Kaboul libérera 72 talibans jugés dangereux par les É.-U.

Hamid Karzaï, le chef de l'État afghan.... (Photo Findlay Kember, archives AP)

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Hamid Karzaï, le chef de l'État afghan.

Photo Findlay Kember, archives AP

Agence France-Presse
Kaboul

La présidence afghane a annoncé jeudi la libération prochaine de 72 combattants talibans présumés écroués à la prison de Bagram, malgré des protestations des États-Unis selon lesquels ils pourraient reprendre le combat.

Cette décision, prise à l'issue d'une réunion de haut niveau présidée par Hamid Karzaï, le chef de l'État afghan, fait suite à l'examen des dossiers de 88 détenus par les autorités afghanes, a indiqué la présidence dans un communiqué.

Seize prisonniers, contre lesquels il existe des «preuves» de leur dangerosité, resteront sous les verrous, ajoute la présidence.

Sur les 88 détenus concernés, «il n'existe aucune preuve contre 45 d'entre eux (...) et 27 d'entre eux ne sont cités que dans des rapports, sans preuve formelle à leur encontre», souligne le communiqué, évoquant un compte-rendu d'enquête présenté lors de la réunion par le chef du renseignement afghan (NDS), Rahmatullah Nabil.

En conséquence, la Commission de révision de la prison de Bagram devra «libérer les prisonniers contre lesquels il n'y a pas de preuve, et réexaminer les dossiers» des 16 autres.

Cette décision intervient alors que le général américain Joseph Dunford, commandant des forces de l'OTAN en Afghanistan, avait déposé un recours contre ces libérations, arguant qu'elles allaient à l'encontre de l'accord signé lors de la remise de la prison de Bagram aux autorités afghanes.

Le contrôle de l'essentiel de la prison de Bagram, baptisée la «Guantanamo d'Orient», a été transmis aux autorités afghanes par les États-Unis en mars dernier lors d'une cérémonie en présence du président Karzaï, qui a présenté l'événement comme un symbole des efforts de l'Afghanistan pour retrouver sa souveraineté nationale.

Lors d'une récente visite à Kaboul, l'influent sénateur républicain Lindsey Graham avait critiqué la possible libération de ces combattants soutenant qu'ils avaient «du sang sur les mains».

Selon lui, ces hommes sont responsables de la mort de 60 soldats de la coalition et de 57 Afghans.

Un porte-parole de la force américaine en Afghanistan avait également décrit ces prisonniers comme «dangereux» et estimé qu'ils constituent une «menace tangible».

Ces libérations pourraient crisper encore davantage les relations entre Kaboul et Washington au moment où les États-Unis tentent de convaincre M. Karzaï de signer un accord de sécurité bilatéral (BSA) encadrant la présence de soldats américains en Afghanistan après le retrait des forces de l'OTAN à la fin de l'année.

Mais le porte-parole du président afghan, Aimal Faizi, a estimé que ces libérations constituaient «une affaire interne, sans lien avec notre relation avec les États-Unis».

«Le fait que (ces détenus) ont pu faire l'objet d'accusations n'implique pas nécessairement qu'ils soient coupables», a-t-il déclaré à l'AFP.

«À partir du moment où la nouvelle enquête menée par les services secrets et d'autres services de sécurité n'a retenu aucune preuve à leur encontre, nous ne pouvons les garder en prison, ce serait illégal», a-t-il dit.

Les libérations de prisonniers talibans sont parfois présentées comme des gestes visant à débloquer le processus de paix entre Kaboul et la rébellion. Elles n'ont eu toutefois aucun impact, à ce stade, et des responsables locaux ont affirmé que des talibans ainsi relâchés étaient retournés au combat.

Chassés du pouvoir en 2001 par une coalition militaire dirigée par Washington, les talibans tentent depuis de reprendre le pouvoir par les armes.




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