Le face-à-face Obama-Nétanyahou assombri par la colonisation

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Barack Obama a reçu Benyamin Nétanyahou mercredi à la Maison-Blanche.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

La vive condamnation par Washington d'un projet de construction de logements à Jérusalem-est et les mises en garde israéliennes sur le dossier nucléaire iranien ont jeté une ombre sur la rencontre mercredi entre Barack Obama et Benyamin Nétanyahou.

Ce face-à-face à la Maison-Blanche entre le président américain et le Premier ministre israélien, dont les relations sont notoirement difficiles, était le premier depuis la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, qui a fait plus de 2100 morts côté palestinien et plus de 70 morts israéliens.

«Les États-Unis sont très préoccupés» par les informations faisant état du feu vert accordé à la construction de 2610 nouveaux logements à Jérusalem-est, a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain, précisant que la question avait été abordée lors de la rencontre dans le Bureau ovale.

Pour la Maison-Blanche, une telle décision pourrait «empoisonner l'atmosphère» non seulement avec les Palestiniens mais aussi avec les gouvernements arabes, avec lesquels le Premier ministre Nétanyahou a indiqué mercredi vouloir bâtir de nouvelles relations.

«S'ils menaient à bien les constructions dans cette zone, cela enverrait un message très troublant», a souligné le porte-parole de la Maison-Blanche, jugeant que cela pourrait «éloigner Israël même de ses plus proches alliés».

La poursuite de la colonisation (la construction d'habitations civiles dans les territoires occupés ou annexés par Israël depuis 1967) est considérée comme une entrave majeure aux efforts déployés depuis des décennies pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Israël considère Jérusalem comme sa capitale «unifiée et indivisible». La communauté internationale ne reconnaît pas l'annexion de Jérusalem-est, où les Palestiniens veulent établir la capitale de l'État auquel ils aspirent.

«Faire évoluer le statu quo» 

«Il ne faut pas préjuger du statut final de Jérusalem qui ne peut être déterminé qu'à travers des négociations directes entre les parties», a souligné M. Earnest.

La municipalité israélienne de Jérusalem avait approuvé ce projet en décembre 2012, mais il était resté en suspens depuis.

Le ministre israélien du Logement Ouri Ariel, membre du Foyer juif, parti nationaliste religieux, a assuré que le moment choisi pour cette annonce de nouvelles constructions n'était «pas lié à l'actualité» et s'inscrivait «dans le processus normal des autorisations nécessaires».

Lors de son entretien avec M. Nétanyahou, M. Obama a jugé urgent de «faire évoluer le statu quo» pour que les citoyens israéliens «soient à l'abri d'un tir de roquette» et que «la tragédie d'enfants palestiniens tués» ne se renouvelle pas.

Au-delà de la nécessaire reconstruction de Gaza, il faut trouver les moyens de trouver «une paix plus durable» entre Israéliens et Palestiniens, a-t-il souligné.

De son côté, le Premier ministre israélien avait mis en garde le président américain contre les risques d'un accord avec Téhéran, qui placerait l'Iran «au seuil de la puissance nucléaire».

«L'Iran cherche un accord qui entraînerait la levée des sanctions mises en place grâce à vos efforts et le placerait au seuil de la puissance nucléaire», a déclaré M. Nétanyahou dans le Bureau ovale avant d'entamer son entretien avec M. Obama. «J'espère ardemment que cela n'arrivera pas», a-t-il ajouté.

L'Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Allemagne) se sont donné jusqu'au 24 novembre pour parvenir à un accord définitif qui garantirait le caractère exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales contre Téhéran.

La capacité d'enrichissement d'uranium de l'Iran est au coeur des négociations: l'uranium faiblement enrichi alimente des centrales électriques, mais enrichi à un niveau élevé il peut servir à fabriquer une bombe.

La place de Téhéran dans la lutte contre l'EI est aussi un sujet de tensions. Washington estime que l'Iran, considéré jadis comme l'un de ses pires ennemis, a «un rôle» à jouer même s'il n'est pas question d'une participation de Téhéran à la coalition contre ce groupe ultra-radical.

La semaine dernière, le département d'État avait indiqué que les États-Unis et l'Iran avaient parlé de cette lutte contre l'EI en marge des pourparlers sur le nucléaire à New York.

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