La crise entre la Turquie et Israël s'amplifie après le bain de sang de Gaza

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Des manifestants brandissent des pancartes pro-palestiniennes et anti-américaines lors d'un rasemblement devant le consulat d'Israëlà Istanbul, mercredi.

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Stuart WILLIAMS
Agence France-Presse
Istanbul

L'ambassadeur d'Israël en Turquie a quitté ce pays jeudi après avoir été sommé de partir provisoirement par Ankara, qui se dispute à coups d'invectives et de sanctions diplomatiques avec l'État hébreu depuis le bain de sang à Gaza lundi.

Quelques 60 Palestiniens sont morts lundi sous les balles israéliennes alors qu'ils manifestaient dans la bande de Gaza contre le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Il s'agit de la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis 2014.

L'ambassadeur Eitan Naeh a pris un avion pour Tel-Aviv à l'aéroport d'Istanbul où son départ a été filmé par des médias turcs. On le voit tirant une petite valise ou franchissant un portique de sécurité électrique comme n'importe quel autre passager.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a convoqué le chargé d'affaires turc en Israël pour protester contre le «traitement inapproprié» dont a été victime selon lui l'ambassadeur à l'aéroport à Istanbul.

Dans un communiqué, le ministère explique que M. Naeh a été soumis à «un contrôle de sécurité draconien en présence de médias turcs convoqués à l'avance».

Au moment où M. Naeh quittait le pays, le ministère turc des Affaires étrangères annonçait avoir également demandé au consul général d'Israël à Istanbul de partir provisoirement, au lendemain d'une mesure similaire prise par Israël à l'encontre du consul général turc à Jérusalem.

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Eitan Naeh

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Les violences à Gaza lundi ont coïncidé avec l'inauguration controversée à Jérusalem de la nouvelle ambassade américaine, démarche qui a rompu avec des décennies de consensus international. Israël a justifié l'usage de la force contre les manifestants palestiniens par la nécessité de défendre ses frontières, que les manifestants tentaient de forcer.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a réclamé mercredi une «enquête indépendante» à Gaza, dénonçant «l'emploi présumé d'une force excessive et de munitions réelles».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamo-conservatrice, a accusé Israël de «génocide». Il a aussi estimé que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou était à la tête d'un «État d'apartheid» et avait du «sang» de Palestiniens sur les mains.

M. Nétanyahou a de son côté affirmé qu'il n'avait pas de «leçons de morale» à recevoir du chef de l'État turc : «Il ne fait aucun doute qu'il comprend parfaitement le terrorisme et les massacres», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Mobilisation populaire et diplomatique

Cette montée des tensions risque de saborder la fragile normalisation de leurs relations que ces deux pays ont entamée en 2016 après une grave crise diplomatique déclenchée par un raid israélien contre un navire d'une ONG turque se dirigeant vers la bande de Gaza en 2010.

Mercredi, Recep Tayyip Erdogan a condamné ce qu'il considère être un silence de la communauté internationale face à la «tyrannie israélienne».

«Si le silence persiste face à la tyrannie israélienne, le monde va s'enfoncer rapidement dans un chaos où les bandits feront la loi», a lancé le président turc lors d'un dîner de rupture du jeûne à Ankara.

Pour lui, les violences de Gaza ont révélé que «les Nations unies se sont désagrégées».

M. Erdogan, un ardent défenseur de la cause palestinienne, doit présider vendredi à Istanbul un sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), dont il espère «un message très fort au monde» après le carnage de Gaza.

M. Erdogan s'est entretenu au téléphone avec plusieurs dirigeants arabes, dont le roi Salmane d'Arabie et le roi Abdallah de Jordanie, et avec le président iranien Hassan Rohani mais le niveau de participation à la réunion, qualifiée de «sommet» par Ankara, n'est pas encore connu.

Un rassemblement de soutien aux Palestiniens, qui s'annonce imposant, doit aussi se dérouler vendredi à Istanbul, à l'appel de M. Erdogan, sous le slogan «Halte à l'oppression!».

Alors que la brouille diplomatique entre les deux pays ne connaît pas de répit, le fils de M. Nétanyahou, Yair, s'en est mêlé en publiant sur Instagram un drapeau turc barré de l'inscription «Fuck Turkey», selon les médias israéliens.

«Yair Nétanyahou est une personne privée et son compte Instagram est aussi privé», a réagi le porte-parole de la famille Nétanyahou dans un communiqué.




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