ai vu l'annonce à l'école», explique d'emblée Ali Ghaddar, 13 ans.

Les Surrey Eagles sont l'une des six équipes formées par Ali Jaber. En tout, une soixantaine de joueurs, garçons et filles, jouent dans sa ligue interscolaire. «C'est moi qui entraîne chacune des équipes, avec l'aide de ma femme. Lors des matchs, je suis l'arbitre, et les parents se chargent du poste d'entraîneur. Ce n'est pas l'idéal, mais l'important, c'est que les enfants s'amusent», explique Ali.

Le jeune homme de 29 ans travaillait comme éducateur physique en Italie lorsqu'il est devenu mordu de hockey. À son retour au Liban il y a deux ans, il a voulu créer sa propre ligue pour les enfants. Grâce à la mère d'un de ses élèves, une femme d'affaires très connectée au Liban, il a pu facilement créer des équipes dans les écoles où il enseigne.

Petite ligue, grands rêves

Du haut des gradins, Nada Ariss et Kahina Tigharghar observent leurs garçons qui manient la balle. «Les gens sont super intéressés lorsqu'ils voient nos enfants avec leurs bâtons de hockey à l'école. Ils demandent tout de suite où ils peuvent jouer», raconte Kahina, d'origine algérienne, qui habite à Beyrouth depuis deux ans.

Nada, elle, a découvert le hockey lorsqu'elle étudiait au Québec. «Mon rêve, c'est que les enfants aillent s'entraîner au Canada et qu'ils puissent progresser, parce que le hockey, ce n'est pas notre sport national», dit-elle.

«On a besoin de commanditaires pour financer la ligue et organiser plus de matchs, louer un meilleur gymnase, etc. Quand j'habitais à Brossard, c'était génial de voir les enfants jouer au hockey dans la rue. À Beyrouth, ce n'est pas possible», ajoute-t-elle.

Malgré ses efforts, Ali n'a pas encore réussi à organiser de camp d'entraînement à l'extérieur du Liban pour ses joueurs. «J'ai essayé de contacter des équipes à Dubaï, par exemple, mais pour l'instant, je n'ai pas de réponse», déplore-t-il.

Du gymnase à la patinoire

Contrairement au soccer ou au basketball, très populaires au Liban, s'équiper pour jouer au hockey coûte très cher. La plupart des pièces d'équipement sont importées. Les bâtons de hockey des joueurs viennent d'ailleurs d'Italie.

«Ma cousine vit au Michigan. Ses deux fils jouent au hockey. Elle m'a envoyé un vrai casque, parce que l'équipement ici, ca coûte cher», explique Maher Hab Hab, dont les deux fils jouent dans la ligue d'Ali Jaber.

Ali et ses joueurs sont malgré tout déterminés à faire connaître leur sport au Pays du Cèdre. Ali Hab Hab, 10 ans, aimerait quant à lui pouvoir un jour jouer sur la glace. «Il y a une nouvelle patinoire proche de chez moi, mais elle est très petite, et la glace n'est pas très bonne», explique-t-il.

«Le hockey sur glace, c'est très impressionnant! Ça va si vite! Comment font-ils pour voir la rondelle?», s'interroge Kahina.

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