Le PKK prêt à «intensifier» le combat contre la Turquie

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«Les Kurdes se défendront jusqu'au bout, et tant que ce sera l'approche de la Turquie, alors bien sûr le PKK intensifiera la guerre», a déclaré Cemil Bayik, chef militaire de cette organisation classée «terroriste» par Ankara, Washington et l'UE, dans une interview accordée à la BBC.

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Agence France-Presse
ISTANBUL

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est prêt à «intensifier» les combats contre les forces de sécurité turques, a affirmé son chef militaire à la BBC, accusant le président Recep Tayyip Erdogan de provoquer une «escalade».

«Les Kurdes se défendront jusqu'au bout, et tant que ce sera l'approche de la Turquie, alors bien sûr le PKK intensifiera la guerre», a déclaré Cemil Bayik, chef militaire de cette organisation classée «terroriste» par Ankara, Washington et l'UE, dans cette interview diffusée lundi.

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, le conflit kurde a repris l'été dernier et sonné le glas des pourparlers de paix engagés à l'automne 2012 par le gouvernement avec le PKK pour mettre un terme à une rébellion qui a fait 40 000 morts depuis 1984.

Les autorités turques ont rejeté ces dernières semaines l'idée d'une nouvelle trêve, le président Erdogan estimant qu'il n'y avait qu'une solution : «arracher le PKK de cette terre, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus la moindre trace».

Réagissant à la diffusion de l'interview de M. Bayik par la BBC, le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a estimé qu'«aller rencontrer ici ou là les dirigeants du PKK et ensuite présenter leurs revendications comme raisonnables et légitimes, ce n'est rien d'autre que fournir une aide indirecte à leur propagande».

Le sud-est à majorité kurde de la Turquie vit à nouveau au rythme des combats quotidiens entre forces de sécurité turques et rebelles. Plus de 350 soldats ou policiers en ont été victimes, selon les autorités, qui évoquent un chiffre invérifiable de plus de 5000 morts dans les rangs du PKK.

Lundi encore, deux soldats turcs ont été tués et deux autres blessés par l'explosion d'une bombe artisanale à Nusaybin (sud-est), où de jeunes militants du PKK ont dressé des barricades et proclamé l'«autonomie».

Réfutant les accusations de visées séparatistes, M. Bayik, basé dans le Kurdistan d'Irak, a dit à la BBC : «Nous voulons vivre à l'intérieur des frontières turques sur nos propres terres en liberté. La lutte continuera jusqu'à ce que les droits naturels des Kurdes soient acceptés».

Les combats entre l'armée et le PKK ont tué des dizaines de civils et provoqué l'exode de dizaines de milliers d'autres.

Le pays tout entier vit depuis plusieurs mois en état d'alerte en raison d'une série d'attaques attribuées au groupe djihadiste État islamique (EI) ou liées au conflit kurde. Quatre attentats ont à eux seuls fait 79 morts en 2016 à Istanbul et Ankara.

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