Vive tension à Jérusalem après une attaque contre une synagogue

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L'attaque, la première contre un lieu de culte juif à Jérusalem et la plus meurtrière depuis 2008, s'est produite peu avant 07h00 dans une synagogue du quartier de Har Nof, à Jérusalem-Ouest.

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Jean-Luc RENAUDIE
Agence France-Presse
Jérusalem

Des Palestiniens ont tué mardi cinq Israéliens dans une synagogue de Jérusalem, l'attaque la plus meurtrière depuis plusieurs années dans la Ville sainte, faisant redouter que le conflit israélo-palestinien ne prenne une dangereuse dimension confessionnelle.

Dénonçant une «horrible attaque», le président américain Barack Obama a appelé Israéliens et Palestiniens à «coopérer pour apaiser les tensions», qui n'ont cessé de monter ces dernières semaines.

Mais le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a averti en soirée qu'il répondrait avec «une main de fer» à cette «vague terroriste s'abattant sur Jérusalem», ordonnant la démolition des maisons des assaillants, deux cousins de Jérusalem-Est qui ont attaqué, armés de hachoirs et d'un pistolet, au moment de la prière du matin.

M. Nétanyahou et plusieurs de ses ministres ont violemment pris à parti le président palestinien Mahmoud Abbas qui a sans tarder condamné l'attentat, lui en faisant porter la responsabilité «directe».

L'attaque, la première contre un lieu de culte juif à Jérusalem et la plus meurtrière depuis 2008, s'est produite peu avant 07h00 dans une synagogue du quartier de Har Nof, à Jérusalem-Ouest, considéré comme un bastion du Shass, un parti ultra-orthodoxe.

Les deux Palestiniens, pères de plusieurs enfants, ont été abattus par la police, et dix membres de leur famille ont été arrêtés.

Trois des cinq victimes avaient la double nationalité israélo-américaine et le dernier israélo-britannique. Huit personnes ont été blessées.

«Interdit de faire justice soi-même» 

Cette attaque vient jeter de l'huile sur le feu alors que les tensions sont déjà vives dans la Ville sainte, notamment autour de la très sensible l'esplanade des Mosquées, où des extrémistes juifs ont récemment intensifié leur campagne pour obtenir le droit d'y prier.

Les Palestiniens et les musulmans craignent que M. Nétanyahou ne cède à la pression des extrémistes, bien qu'il ait répété n'avoir aucune intention de modifier le statu quo. «Ce ne sont que des mensonges», a-t-il encore martelé, accusant le mouvement islamiste Hamas et l'Autorité palestinienne de «répandre des calomnies» sur le sort du site.

L'attaque a généré des violences en Cisjordanie occupée, où des colons israéliens ont attaqué une école près de Naplouse, dans le nord, et jeté des pierres sur les automobilistes palestiniens près d'Hébron, dans le sud.

Dans ce contexte houleux, le ministre de la Sécurité intérieure israélien Yitzhak Aharonovich a décidé de faciliter la possibilité pour les militaires et les «gardiens d'école ou de jardins d'enfant» de conserver leurs armes en dehors de leur service.

Alors que des experts estiment que privilégier le tout-répressif pourrait aggraver un contexte déjà explosif, 300 membres de l'extrême droite ont manifesté en soirée pour réclamer encore plus de fermeté contre les assaillants.

«Il est interdit à quiconque de faire justice soi-même, même si les esprits sont échauffés, et même si vous bouillez de rage», a prévenu M. Nétanyahou.

De leur côté, les deux principaux mouvements islamistes palestiniens, le Hamas et le Jihad islamique, ont salué l'attaque qui n'a pas été revendiquée dans l'immédiat et appelé à «poursuivre les opérations».

L'attentat est intervenu au surlendemain de ce que les Palestiniens ont dénoncé comme un «crime raciste», celui d'un chauffeur de bus palestinien, Youssef Ramouni, retrouvé pendu dans son dépôt de Jérusalem-Ouest.

La médecine légale israélienne a conclu à un suicide, une version contestée par un médecin légiste palestinien.

Engrenage de violences 

Jérusalem est entrée dans un engrenage de violence depuis que des extrémistes juifs ont brûlé vif, début juillet, un adolescent palestinien de Jérusalem-Est, la partie palestinienne annexée et occupée par Israël de la ville, assurant agir par vengeance après le meurtre de trois Israéliens.

L'escalade a franchi un nouveau palier il y a près d'un mois, lorsqu'un Palestinien a jeté sa voiture sur un arrêt du tramway. Depuis, deux autres attentats à la voiture bélier ont ensanglanté Jérusalem et la Cisjordanie occupée, puis une série d'attaques au couteau ont touché jusqu'à Tel-Aviv.

Aucune de ces attaques n'a été revendiquée, mais certaines ont été menées par des membres du Jihad islamique ou du Hamas. Pour ces mouvements, l'attentat contre la synagogue est une «réponse au meurtre du martyr Youssef Ramouni» et aux «attaques» contre l'esplanade des Mosquées.

Condamnant fermement l'attaque de la synagogue, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté les deux parties à «prendre des décisions difficiles qui conduiront à la stabilité et à une sécurité à long terme».

«L'occupation est la cause des tensions», a clamé de son côté M. Abbas qui doit prochainement demander au Conseil de sécurité de l'ONU un calendrier pour la fin de l'occupation des Territoires palestiniens.

En Espagne, le Congrès des députés a adopté une motion appelant le gouvernement espagnol à reconnaître l'État palestinien.

Plus tôt dans la soirée, et faisant référence à ce vote, M. Nétanyahou avait critiqué «ceux qui essayent, même maintenant, de récompenser les Palestiniens».

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