L'Écosse réclamera à nouveau son indépendance en cas de Brexit

L'ancien premier ministre d'Écosse (2007-2014) Alex Salmond fut le... (PHOTO LEON NEAL, AFP)

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L'ancien premier ministre d'Écosse (2007-2014) Alex Salmond fut le tonitruant leader de la campagne pour le oui à l'indépendance lors du référendum d'autodétermination organisé en Écosse le 18 septembre 2014, remporté par le non (55 %).

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Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
LONDRES

Un Brexit pourrait-il déclencher un nouveau référendum d'indépendance en Écosse ? Oui, répond à l'AFP Alex Salmond, ténor du parti nationaliste écossais SNP (gauche), si la région septentrionale du Royaume-Uni vote, elle, pour rester dans l'Union européenne.

Député au Parlement de Westminster, porte-parole du groupe parlementaire SNP pour les affaires étrangères, Alex Salmond, 61 ans, milite, comme son parti, pour le maintien dans l'UE.

Cet ancien premier ministre d'Écosse (2007-2014) fut le tonitruant leader de la campagne pour le oui à l'indépendance lors du référendum d'autodétermination organisé en Écosse le 18 septembre 2014, remporté par le non (55 %).

Question : Pensez-vous que les Britanniques sont prêts à quitter le giron européen lors du référendum du 23 juin, à plonger dans l'inconnu ?

Réponse : «Ce sera comme le général Wellington décrivait la bataille de Waterloo : un résultat extrêmement serré.»

«Le problème dans cette affaire, alors que le camp du maintien dans l'UE devrait largement l'emporter, c'est l'approche du premier ministre David Cameron, qui mène une campagne alarmiste en disant : mon dieu, si nous quittons l'UE, plus personne ne voudra faire des affaires avec nous, le monde s'écroulera.»

«Mais c'est, pour l'essentiel, un mensonge. Certes, quitter l'UE entraînerait des difficultés économiques, mais ce ne serait pas non plus une catastrophe». Le danger avec la rhétorique du premier ministre, c'est que «le résultat peut être influencé par des événements à court terme comme, dieu nous en garde, le terrorisme ou une crise de réfugiés majeure».

«La bonne approche pour mener une campagne susceptible de soulever l'enthousiasme pour l'Europe consiste plutôt à dire : voilà l'Europe que nous pouvons construire, voilà l'Europe dont nous pouvons rêver.»

Q : Un Brexit pourrait-il déclencher un nouveau référendum d'autodétermination en Écosse, quand bien même David Cameron a écarté cette possibilité ?

R : «Nicola Sturgeon (chef du SNP, NDLR) a indiqué que si nous étions mis à la porte de l'Europe contre notre volonté, cela constituerait un changement de circonstances qui conduirait à un nouveau référendum.»

«C'est pourquoi je crois que si ces circonstances sont réunies, il y aura un référendum pour quitter (le Royaume-Uni) dans le délai de deux ans (...) prévu par le traité de Lisbonne» pour négocier la sortie d'un État membre de l'UE.

«Si vous dites aux Écossais «regardez, nous pouvons être indépendants et faire partie du firmament européen, ou nous pouvons partir à la dérive dans l'Atlantique Nord avec un gouvernement conservateur», je pense qu'ils choisiront l'indépendance.»

Q : David Cameron a exclu de démissionner en cas de Brexit. Pensez-vous malgré tout qu'une sortie de l'UE scellerait son sort ?

R : «C'est une évidence. En fait, je crois même qu'il devra quitter ses fonctions quel que soit le résultat du référendum. Si c'est un vote pour sortir de l'Union européenne, il sera cuit, fini, terminé.»

«Mais, et c'est encore plus intéressant, je crois qu'il sera tout aussi fini en cas de maintien dans l'UE», notamment «parce qu'il y aura un énorme ressentiment à cause de la nature de la campagne, et des gens qui ont été intimidés, menacés» au sein de parti conservateur, divisé entre europhiles et eurosceptiques.

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