En Afghanistan, Panetta admet de fortes inquiétudes

M. Panetta a d'abord rencontré des chefs de... (Photo: Reuters)

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M. Panetta a d'abord rencontré des chefs de tribus de la région, qu'il s'est efforcé de rassurer après le massacre de dimanche, décrit par Washington comme l'acte d'un homme isolé. Ces discussions, «excellentes» selon le porte-parole du Pentagone, George Little, ont toutefois été éclipsées par un attentat sur une route du Helmand qui a provoqué la mort de huit civils, selon les autorités locales.

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Dan de Luce
Agence France-Presse
Kaboul

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a admis mercredi que les affaires de Corans brûlés et de la tuerie de civils par des soldats américains étaient «profondément inquiétantes», au cours d'une visite en Afghanistan où deux attentats ont fait neuf morts.

M. Panetta, arrivé dans la matinée pour une visite de deux jours, a toutefois estimé que ces revers ne détourneraient pas les Américains de leur mission de vaincre la rébellion des talibans et leurs alliés d'Al-Qaïda.

Le secrétaire à la Défense a entamé sa visite dans la matinée à Camp Bastion, une base militaire de la province du Helmand, voisine de celle de Kandahar où un soldat américain a tué dimanche 16 civils, l'affaire la plus grave impliquant un soldat américain en Afghanistan en dix ans de conflit.

M. Panetta a d'abord rencontré des chefs de tribus de la région, qu'il s'est efforcé de rassurer après le massacre de dimanche, décrit par Washington comme l'acte d'un homme isolé. Ces discussions, «excellentes» selon le porte-parole du Pentagone, George Little, ont toutefois été éclipsées par un attentat sur une route du Helmand qui a provoqué la mort de huit civils, selon les autorités locales.

M. Panetta a déclaré aux chefs de tribus que «les États-Unis restent concentrés sur leur mission» et que «les événements récents ne nous dissuaderont pas de la mener à bien», a indiqué le porte-parole du Pentagone.

Le secrétaire à la Défense s'est ensuite adressé aux troupes américaines sur la base voisine de Camp Leatherneck.

Il a évoqué l'incinération de Corans dans une base américaine fin février, qui a provoqué une vague de manifestations antiaméricaines meurtrières dans le pays (plus de 40 morts), et le massacre de dimanche.

«Chacun de ces événements est profondément inquiétant», a jugé le chef du Pentagone. Mais «nous n'allons pas laisser des actes individuels saper notre détermination» dans la guerre de la force internationale dirigée par les États-Unis contre les insurgés talibans, a-t-il poursuivi.

«Nous serons mis à l'épreuve, défiés par l'ennemi, par nous-mêmes et par l'enfer qui caractérise chaque guerre», mais, «grâce à vos efforts, notre stratégie paye», a-t-il affirmé.

Quelques heures plus tard, l'Isaf a annoncé qu'un soldat de l'Otan avait été blessé dans un «incident» survenu au moment de l'atterrissage de l'avion de M. Panetta à Camp Bastion.

«À aucun moment, le secrétaire (à la Défense, ndlr) ou un autre occupant de l'appareil n'ont été mis en danger par cet incident», a déclaré l'Isaf dans un communiqué rendu public à Kaboul. «L'auteur présumé» de l'action au cours de laquelle un soldat a été blessé a été arrêté, a-t-elle ajouté.

Selon une source gouvernementale à Londres, un véhicule a fait irruption sur la piste d'atterrissage de la base britannique de Camp Bastion, puis a pris feu au moment où se posait l'avion de M. Panetta.

«Au moment où (Leon Panetta) atterrissait, un véhicule est arrivé sur la piste et a pris feu. Le conducteur a été grièvement brûlé», a dit à l'AFP la source gouvernementale. Ce conducteur serait un employé local de la base.

Le porte-parole de M. Panetta, George Little, a précisé ultérieurement devant des journalistes à Kaboul que l'auteur de l'action était un Afghan qui conduisait un véhicule volé en direction de la piste d'atterrissage.

Il roulait sur une voie d'accès à la piste, mais son véhicule a versé dans un fossé avant de prendre feu. L'incendie a été éteint et l'Afghan est soigné pour de graves brûlures, a expliqué M. Little.

Auparavant, le véhicule volé avait été pris en chasse par des membres de l'Isaf et c'est à ce moment-là qu'un soldat de l'Otan a été heurté et blessé par cette voiture, a-t-il précisé.

Selon M. Little, on ignorait si l'incident de Camp Bastion était lié à la visite de M. Panetta sur la base.

À Washington, un porte-parole du Pentagone a déclaré que le véhicule volé était un petit pick-up conduit à grande vitesse sur la voie d'accès. Aucun explosif n'a été trouvé sur le conducteur ou dans le véhicule, ni d'armes non plus, a-t-il ajouté.

«Je ne dispose pas d'indications actuellement pouvant prouver qu'il s'agissait d'une attaque volontaire», a conclu le porte-parole du Pentagone.

La chaîne de télévision britannique Sky News a en revanche annoncé qu'il s'agissait d'un attentat présumé à la voiture piégée. La source gouvernementale n'était pas en mesure de confirmer dans l'immédiat cette version.

Selon l'agence de presse Press Association, un soldat britannique a été blessé dans un incident antérieur qui pourrait être lié au même véhicule.

Quittant le sud, M. Panetta est parti pour Kaboul, où il doit notamment rencontrer jeudi le président afghan Hamid Karzaï, avec là aussi l'objectif de rassurer, la tuerie de dimanche ayant marqué une nouvelle escalade dans les tensions entre les Etats-Unis, qui dirigent l'Isaf, et le fragile gouvernement de Kaboul qu'elle porte à bout de bras.

Elle complique, avec les autres scandales récents, les négociations, déjà difficiles, en cours entre Washington et Kaboul sur les modalités de la présence américaine en Afghanistan après 2014, date à laquelle l'Isaf prévoit d'avoir retiré toutes ses troupes de combat de ce pays.

À la mi-journée, un attentat à la moto piégée a fait au moins un mort et deux blessés, tous membres des services de renseignement afghans, à Kandahar, capitale de la province du même nom, selon les autorités locales.

La ville se trouve à quelques dizaines de kilomètres de Panjwayi, lieu du massacre de dimanche, que les rebelles talibans, qui combattent le gouvernement de Kaboul et ses alliés occidentaux depuis dix ans, ont juré de venger.

Le président Barack Obama a assuré, au cours d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre britannique David Cameron mercredi à Washington, que le calendrier américain de retrait d'Afghanistan ne connaîtrait «aucun changement soudain», malgré les récents événements impliquant des soldats américains.

Les États-Unis prévoient depuis l'an dernier de réduire leur contingent de 90 000 soldats à 68 000 d'ici à la fin septembre, et de retirer le reste progressivement d'ici à la fin 2014.

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