Attentat de Londres: l'identité de l'assaillant connue

L'assaillant Khalid Masood avait été traité par des... (Photo Stefan Rousseau, PA via AP)

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L'assaillant Khalid Masood avait été traité par des ambulanciers près du Parlement britannique, mercredi.

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Jacques KLOPP
Agence France-Presse
Londres

Au lendemain de l'attaque revendiquée par le groupe État islamique (EI) qui a fait trois morts à Londres, la police britannique a identifié jeudi son auteur, Khalid Masood, connu de ses services, mais sorti de leur radar ces dernières années.

M. Masood, né le 25 décembre 1964 dans le Kent, dans le sud-est de l'Angleterre, vivait depuis peu dans les West Midlands (centre) et «ne faisait l'objet d'aucune enquête en cours», a annoncé Scotland Yard.

Il était connu sous différentes identités, a ajouté la police au sujet de l'homme qui a lancé mercredi sa voiture contre la foule sur le pont de Westminster, face à Big Ben, tuant deux personnes - un Américain d'une cinquantaine d'années et une Britannique d'origine espagnole de 43 ans - et en blessant plusieurs dizaines.

L'assaillant a ensuite poignardé à mort un policier après avoir réussi à entrer dans la cour du Parlement, symbole de la démocratie britannique, avant d'être abattu.

«L'auteur de l'attaque en face du Parlement britannique à Londres est un soldat de l'EI et l'opération a été menée en réponse à l'appel à frapper les pays de la coalition» internationale antidjihadistes, a affirmé Amaq, l'agence de propagande de l'EI. C'est la première attaque sur le sol britannique revendiquée par ce groupe extrémiste qui enchaîne les revers militaires en Irak et en Syrie.

La police britannique qui pense que l'homme a agi seul, a toutefois arrêté huit personnes à six adresses différentes à Londres, Birmingham et «ailleurs dans le pays».

Masood avait été condamné à plusieurs reprises dans le passé pour agression, possession d'armes et trouble à l'ordre public, a précisé Scotland Yard. Sa dernière condamnation remontait à décembre 2003 lorsqu'il avait été arrêté en possession d'un couteau.

«Il y a quelques années, il a fait l'objet d'une enquête du MI5» (service de renseignement intérieur) en lien avec «l'extrémisme violent», a expliqué la première ministre Theresa May devant le Parlement, ajoutant qu'il était alors «un personnage périphérique» dans cette enquête.

«Nous n'avons pas peur»

Selon le Guardian, Masood ne figurait pas sur la liste du MI5 des 3000 personnes les plus susceptibles de commettre un acte terroriste.

Jeudi après-midi, des informations venues de Belgique faisaient craindre une tentative d'attaque similaire à celle de Londres à Anvers (nord).

Selon la police, un Français, Mohammed R., y a été arrêté jeudi après avoir «mis un danger» des piétons en roulant à très vive allure sur une artère commerçante d'Anvers, sans faire de blessés. Plusieurs armes dont un fusil, ont été découvertes dans son véhicule, a annoncé le parquet fédéral belge.

Commise un an jour pour jour après les attentats de Bruxelles qui ont fait 32 morts, l'attaque visant le Parlement de Westminster rappelle celles de Nice (France, 86 morts) et Berlin (12 morts), toutes deux revendiquées en 2016 par le groupe État islamique et déjà commises en lançant un véhicule contre la foule.

Résolue à afficher sa détermination face à l'attaque la plus meurtrière depuis douze ans au Royaume-Uni, la Chambre des Communes, au grand complet, a observé une minute de silence avant de reprendre jeudi matin ses travaux.

«Nous n'avons pas peur», a clamé Theresa May en s'adressant aux députés, ajoutant que la démocratie allait «toujours triompher».

La première ministre a souligné que l'attentat ne remettait pas en cause le déclenchement officiel du Brexit, prévu mercredi prochain.

Elle a rendu hommage au policier tué, un «héros». Une collecte sur internet en faveur de sa famille avait recueilli plus de 100 000 livres jeudi après-midi.

Veillée aux chandelles

Le président des États-Unis Donald Trump a lui tweeté qu'un «grand Américain, Kurt Cochran, a été tué dans l'attaque terroriste de Londres».

Vingt-neuf personnes, dont de nombreux touristes, ont été hospitalisées. Sept sont toujours dans un état critique, a indiqué la police. Parmi les blessés figurent trois élèves français qui étaient en voyage scolaire.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, a rencontré jeudi matin leur famille. Il a dénoncé une «attaque contre le coeur de la démocratie»  avant de se rendre au Parlement.

C'est l'attaque la plus meurtrière au Royaume-Uni depuis les attentats suicide du 7 juillet 2005, revendiqués par des sympathisants d'Al-Qaïda, qui avaient fait 56 morts dans les transports en commun londoniens.

