Crise politique en Italie: ultimes tractations avant le verdict du président

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Le président italien Sergio Mattarella

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Olivier BAUBE
Agence France-Presse
ROME

Le président italien Sergio Mattarella a entamé samedi d'ultimes tractations dans l'espoir de dénouer, peut-être dès lundi, la crise ouverte par la démission du chef du gouvernement Matteo Renzi, sur fond d'inquiétudes autour de la situation bancaire.

Les représentants de toutes les formations politiques représentées au Parlement italien défilent depuis vendredi matin au Quirinale, le siège de la présidence.

Élections anticipées pour les uns, gouvernement d'union nationale pour d'autres: chacun défend sa solution pour l'après-Renzi alors que la crise bancaire a refait surface dans la troisième économie de la zone euro.

Samedi en fin de matinée, le ministre de l'Intérieur Angelino Alfano, et chef d'un petit parti de centre-droit membre de la majorité gouvernementale, le NCD, a défendu le maintien du gouvernement actuel.

Le gouvernement italien «n'est pas un yaourt avec une date de péremption», a-t-il déclaré à l'issue de son entretien avec le chef de l'État.

Vendredi soir, la Ligue du Nord, parti anti-euro et anti-immigration, a en revanche confirmé devant le président son exigence d'élections anticipées.

D'autres partis, dont le Mouvement Cinq Etoiles, populiste et anti-système, sont sur la même ligne, mais cette solution n'est pas nécessairement celle que retiendra M. Mattarella.

Ce dernier devra en tout état de cause désigner le futur chef du gouvernement, qui pourrait bien être le président du Conseil démissionnaire, Matteo Renzi. Mais ce dernier n'apparaît guère disposé à remplir ce rôle, après le «non» massif des Italiens au référendum constitutionnel du 4 décembre.

Solution de continuité

Cette solution de continuité aurait néanmoins, selon la presse italienne, les faveurs du chef de l'État, qui a surtout à coeur de préparer une transition ordonnée.

D'autant que la situation délicate dans laquelle se trouve depuis vendredi la BMPS, troisième banque italienne et plus ancienne de la planète, a accentué la nervosité sur les marchés.

La Banque centrale européenne (BCE) lui a refusé le délai qu'elle lui demandait avant de lancer une augmentation de capital, ce qui pourrait la contraindre à se tourner vers le gouvernement, démissionnaire, pour se sortir d'affaires.

Un conseil d'administration de la banque est prévu dimanche après-midi pour décider de la marche à suivre.

Dans ce contexte, la cote du ministre des Finances Pier Carlo Padoan, déjà favori dans les journaux, pourrait remonter.

Il a été reçu vendredi par Matteo Renzi, tout comme le ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni, autre grand favori du «Totopremier», exercice préféré des médias italiens lors des crises politiques, inspiré du loto sportif (totocalcio).

Le chef du gouvernement italien démissionnaire, bien que toujours chef de son Parti démocrate (PD, centre gauche), ne sera pas à la tête de la délégation qui sera reçue par le chef de l'État vers 18 h, heure locale. Ce sera la dernière formation politique, en qualité de premier parti représenté au Parlement, à être reçue par le président Mattarella.

Les représentants de Forza Italia, le parti de l'ex-chef du gouvernement Silvio Berlusconi, et du Mouvement Cinq Etoiles, créé par le comique italien Beppe Grillo auront auparavant été reçus. Ce dernier ne conduira pas toutefois la délégation de son mouvement, deuxième force politique en Italie avec 27 % des voix derrière le Parti démocrate (32,5 %), selon un sondage réalisé après le référendum de dimanche.

Les autres noms régulièrement cités pour la course à la présidence du Conseil sont celui du président du Sénat, Pietro Grasso, reçu vendredi soir par M. Mattarella, et du ministre des Transports Graziano Delrio.

Ce nouveau gouvernement pourrait être chargé de changer la loi électorale avant de préparer des élections anticipées en 2017. La législature actuelle doit prendre fin normalement en février 2018.

Mais plusieurs commentateurs lui prédisent déjà une longue vie, avançant des raisons politiques internes ou d'ordre international.

L'Italie assure dès le mois de janvier la présidence du G7, le groupe des sept pays les plus riches de la planète, et organise un sommet de ses dirigeants en mai en Sicile. Elle rejoint aussi l'an prochain le Conseil de sécurité des Nations unies.

Mais la raison essentielle serait à chercher dans la résistance des 945 parlementaires italiens. La plupart d'entre eux, ironise la presse italienne, ont absolument besoin de rester en poste jusqu'en septembre 2017 s'ils veulent prétendre à une retraite complète.




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