Cinq tours à Londres «évacuées immédiatement» pour risques d'incendie

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Cette évacuation fait suite à une série de tests sur la sécurité incendie de ces immeubles, effectués à la demande de la municipalité locale, et jugés insatisfaisants, notamment en ce qui concerne le revêtement extérieur.

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Agence France-Presse
LONDRES

Un total de 800 appartements répartis dans 5 tours d'habitation du nord de Londres vont être «évacués immédiatement» pour permettre la réalisation de «travaux urgents» de sécurité incendie, a annoncé vendredi soir la municipalité de Camden.

L'évacuation «a lieu immédiatement. Nous ne pouvons pas être sûrs que les gens sont en sécurité», a déclaré Georgia Gould, responsable de la municipalité, neuf jours après l'incendie qui a ravagé la tour Grenfell, faisant 79 morts.

«L'incendie de Grenfell a tout changé, et nous ne pouvons pas nous permettre de prendre de risque», a-t-elle ajouté. «Ce qui nous importe est de mettre les gens en sécurité, pendant que nous procédons à ces travaux urgents».

À la nuit tombée, plusieurs habitants quittaient la tour Taplow, avec leurs valises. «Nous avons reçu l'ordre d'évacuer l'immeuble, je vais prévenir les résidents», a indiqué à l'AFP Casey Oppong, le président de l'association des locataires.

Ils étaient dirigé vers un centre de loisirs local, le Swiss Cottage leisure center, qui doit les accueillir pour passer la nuit.

«C'est un peu effrayant», a reconnu Michelle Urquhart, une habitante de la tour Bray, elle aussi évacuée. «Je suis en colère. On a eu une réunion hier avec la municipalité, qui a essayé de nous rassurer. Ça fait dix ans qu'on habite dans cet immeuble, avec ce revêtement», s'insurge-t-elle.

Même prestataire

D'autres résidents ne comprenaient pas pourquoi l'ordre d'évacuer a été donné aussi tardivement.

«J'étais chez mon compagnon quand j'ai reçu un message sur mon téléphone, j'ai dû revenir à toute vitesse. Ils nous ont demandé de partir avant minuit», a expliqué Mélanie Tham. «C'est complètement dingue, ça fait des années que cet immeuble existe, qu'est ce qu'une nuit de plus aurait changé ?» s'interroge-t-elle.

Cette évacuation fait suite à une série de tests sur la sécurité incendie de ces immeubles, effectués à la demande de la municipalité locale, et jugés insatisfaisants, notamment en ce qui concerne le revêtement extérieur, installé par le même prestataire qu'à la tour Grenfell.

Les travaux devraient durer «de deux à quatre semaines», pendant lesquels les habitants vont être relogés.

Le ministère des Communautés a réagi dans un communiqué, rappelant que «la sécurité des résidents est d'une importance capitale», et a jugé que les autorités procédaient «légitimement» à ces évacuations, après les nouvelles consignes de sécurité dictées la veille.

Devant le parlement, jeudi matin, la première ministre britannique Theresa May avait déclaré que «le gouvernement (avait) ordonné l'examen des revêtements de tous les immeubles» de logements sociaux gérés par les pouvoirs publics dans le pays.

Selon ses services, 600 immeubles auraient un revêtement similaire à celui de la tour Grenfell. Ce revêtement, composés de polyéthylène (plastique), enchâssé entre deux couches d'aluminium, a été mis en cause dans la propagation rapide des flammes dans la tour jusqu'au sommet.

Fiona McCormack, une des responsables de la police scientifique de Londres, a annoncé vendredi que l'incendie était parti d'un réfrigérateur défectueux.

Possibles poursuites

Le ministre des Entreprises Greg Clark a souligné que l'appareil incriminé, de modèle FF175BP, était soumis à des tests approfondis pour déterminer pourquoi il avait pris feu et a appelé Whirlpool à remplacer «sans délai» tous les appareils de même marque s'il s'avère qu'ils présentent un danger.

Dans un communiqué, le groupe dont le siège est aux États-Unis, a affirmé avoir fait de ce problème une question prioritaire et a appelé tous les propriétaires de modèles FF175BP et FF175BG à se faire connaître auprès de ses services.

Elle a souligné que la police allait «examiner la construction du bâtiment, sa rénovation» et la manière dont le revêtement de la façade a été installé. Des poursuites pour «homicide» ne sont pas à exclure, a-t-elle souligné.

Elle a également ajouté que le nombre de victimes de l'incendie pourrait encore s'alourdir. Pour le moment, seules neuf d'entre elles, six hommes et trois femmes, ont été formellement identifiées.

Neuf blessés reçoivent toujours des soins à l'hôpital, trois sont dans un état critique.




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