Risque d'un «État narco-criminel» en Afghanistan

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Le trafic international de drogue à partir de l'Afghanistan, premier pays producteur d'opium, profite directement aux insurgés talibans, qui en tirent entre 100 et 400 millions $ par an.

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Agence France-Presse
Washington

L'ampleur de la production d'opium en Afghanistan, qui nourrit la corruption aussi bien que l'insurrection talibane, fait courir le risque de l'apparition d'un «État narco-criminel» dans les années à venir, a dénoncé mercredi un haut responsable américain dans un rapport.

«En l'absence de programmes antidrogues efficaces et d'une volonté politique afghane pour sérieusement s'attaquer à ce grave problème, ce résultat pourrait devenir réalité», met en garde John Sopko, l'inspecteur général spécial pour la reconstruction de l'Afghanistan (Sigar) dans un rapport à destination d'un panel du Sénat américain.

Avec 290 000 hectares de culture de pavot et 90% de la production mondiale, «les paysans afghans cultivent plus d'opium aujourd'hui qu'à aucun moment de l'histoire moderne», selon lui. En 2001, année du renversement des talibans, seuls 8000 hectares étaient cultivés.

«La situation en Afghanistan est désespérée et avec très peu de perspectives d'amélioration en 2014 ou au-delà», écrit le Sigar. «Ni les États-Unis, ni l'État afghan ne semble avoir de stratégie claire pour combattre efficacement le trafic de drogue aujourd'hui et encore moins après 2014» quand les forces de l'Otan auront terminé leur mission de combat.

Malgré 7 milliards de dollars dépensés depuis 2002 par les États-Unis en programmes antidrogues et 3 autres milliards pour des programmes agricoles visant à inciter les paysans à changer leur production, Washington a manqué d'une stratégie claire.

Dans les premières années, les États-Unis privilégiaient les politiques d'éradication avant de changer de politique en 2010 et de chercher à combattre la corruption et à empêcher les fonds issus de la production d'opium de bénéficier aux talibans.

Mais l'ampleur du trafic d'opium et d'héroïne «empoisonne» le secteur financier afghan, «mine la légitimité de l'État afghan en nourrissant la corruption et les réseaux criminels», regrette John Sopko.

«Il y a déjà des signes que des éléments au sein des forces afghanes s'arrangent avec les communautés rurales pour autoriser la production de pavot, voire l'encouragent» afin notamment de prélever un «loyer» sur cette production.

Le trafic international de drogue à partir de l'Afghanistan, premier pays producteur d'opium, profite directement aux insurgés talibans, qui en tirent entre 100 et 400 millions de dollars par an, selon des chiffres de l'ONU et de l'administration afghane.




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