Attentats déjoués à Paris: le commando de femmes inculpé

Les trois femmes avaient été interpellées jeudi soir... (Photo Reuters)

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Les trois femmes avaient été interpellées jeudi soir dans l'Essonne par les policiers lancés à leur recherche après la découverte quelques jours plus tôt, en plein coeur de Paris, d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz.

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Andrea BAMBINO, Sophie DEVILLER
Agence France-Presse
PARIS

La justice française a inculpé lundi trois femmes soupçonnées d'avoir voulu commettre un attentat sous l'influence d'un djihadiste français du groupe Etat islamique (EI), connu pour avoir téléguidé des attaques depuis la zone irako-syrienne, selon les enquêteurs.

Inès Madani, 19 ans, Sarah Hervouët, 23 ans, et Amel Sakaou, 39 ans, ont été mises en examen (inculpées) notamment pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et ont été écrouées, a annoncé le parquet de Paris.

Les trois femmes avaient été interpellées par la police jeudi soir dans le sud-est de Paris, à la suite de la découverte dans le centre de la capitale d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz.

La menace djihadiste ne retombe pas en France, frappée depuis 2015 par une série d'attentats qui ont fait 238 morts.

Un adolescent de 15 ans, soupçonné de vouloir passer à l'action avec une arme blanche, a également été présenté aux juges et inculpé lundi, deux jours après son arrestation à Paris. Il était assigné à résidence depuis avril pour sa radicalisation islamiste.

Point commun à ces deux dossiers, pensent les enquêteurs: les contacts entretenus sur internet par ces femmes et par ce mineur avec Rachid Kassim, 29 ans, un Français qui téléguide ses émules via Telegram.

Ce réseau de messagerie crypté, dont les forums de discussion ne sont accessibles que sur invitation, est considéré aujourd'hui comme l'un des moyens de communication préférés des djihadistes.

Selon les enquêteurs, Rachid Kassim aurait inspiré, de manière plus ou moins directe, les récents assassinats d'un couple de policiers en région parisienne, en juin, et d'un prêtre dans une église normande fin juillet. Pour l'attentat de Normandie, «c'est lui qui a mis en contact les deux tueurs et donné les consignes», affirment notamment des sources proches de l'enquête.

Rachid Kassim,  propagandiste très actif du groupe EI, parti de France en 2012 sur les terres du djihad, appelle depuis plus de six mois ses quelques 330 abonnés Telegram au meurtre, en détaillant modes opératoires et objectifs à attaquer. Ses messages se répandent via des dizaines de groupes pro-EI qui les relaient.

«Menace maximale»

La menace d'attentats djihadistes visant la France est «maximale», a de nouveau averti dimanche le premier ministre Manuel Valls, en assurant que des attentats étaient déjoués «tous les jours».

Le chef du gouvernement a également porté à environ 15 000, contre environ 10 000 jusqu'à présent, l'estimation du nombre de personnes radicalisées en France.

Pour les enquêteurs, il ne fait aucun doute que les trois femmes, après l'échec de l'attaque à la voiture piégée, comptaient passer à l'action: le commando entendait «clairement (...) commettre un attentat», a déclaré vendredi le procureur François Molins.

Ces trois femmes, dont les deux plus jeunes étaient connues des services pour leur radicalisation et leur volonté de rejoindre la Syrie, envisageaient notamment de frapper des gares de Paris et de sa région. Elles prévoyaient de se procurer des ceintures explosives ou de lancer des voitures contre des bâtiments, selon des sources proches de l'enquête.

Les policiers ont trouvé au domicile de l'une d'entre elles sept bouteilles en verre, «ce qui pourrait s'apparenter à des mèches artisanales en papier» et dans son véhicule «deux jerricans de cinq litres avec des résidus de carburant», a détaillé le procureur.

Lors de son interpellation, l'une des trois femmes radicalisées, Sarah Hervouët, a attaqué l'un des policiers en lui assénant un coup de couteau, le blessant à l'épaule. Inès Madani s'est lancée sur un autre fonctionnaire, couteau à la main, avant d'être blessée par le policier.

Samedi, une première suspecte, Ornella Gilligmann, 29 ans, une convertie radicalisée, avait été écrouée dans l'enquête sur la voiture remplie de bonbonnes de gaz.

D'après son récit, elle a échoué à mettre le feu au véhicule avec Inès Madani, avant de fuir à la vue d'un homme pris pour un policier en civil. Les modalités de l'attaque à la voiture piégée correspondent aux consignes dispensées par Rachid Kassim via internet.

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