Italie: la crise est officiellement ouverte

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L'ex-chef du gouvernement italien Matteo Renzie et le président italien Sergio Mattarella, le 20 novembre 2016.

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Olivier BAUBE
Agence France-Presse
ROME

Le président italien Sergio Mattarella débute jeudi des consultations pour trouver une issue à la crise politique, officiellement ouverte la veille avec la démission du chef du gouvernement Matteo Renzi, désavoué dimanche dans les urnes.

Le chef de l'État italien, arbitre de la situation créée par le non massif des Italiens à la réforme constitutionnelle, doit recevoir à partir du 18h00 (midi à Montréal) les présidents du Sénat Pietro Grasso, de la Chambre des députés Laura Boldrini et l'ancien président italien Giorgio Napolitano.

Vendredi, ces consultations se poursuivront avec des petits partis et mouvements régionalistes représentés au Parlement, avant la journée cruciale de samedi qui verra défiler au Quirinale, le siège de la présidence italienne, les principaux partis.

Première force politique représentée au Parlement, le Parti démocrate (PD, centre gauche) sera le dernier à être entendu. Matteo Renzi en est toujours le chef, mais il ne participera pas lui-même à ces consultations.

Il a indiqué mercredi devant la direction de son parti vouloir prendre un peu le large et rentrer en Toscane - où vit sa famille -, pour «organiser un concours de PlayStation» avec ses trois enfants.

Mais il a aussi semblé toujours aussi combatif, affirmant n'avoir «peur de personne» et surtout pas d'un vote anticipé.

Cette hypothèse est sur la table de travail du président italien, mais elle est loin d'avoir ses préférences.

Il semble avoir surtout à coeur d'assurer une transition ordonnée. Selon une indiscrétion transmise à la presse par des sources à la présidence, il a estimé qu'il était «inconcevable d'aller aux élections avant d'avoir rendu les modes de scrutin de la Chambre des députés et du Sénat homogènes».

Une loi adoptée en mai 2015, baptisée Italicum, prévoit un scrutin majoritaire pour la Chambre des députés, alors que l'échec de la réforme constitutionnelle maintient tous ses pouvoirs à un Sénat, élu à la proportionnelle, ce qui risque de rendre la création d'une coalition improbable et le pays ingouvernable.

«Élections immédiatement»

La Cour constitutionnelle, saisie d'une série de recours contre l'Italicum, doit se pencher sur la question le 24 janvier et pourrait édicter une règle du jeu que toutes les parties devront accepter.

L'autre hypothèse, évoquée aussi mercredi par Matteo Renzi, est celle d'un gouvernement d'union nationale soutenu par l'ensemble des forces politiques, qui pourrait rester en place jusqu'au terme de la législature en février 2018. Mais comme plusieurs d'entre elles se sont déjà prononcées pour des élections anticipées, cette éventualité semble peu probable.

«Nous réclamons des élections immédiatement, sinon nous inviterons les citoyens à descendre dans la rue», a lancé mercredi Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord, proche du Front National français.

Idem pour les populistes du Mouvement Cinq Étoiles (M5S), galvanisés après un vote ayant confirmé la vague de mécontentement née avec le Brexit et confirmée par l'élection de Donald Trump.

«Nous ne voulons pas discuter pendant des mois avec les partis sur la loi électorale», affirme l'un des ténors du M5S, Alessandro Di Battista, au quotidien allemand Die Welt, dans une interview reprise jeudi par le quotidien La Repubblica.

Un sondage effectué au lendemain du référendum, publié jeudi par le quotidien La Stampa, donne le PD toujours en tête avec 32,5% des voix, suivi du M5S à 27%.

Reste alors l'hypothèse d'un gouvernement «technique», soutenu par la majorité actuelle au Parlement pour préparer d'éventuelles élections anticipées. Certains experts, dont le politologue Giovanni Orsina de l'université Luiss de Rome, jugent d'ailleurs qu'un tel gouvernement pourrait tout à fait se prolonger jusqu'à 2018.

La plupart des 945 parlementaires italiens doivent absolument être encore en poste d'ici septembre, pour que s'ouvrent leurs droits à une retraite pleine. De quoi les inciter à «résister», relève la presse italienne.

En attendant, le «totopremier», jeu inspiré du loto sportif en vogue à chaque crise politique, va bon train. En tête, on trouve le président du Sénat et le ministre des Finances Pier Carlo Padoan.

Ce dernier, économiste réputé, aurait le mérite de rassurer les marchés, inquiets de la crise bancaire toujours pas résolue, au moment où l'agence de notation Moody's a annoncé avoir baissé la perspective de la note de la dette italienne.




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