Coalition indépendantiste en Catalogne: Artur Mas cède sa place comme chef

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Le retrait de la candidature du conservateur Artur Mas, président indépendantiste de la région depuis quatre ans, sort de l'impasse les deux formations séparatistes qui, ces trois derniers mois, avaient été incapables de s'entendre.

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Daniel BOSQUE, Laurence BOUTREUX
Agence France-Presse
Barcelone et Madrid

Les indépendantistes catalans ont fait taire leurs divisions, samedi, pour pouvoir former un gouvernement et progresser vers la sécession d'avec l'Espagne, en sacrifiant la candidature du controversé président régional sortant, Artur Mas.

Le gouvernement conservateur espagnol a immédiatement réagi à cet accord en insistant dans un communiqué sur la nécessité de former un gouvernement qui « dispose d'une base parlementaire ample », notamment pour « faire face au défi indépendantiste ».

Les conservateurs tentent de former une coalition pour rester au pouvoir après avoir perdu la majorité absolue au parlement lors des élections législatives de décembre.

Le retrait de la candidature du conservateur Artur Mas, président indépendantiste de la région depuis quatre ans, sort de l'impasse les deux formations séparatistes qui, ces trois derniers mois, avaient été incapables de s'entendre.

L'accord, qui « n'était pas prévu il y a 24 heures » selon M. Mas, a été conclu après une ultime journée de tractations, avant qu'expire le délai pour la formation d'un gouvernement, dimanche à minuit.

« Je fais un pas de côté et je ne me présente pas comme candidat de Junts pel Si [Ensemble pour le Oui] à la réélection à la présidence du gouvernement régional », a déclaré M. Mas devant la presse.

Assurant qu'il se sentait « très tranquille » et non pas humilié, il a dit avoir pris cette décision « douloureuse » pour lui, « en mettant au-dessus de tout l'intérêt du pays », sa région méditerranéenne aux 7,5 millions d'habitants.

« Si je le pouvais, je devais sauver le processus » indépendantiste, a plaidé - très solennel - le président sortant, dont le bilan était rejeté par une partie des séparatistes, surtout les plus à gauche.

Une session du parlement régional doit être convoquée pour un vote d'investiture dimanche du nouveau candidat à la présidence de la région, Carles Puigdemont, 53 ans.

Membre du parti de centre-droit de M. Mas, Puigdemont est maire de la ville de Girone, à une centaine de kilomètres au nord de Barcelone. Journaliste de profession, il siège depuis 2006 au parlement régional et préside l'association des municipalités pour l'indépendance.

« Il est bien clair pour lui que la Catalogne est une nation qui a le droit à décider de son avenir », a dit M. Mas, qui réclame depuis des années un référendum d'autodétermination, systématiquement refusé par Madrid.

« Consolider la République catalane »

Avec ses 10 sièges au parlement régional, la petite formation indépendantiste d'extrême gauche Candidature d'unité populaire (CUP) refusait de reconduire Artur Mas à la tête de la région, lui reprochant les politiques d'austérité des quatre dernières années et la corruption de son parti.

Dans un communiqué samedi soir, elle a « confirmé l'accord pour une présidence de consensus », promettant d'investir le nouveau candidat proposé.

Le camp séparatiste évite ainsi de nouvelles élections - les quatrièmes dans la région en un peu plus de cinq ans - qui auraient pu l'affaiblir.

Un nouveau scrutin aurait mis en péril la majorité absolue dans l'hémicycle catalan qu'ils avaient obtenue pour la première fois le 27 décembre, avec 72 sièges sur 135 et seulement 47,8 % des voix.

Leur projet reste d'amener la Catalogne à se séparer de l'Espagne en 2017 au plus tard.

« Dans les 18 mois, nous devons consolider la République catalane et c'est que nous cherchons à garantir par cet accord », a expliqué une députée de la CUP, Eulalia Reguant.

Le 9 novembre, les parlementaires catalans avaient adopté une résolution annonçant le lancement du processus d'indépendance et l'insoumission aux institutions de l'État espagnol. La résolution a été annulée quelques semaines plus tard par la Cour constitutionnelle, que les indépendantistes ne reconnaissent plus.

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