Afghanistan: les talibans dénoncent l'«occupation prolongée» américaine

Un avion-cargo Boeing C-17 Glomaster III et des... (PHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, ARCHIVES AFP)

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Un avion-cargo Boeing C-17 Glomaster III et des véhicules blindés devant être rapatriés par l'armée américaine sont stationnés sur le tarmac de la base militaire de Bagram, le 27 mai.

PHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, ARCHIVES AFP

Emal HAIDARY
Agence France-Presse
KABOUL

Les talibans ont dénoncé mercredi le maintien de milliers de soldats américains en Afghanistan jusqu'en 2016, proposé la veille par le président Barack Obama, promettant de faire payer aux États-Unis le prix de cette «occupation prolongée».

Le président Obama a levé le voile mardi sur les intentions des États-Unis en Afghanistan en suggérant d'y maintenir 9800 soldats après le départ de l'essentiel des 51 000 militaires de l'OTAN à la fin de l'année.

Ces soldats américains encore déployés après 2014 quitteront graduellement l'Afghanistan d'ici la fin de 2016, après quoi 200 d'entre eux resteront à l'ambassade dans le cadre de la coopération militaire bilatérale traditionnelle, a-t-il précisé.

Mais les talibans, qui mènent depuis plus d'une décennie une violente insurrection contre les forces de l'OTAN et leurs alliés des forces afghanes, ont rappelé leur opposition à tout maintien de troupes étrangères.

En maintenant ces soldats, les États-Unis «poursuivent leur occupation» de l'Afghanistan et violent «la souveraineté (du pays), la religion et les droits de l'homme», ont dénoncé les insurgés dans un communiqué.

«Au vu de l'expérience du passé, nous disons aux Américains que s'ils veulent perdre leur temps ici, créer des problèmes dans notre pays... ils en subiront les conséquences encore plus que les autres», ont ajouté les rebelles dans une référence à la lutte contre les troupes soviétiques dans les années 80.

«Si les Américains veulent vraiment en finir avec la guerre afghane, ils doivent retirer tous leurs soldats du pays... Nous poursuivrons le "djihad" (guerre sainte) même si un seul soldat américain reste en Afghanistan», ont-ils ajouté.

Un scénario irakien?

L'application du plan de la Maison-Blanche dépendra toutefois de la signature, par le futur président afghan, du Traité bilatéral de sécurité (BSA) encadrant les conditions d'une présence militaire américaine après 2014.

Le président Hamid Karzaï, dont le mandat prendra fin dans la foulée du second tour de la présidentielle afghane, prévu le 14 juin prochain, a jusqu'à présent refusé de parapher le BSA, au grand dam de Washington.

Mais les deux candidats en lice pour lui succéder, Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah, se sont déjà engagés à le signer en dépit de l'opposition des talibans, par ailleurs conviés à des pourparlers de paix afin de stabiliser le pays après le retrait de l'OTAN.

«L'Afghanistan n'est pas prêt à un retrait», note l'analyste Mia Gul Wasiq, qui juge insuffisant le plan de Barack Obama, car le «terrorisme» gangrène toujours le pays et les institutions locales assez solides.

«Si les Américains se retirent de manière irresponsable, l'Afghanistan deviendra comme l'Irak», en proie à une flambée des violences communautaires, pronostique-t-il.

«La situation est meilleure (aujourd'hui) que ce que j'avais prévu l'an dernier», a déclaré le président Obama lors d'une courte visite-surprise en début de semaine à la base américaine de Bagram, située au nord de Kaboul.

Attaque contre les États-Unis

L'Afghanistan connaît une vague de violences à l'approche du second tour de la présidentielle.

Deux Américains ont ainsi été blessés mercredi dans une attaque contre leur véhicule diplomatique à Hérat, grande ville de l'ouest de l'Afghanistan, généralement épargnée par les violences talibanes.

Le véhicule, en route pour l'aéroport local, a été pris pour cible par des hommes armés non identifiés circulant à moto, ont indiqué les autorités afghanes.

«Deux Américains ont été légèrement blessés», a indiqué l'ambassade américaine, affirmant être en «contact étroit» avec les autorités afghanes afin d'interpeller les assaillants pour les traduire en justice.

Vendredi dernier, quatre insurgés avaient ouvert le feu sur le consulat indien dans cette même ville sans toutefois faire de blessés au sein du personnel de cette mission diplomatique.




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