Les prisons européennes, une «pépinière» pour djihadistes

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Une cour de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, photographiée en octobre 2015. La prison située en région parisienne est le plus grand centre pénitencier d'Europe.

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Agence France-Presse
LONDRES

Les prisons européennes sont devenues une « pépinière » pour les réseaux djihadistes qui privilégient le recrutement de criminels « prêts à l'emploi », indique une étude britannique publiée mardi.

L'émergence du groupe État islamique a renforcé les liens entre terrorisme et criminalité, souligne cette étude du Centre international d'étude de la radicalisation et de la violence politique (ICSR). Et les organisations extrémistes délaissent de plus en plus les écoles religieuses au profit des « ghettos » européens où ils peuvent trouver des candidats aguerris possédant déjà un passé criminel.

Les prisons en particulier offrent un réservoir « de jeunes hommes en colère » qui sont « prêts à l'emploi ». « Nous observons des radicalisations de plus en plus rapides en prison. Avoir été incarcéré pour des crimes violents facilite le passage à l'extrémisme violent », souligne Peter Neumann, directeur de l'ICSR et co-auteur du rapport. La familiarité pour certains détenus avec les armes et les circuits de financement occulte contribuent à la tendance, selon l'étude.

Pour étayer leur étude, les chercheurs de l'ICSR, basé au King's College de Londres, se sont penchés sur les profils de 79 djihadistes européens à s'être rendus à l'étranger pour combattre ou qui ont été impliqués dans des actes de terrorisme en Europe. Ils sont originaires de Belgique, du Danemark, de France, d'Allemagne, des Pays-Bas et de Grande-Bretagne.

On estime à 5000 le nombre d'Européens de l'Ouest à avoir rejoint, lors des cinq dernières années, des organisations djihadistes comme le Front al-Nosra (Al-Qaïda) ou l'État islamique pour combattre en Irak ou en Syrie.

Des personnes étudiées par l'ICSR, 57 % ont passé du temps en prison avant leur radicalisation et au moins 27 % de celles qui ont été incarcérées ont été radicalisées pendant leur séjour derrière les barreaux.

Certains ont vu dans le djihadisme un moyen de « rédemption », selon l'étude. Elle cite notamment Ali Almanasfi, un Londonien d'origine syrienne qui dit : « je veux faire quelque chose de bien pour une fois, quelque chose de pur ».

« Le groupe État islamique représente la brutalité, la force et la puissance que recherchent ces jeunes, souvent d'anciens membres de gangs, affirme Peter Neumann. L'EI leur dit en gros : vous pouvez continuer à faire toutes les choses que vous avez faites jusque-là. Mais cette fois, vous irez au paradis ».

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