Poutine et Merkel affichent leurs divergences à Sotchi

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«Nous devons évidemment profiter de cette visite pour parler de nos relations bilatérales et des sujets les plus problématiques, notamment l'Ukraine et la Syrie», a déclaré le président russe Vladimir Poutine.

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Maria PANINA, Jan DÖRNER
Agence France-Presse
Sotchi

La chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine n'ont pas surmonté leurs divergences mardi sur les principaux dossiers internationaux comme la Syrie et l'Ukraine, prônant toutefois la poursuite de la coopération entre Moscou et Berlin.

«Il faut toujours faire tous les efforts possibles pour maintenir le dialogue (...) quand on se parle, on se comprend mieux», a ainsi déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse commune avec M. Poutine à Sotchi, station balnéaire des bords de la mer Noire où ils se sont rencontrés.

«Notre coopération n'est pas du bluff, c'est une contribution importante au développement de l'économie mondiale», a souligné pour sa part Vladimir Poutine. «Y a-t-il des perspectives? Bien sûr, il y en a. Mais il y a encore beaucoup de problèmes, beaucoup de choses qui entravent» cette coopération, a-t-il ajouté.

Pour autant, les positions des deux dirigeants, dont les visages sont apparus fermés lors de la conférence de presse, divergent sur plusieurs sujets internationaux, à commencer par le dossier ukrainien.

En réponse à Vladimir Poutine, qui qualifiait le mouvement pro-européen ayant provoqué la chute de l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch de «coup d'État» et de «changement de pouvoir anticonstitutionnel», la chancelière a dit estimer que «les autorités ukrainiennes (étaient) arrivées au pouvoir de manière démocratique».

Pour M. Poutine, «il est impossible» de régler le conflit ukrainien «sans négociations directes» entre Kiev et les rebelles prorusses de l'Est, les autorités de Kiev ayant selon lui «raté leur chance d'appliquer les accords de Minsk quand elles en avaient la possibilité».

Régulièrement accusé par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement les rebelles séparatistes dans l'Est de l'Ukraine, Moscou a toujours nié.

Fervent soutien des sanctions européennes introduites contre Moscou après l'annexion de la Crimée et le début du conflit de l'Est de l'Ukraine, Angela Merkel reste toutefois une interlocutrice privilégiée de Vladimir Poutine dans ce dossier.

Les pourparlers entre les deux dirigeants ont duré environ deux heures et se sont poursuivis autour d'un déjeuner de travail.

Droits de l'Homme

La chancelière allemande a par ailleurs appelé M. Poutine à user de son «influence» auprès du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov pour que les homosexuels soient respectés dans la petite république du Caucase russe, où la presse indépendante russe, les médias occidentaux et les ONG de défense des droits de l'Homme ont fait état de persécutions homophobes.

Il s'agit de la première visite en Russie d'Angela Merkel depuis 2015. Alors que les tensions entre la Russie et les Occidentaux étaient à leur comble, Mme Merkel avait alors boudé, comme la plupart des pays occidentaux, la parade militaire du 9 mai célébrant les 70 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie.

Depuis, Angela Merkel et Vladimir Poutine se sont rencontrés à plusieurs reprises lors de sommets avec les présidents ukrainien Petro Porochenko et français François Hollande pour trouver une solution au conflit ukrainien, dans l'impasse malgré la signature des accords de Minsk en février 2015.

Sous ce format dit «de Normandie», Mme Merkel et M. Poutine se sont aussi régulièrement entretenus par téléphone. Au cours du dernier entretien le 18 avril, «une déclaration commune des quatre participants a été possible, ce qui ne l'avait pas été depuis longtemps», a souligné vendredi le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert.

Début mars, Vladimir Poutine avait appelé à la «normalisation» des relations entre l'Allemagne et la Russie. La visite de la chancelière allemande à Sotchi avait notamment pour but de préparer le prochain sommet du G20 qui se tiendra les 7 et 8 juillet à Hambourg (Allemagne), a souligné auprès de l'AFP une source gouvernementale allemande.

Au lendemain de sa rencontre avec Mme Merkel, Vladimir Poutine recevra mercredi à Sotchi le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont les relations avec l'Allemagne se sont récemment envenimées.

Dans un regain d'activité diplomatique, la Russie a accueilli au mois d'avril le secrétaire d'État américain Rex Tillerson et la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini. Il s'agissait de leurs premières visites en Russie depuis leurs prises de fonctions respectives.




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