«Londres est déjà passée par là et sait encaisser le coup», a souligné le ministre de Défense Michael Fallon. «Les Londoniens ne se laisseront pas intimider par le terrorisme», a renchéri le maire de Londres, Sadiq Khan.

Une veillée aux chandelles était prévue dans la soirée sur Trafalgar Square en mémoire des victimes.

Le périmètre autour du palais de Westminster, coeur politique et touristique de la capitale, était toujours bouclé jeudi, mais le pont de Westminster a rouvert.

«Mes pensées et mes prières, ainsi que ma plus profonde sympathie, vont à tous ceux qui ont été affectés par l'horrible violence», a déclaré la reine Élisabeth II.

Selon Scotland Yard, les services de sécurité britanniques ont déjoué 13 tentatives d'attentats depuis juin 2013 au Royaume-Uni où le niveau d'alerte antiterroriste reste fixé à quatre sur une échelle de cinq.

Principaux attentats liés à la mouvance islamiste dans l'UE depuis 2015

L'attentat de Londres, revendiqué par l'organisation Etat islamique, est le dernier d'une longue série d'attaques revendiquées ou attribuées à la mouvance islamiste à travers l'Union européenne depuis deux ans.

Lourd tribut en France

La France a été le pays de l'UE le plus touché par les attentats islamistes qui y ont fait 238 morts depuis début 2015.

La première attaque, menée par deux frères se réclamant d'Al-Qaïda, vise le 7 janvier le siège de l'hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo à Paris, faisant douze morts. Deux jours plus tard, un supermarché casher est pris pour cible dans la capitale française et quatre personnes sont tuées lors de la prise d'otages. L'assaillant, se revendiquant de l'EI, a tué la veille une policière municipale. Comme les frères Kouachi, il sera tué par la police.

D'autres attaques imputées à des islamistes radicaux endeuillent le pays en avril (une femme tuée), en juin (un chef d'entreprise décapité) et en août quand un homme ouvre le feu dans le train Thalys reliant Amsterdam à Paris avant d'être maîtrisé par des militaires américains. Deux personnes sont blessées.

Le 13 novembre 2015, la France est frappée par les pires attaques terroristes de son histoire, avec pour la première fois des actions kamikazes. Les attentats sont perpétrés à Paris dans la salle de concerts du Bataclan, contre plusieurs bars et restaurants, et près du Stade de France, à Saint-Denis. Au total, 130 personnes sont tuées et plus de 350 sont blessées. L'EI revendique les attaques.

En 2016, de nouvelles attaques visent à plusieurs reprises des représentants des forces de l'ordre. Le 13 juin, un policier et sa compagne sont assassinés chez eux en région parisienne par un jihadiste de 25 ans qui a prêté allégeance à l'EI.

Le 14 juillet, la fête nationale est endeuillée par un carnage sur la Promenade des Anglais à Nice où un Tunisien de 31 ans, au volant d'un camion, fonce dans la foule, faisant 86 morts et plus de 400 blessés. Il est tué par la police. L'attaque est revendiquée par l'EI.

Douze jours plus tard, un prêtre est égorgé dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (ouest) par deux jihadistes qui sont abattus. L'assassinat est revendiqué par l'EI.

Terreur à Bruxelles

Le 22 mars 2016, un an jour pour jour avant l'attentat de Londres, la Belgique connaît à son tour les pires attaques terroristes de son histoire. Des attentats suicide, revendiqués par l'EI, font 32 morts et plus de 340 blessés à l'aéroport de Bruxelles et dans la station de métro de Maelbeek, au coeur du quartier européen.

Le pays sera encore frappé le 6 août quand un Algérien attaque à la machette deux policières à Charleroi (sud) aux cris de «Allah Akbar», les blessant au visage et au cou, avant d'être abattu. L'EI revendique à nouveau l'attaque.

Attentat au marché de Noël de Berlin

Le 19 décembre 2016, un Tunisien, Anis Amri, fonce à bord d'un camion sur un marché de Noël de Berlin faisant 12 morts et 48 blessés. Il est tué quelques jours plus tard lors d'un contrôle de police à Milan, dans le nord de l'Italie. L'attaque est revendiquée par l'EI.

Six mois plus tôt, l'EI avait déjà revendiqué deux attentats en moins d'une semaine en Allemagne: le 18 juillet, un jeune demandeur d'asile avait blessé cinq passagers à la hache et au couteau dans un train en Bavière, avant d'être abattu; le 24 juillet, un réfugié syrien s'était fait exploser, dans la même région, à proximité d'un festival de musique. Il avait été tué dans la déflagration et quinze personnes blessées.

Centre culturel et synagogue au Danemark

Le 14 février 2015, un Danois d'origine palestinienne, qui avait prêté allégeance à l'EI, ouvre le feu à l'arme automatique sur un centre culturel à Copenhague où se tient une conférence sur la liberté d'expression, tuant un cinéaste. Dans la nuit, il abat un fidèle juif devant une synagogue avant d'être tué par la police.




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