«La pire des offensives israéliennes»

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Des Gazaouis transportent les corps des membres d'une famille qui ont perdu la vie lorsque leur maison a été la cible de frappes aériennes israéliennes, à Khan Younès, le 9 juillet.

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Offensive israélienne à Gaza

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Offensive israélienne à Gaza

L'armée israélienne mène l'opération «Bordure protectrice», la plus importante offensive militaire contre la Bande de Gaza depuis la sanglante et controversée mission «Plomb durci» lancée en 2008-2009, qui avait fait plus de 1400 morts. »

Hier, alors que le Conseil de sécurité des Nations unies se penchait pour la première fois sur la reprise de la violence au Proche-Orient, Israël a intensifié ses frappes aériennes sur la bande de Gaza. Le bilan des morts palestiniens s'est alourdi pour atteindre plus de 85 personnes. Le Hamas, de son côté, a multiplié les tirs de roquettes vers les grandes villes israéliennes.

Des bombes au phosphore blanc. Des maisons éventrées. Des civils morts par dizaines. Hani Suliman Salamah pensait avoir tout vu lors des deux dernières offensives israéliennes dans la bande de Gaza. «Mais cette nouvelle guerre est plus intensive que les précédentes», raconte le Palestinien.

«Les bombes israéliennes n'ont jamais été aussi gigantesques. Il y a d'immenses cratères dans les rues», explique le pharmacien de la ville de Gaza au téléphone. Pour une émission de radio locale, ce dernier sillonne la ville depuis le début de l'opération israélienne Bordure protectrice, lancée dans la nuit de lundi à mardi. Il documente aussi les ravages de la guerre sur Facebook.

Des statistiques dévoilées par Israël semblent lui donner raison quant à l'intensité de l'offensive. Une source militaire israélienne a confirmé à Al-Jazira qu'à mi-journée hier, les avions israéliens avaient largué 800 tonnes d'explosifs sur la bande de Gaza, soit plus que pendant la guerre de 2012.

Le bilan des morts continue de s'alourdir. En trois jours, au moins 88 Palestiniens ont péri, dont une majorité de civils. La section palestinienne de l'organisation Defense for Children a confirmé qu'au moins 14 enfants de moins de 15 ans font partie des victimes.

Un des bombardements les plus meurtriers a décimé une famille de huit personnes, dont cinq enfants, à Khan Younis. Hier, des centaines de personnes ont assisté aux funérailles, où des drapeaux du Hamas servaient de linceul aux victimes.

«Une source militaire israélienne a confirmé à Al-Jazira qu'à mi-journée hier, les avions israéliens avaient largué 800 tonnes d'explosifs sur la bande de Gaza, soit plus que pendant la guerre de 2012.»


Hôpitaux sans ressources

À ce jour, on recense plus de 600 blessés. «La situation est extrêmement difficile dans les cliniques. La plupart manquent de médicaments et de diverses fournitures médicales. Les pharmacies comme la mienne sont presque vides aussi», note M. Salamah en rappelant que la situation était déjà difficile avant l'offensive. Le blocus israélien imposé à Gaza après la prise du pouvoir du Hamas en 2007 rend la circulation de beaucoup de produits très difficile.

L'Égypte, qui a fermé sa frontière avec Gaza depuis l'accession au pouvoir du général Abdel Fatah al-Sissi, a annoncé hier qu'elle laisserait passer des blessés à Rafah. Un convoi humanitaire organisé par l'Autorité palestinienne en Cisjordanie devait aussi atteindre Gaza hier. «Nous faisons tout notre possible pour nous venir en aide les uns aux autres. Les cliniques et les hôpitaux ont tous lancé des appels à l'aide, dit le pharmacien. Mais c'est une scène d'horreur.»

Traumatismes multiples

Jointe à Gaza mercredi, la docteure Mona El-Fara venait pour sa part de voir une partie de sa maison voler en éclats. «Les bombardements sont vraiment lourds», commentait la Gazaouie.

Elle avouait ne pas avoir fermé l'oeil depuis le début de l'offensive. «Les gens sont terrifiés. Les enfants, surtout. Ils sont morts de peur la nuit. La noirceur rend tout plus difficile. On entend les sifflements de bombes à droite et à gauche, se désolait-elle, s'inquiétant du traumatisme qui pèsera sur la plus jeune génération. Ce que nous vivons, c'est vraiment une punition collective.»




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