La Serbie poursuit son rapprochement avec l'Europe

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Homme fort de la Serbie depuis quatre ans, volontiers taxé de populisme et d'autoritarisme par ses opposants, ce scrutin permet à Aleksandar Vucic d'affermir son emprise sur le pouvoir.

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Jovan MATIC, Nicolas GAUDICHET
Agence France-Presse
Belgrade

Le premier ministre Aleksandar Vucic a obtenu dimanche le plébiscite recherché dans des législatives convoquées pour poursuivre librement le rapprochement de la Serbie avec l'Union européenne, rejeté par une extrême droite de retour au Parlement.

Lui accordant environ la moitié des suffrages (entre 49% et 52,6% selon les instituts), les estimations en fin de soirée étaient sans équivoque sur le triomphe sans partage de Vucic et du SNS (parti du Progrès, centre-droit), qui obtiendra plus de la moitié des 250 sièges.

Le tribun d'extrême droite, Vojislav Seselj (Radicaux, SRS), retrouvera son siège au Parlement. Mais avec entre 7,4% et 8,1% annoncés, il reste loin derrière Aleksandar Vucic, tout comme les socialistes du SPS (centre-gauche), deuxième force du pays (11,1% à 12,9%), dont le patron, Ivica Dacic a évoqué le «tsunami politique d'Aleksandar Vucic».

Ces résultats «représentent un puissant soutien à notre démocratie, nos réformes et aux intégrations européennes», «les gens ont dit qu'ils ne veulent pas revenir vers le passé», a commenté Aleksandar Vucic.

«Un gouvernement fort peut mener les réformes nécessaires et bénéfiques pour l'avenir du pays, de son économie, et de ses citoyens», s'est de son côté félicité le commissaire européen à l'élargissement Johannes Hahn.

Homme fort de la Serbie depuis quatre ans, volontiers taxé de populisme et d'autoritarisme par ses opposants, ce scrutin permet à Vucic d'affermir son emprise sur le pouvoir. Et lui donne mandat pour poursuivre les négociations entamées en décembre avec l'UE.

Les listes anti-UE et «pro-Russes», celles de Vojislav Seselj et des souverainistes de DSS-Dveri, remportent ensemble environ 12%. S'il touche la corde sensible de beaucoup des 6,7 millions d'électeurs, ce thème ne les a pas détournés de Vucic.

Seselj a concédé qu'il n'était «pas satisfait» de ce résultat. Récemment acquitté par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), il s'est toutefois posé en opposant numéro 1 à Aleksandar Vucic: «Nous pourrons au parlement montrer que nous sommes supérieurs à tous nos adversaires politiques.»

Vojislav Seselj fut son mentor en politique, jusqu'à la mue subite en 2008 d'Aleksandar Vucic, quand cet ex-ministre de Slobodan Milosevic a tourné le dos à ses années d'ultra-nationalisme.

Seselj prédit des élections rapides

«L'entrée du SRS au Parlement ne changera pas grand chose», renchérit le politologue Cvijetin Milivojevic. «Vojislav Seselj, qui a de fait fait revivre ce parti, sera là. Les débats seront plus animés...»

Aleksandar Vucic sait toutefois que la pérennité de sa popularité dépendra de ses résultats économiques. Il s'est engagé auprès des Occidentaux à privatiser de larges pans de l'économie et a dû baisser les retraites et les traitements des fonctionnaires, dans un pays où le niveau de vie reste faible et où le chômage flirte avec les 20%. Dimanche, il a dit s'attendre à une croissance de «2, 3, voire 4%».

«La situation en Serbie est tellement difficile que nous pouvons nous attendre très vite à de nouvelles élections, peut-être même dans deux ans», a d'ailleurs prédit Vojislav Seselj.

«J'espère une victoire de ceux qui créeront des emplois, pour nous permettre de rester là et de ne plus partir partout en Europe en quête d'une vie meilleure», résumait Edib Mahmutovic, un ouvrier de 40 ans de Novi Pazar, capitale de la région majoritairement musulmane du Sandzak, dans le sud de la Serbie.

En présence d'observateurs internationaux, le scrutin s'est déroulé sans incidents majeurs, y compris au Kosovo, où la minorité serbe votait et s'inquiète parfois des intentions d'Aleksandar Vucic: Milovan Ilic, un retraité de 73 ans de Mitrovica, espère que le nouveau gouvernement «ne nous bradera pas».

Ancienne province de Serbie, considérée par de nombreux Serbes comme le coeur historique de leur nation, le Kosovo, majoritairement peuplé d'Albanais musulmans, a déclaré son indépendance en 2008. Belgrade exclut de la reconnaître et a inscrit dans la Constitution que le Kosovo était partie intégrante de la Serbie.

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