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Projet d'attentat déjoué en France: quatre suspects et des ramifications européennes

La police néerlandaise patrouille dans les rues de... (Photo Bart Maat, archives AFP)

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La police néerlandaise patrouille dans les rues de La Hague.

Photo Bart Maat, archives AFP

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Sophie DEVILLER, Katell PRIGENT, Maude BRULARD
Agence France-Presse
Paris et La Haye

L'enquête sur le projet d'attentat déjoué jeudi en France révèle des connexions européennes : après deux hommes inculpés en Belgique, un Français a été interpellé dimanche aux Pays-Bas, tous trois soupçonnés d'avoir été en lien avec le principal suspect, Reda Kriket.

Cette affaire est distincte de l'enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris (130 morts) et du 22 mars à Bruxelles (31 morts), tous revendiqués par le groupe djihadiste État islamique (EI), même si certains liens entre des protagonistes ont pu être établis.

Reda Kriket, ex-braqueur de 34 ans, a été arrêté jeudi à Boulogne-Billancourt (banlieue parisienne). Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait ensuite annoncé qu'un projet d'attentat « à un stade avancé » avait été déjoué, sans donner plus de précisions. Plusieurs fusils d'assaut, dont des kalachnikovs, et des explosifs avaient également été découverts dans un appartement d'une autre ville de banlieue.

Depuis, l'enquête progresse rapidement et s'étend à plusieurs pays européens.

Arrestation aux Pays-Bas

Dimanche, Anis B., un Français de 32 ans, né à Montreuil (banlieue parisienne) et domicilié dans le département du Val-de-Marne limitrophe de Paris, a été interpellé à Rotterdam, aux Pays-Bas. Cet homme, qui a séjourné en Syrie, est soupçonné d'avoir été mandaté par l'EI pour commettre un attentat en France avec Reda Kriket, a indiqué une source policière.

« Il a été arrêté à la suite d'un mandat d'arrêt européen délivré vendredi par les juges d'instruction français », selon une source judiciaire. Il sera livré à la France « sous peu » pour y être entendu, a indiqué de son côté le parquet néerlandais.

Trois autres suspects, dont deux hommes de 43 et 47 ans d'origine algérienne, ont également été interpellés à Rotterdam, où ont eu lieu plusieurs perquisitions.

Deux inculpés en Belgique

L'enquête s'est aussi rapidement orientée vers la Belgique.

Deux hommes, Abderamane A. et Rabah N., arrêtés vendredi dans le centre de Bruxelles, ont été inculpés pour « participation aux activités d'un groupe terroriste » et placés en détention provisoire.

Né en 1977 en Algérie, Abderamane A., dont l'inculpation a été annoncée dimanche, est connu des services antiterroristes.

Considéré comme « un volontaire djihadiste », il avait été condamné en 2005 à sept ans de prison et à une interdiction définitive du territoire français, pour avoir aidé deux militants tunisiens à assassiner le commandant Ahmad Shah Massoud en Afghanistan le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats meurtriers du réseau Al-Qaïda aux États-Unis.

Si cette affaire est distincte de l'enquête sur les attentats de Paris et Bruxelles, des relations ont toutefois pu être établies.

Kriket avait été condamné par contumace l'an dernier en Belgique dans le procès d'une filière djihadiste vers la Syrie, dont l'un des principaux prévenus n'était autre que le Belge Abdelhamid Abaaoud, figure des djihadistes francophones de l'EI et un des organisateurs présumés des attentats parisiens.

Cette filière était dirigée par un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, le « plus grand recruteur de candidats au djihad » en Belgique, d'après les autorités belges.

Kriket avait écopé de 10 ans de prison par défaut. L'enquête avait mis en lumière son rôle de financier de la filière Zerkani : il reversait une partie de ses braquages et activités de recel, au nom du principe musulman de la Ghanima (le partage du butin de guerre).

Kriket est toujours en garde à vue en France. Celle-ci peut durer jusqu'à lundi, voire mercredi en cas de menace d'attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale.

Dimanche soir, le ministre Bernard Cazeneuve, soulignant de nouveau le « contexte de menace très élevée » en France, s'est félicité dans un communiqué de « la coopération » avec les partenaires européens dans cette enquête.

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