France: un vote pour Le Pen serait une «terrible erreur», affirme Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, le chef de la gauche radicale, a été... (Photo Stephane Mahe, REUTERS)

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Jean-Luc Mélenchon, le chef de la gauche radicale, a été très critiqué à gauche pour ne pas avoir appelé à voter pour Emmanuel Macron pour contrer l'extrême droite.

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Béatrice LE BOHEC
Agence France-Presse
Paris

À une semaine du second tour de la présidentielle en France, le chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, qui a obtenu 19,6% au 1er tour, s'est clairement prononcé dimanche contre la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, qui cherche à séduire son électorat.

Alors que l'écart se resserre entre les deux finalistes - le centriste pro-européen Emmanuel Macron est crédité de 59% des intentions de vote contre 41% à Mme Le Pen -, M. Mélenchon, dont les électeurs sont convoités, a qualifié de «terrible erreur» un vote Le Pen, sans toutefois aller jusqu'à préciser s'il préconisait l'abstention, le vote blanc ou alors un vote Macron.

Le chef du mouvement «La France insoumise» a été très critiqué à gauche pour ne pas avoir appelé à voter Macron pour contrer l'extrême droite, d'autant que Mme Le Pen s'est ingéniée après le 1er tour à reprendre des éléments de langage et des thématiques de M. Mélenchon pour tenter de conquérir son électorat.

Nombre des électeurs antisystèmes de la gauche radicale pourraient basculer vers un vote protestataire en faveur de Mme Le Pen, qui a poursuivi dimanche une campagne tambour battant.

Mme Le Pen a d'ailleurs improvisé une visite à Gardanne liée au rejet de boues polluantes pratiqué par une usine pour vanter sa vision d'une «véritable écologie». Elle est venue «nous faire croire qu'elle est soudainement devenue écologiste», a critiqué le député écologiste de la ville, François-Michel Lambert.

La candidate a également déposé une gerbe devant une stèle en mémoire de déportés à Marseille, peu avant un hommage similaire programmé par M. Macron, qui s'est lui rendu en fin de journée au Mémorial de la Shoah et au Mémorial des martyrs de la déportation à Paris.

«Nous avons aujourd'hui un devoir qui est double, le devoir de mémoire (...) et le devoir que cela n'advienne plus jamais, en acceptant en rien l'affaiblissement moral qui peut tenter certains, le relativisme qui peut en tenter d'autres, le négationnisme dans lequel certains trouvent refuge», a-t-il affirmé.

Une pique à l'encontre du parti Front National de Mme Le Pen, dont le président par intérim Jean-François Jalkh, accusé de propos négationnistes qu'il nie, a dû quitter cette semaine son poste cinq jours après sa nomination. Mme Le Pen elle-même a suscité un tollé en affirmant le 9 avril que la France n'était pas «responsable» d'une rafle massive de juifs en 1942 à Paris.

«Je ne fais pas commerce des commémorations. Ce ne sont pas des événements électoraux», a rétorqué Mme Le Pen.

Le Pen ambiguë sur l'euro

Donné perdante le 7 mai, la candidate du Front national a scellé samedi une alliance inédite avec le chef du parti souverainiste «Debout la France», qui pourrait renforcer sa position. Nicolas Dupont-Aignan (4,7% des voix au premier tour) sera nommé premier ministre en cas de victoire, a-t-elle annoncé.

Après avoir affirmé samedi dans son projet d'accord avec M. Dupont-Aignan que sortir de l'euro, mesure emblématique de son projet ces dernières années, n'était pas «un préalable» à toute politique économique, la candidate a récusé dimanche toute «contradiction».

Dans un entretien au quotidien Le Parisien, elle a réaffirmé que le pays aurait bien «une monnaie nationale» destinée au quotidien des Français, tandis que l'euro resterait en vigueur pour les échanges internationaux. La candidate, qui cherche à rassurer sur une mesure controversée dans l'opinion, maintient le flou sur le délai de cette transition monétaire.

Parallèlement, des appels de tous bords se sont multipliés pour exhorter les électeurs à voter Macron afin de «protéger les valeurs de la République».

À l'adresse des Français voulant s'abstenir, en particulier les partisans déçus du conservateur François Fillon et du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, une soixantaine d'associations et d'ONG ont appelé à se mobiliser «face à celles et ceux qui prônent le rejet de l'autre et le repli sur soi».

Des manifestations hostiles aux deux candidats, l'un taxé de «capitaliste» l'autre de «fasciste», sont prévues lundi, en sus des traditionnels défilés du 1er mai.




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