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Tragédie de Puisseguin: le camion s'est «déporté», un réservoir «transpercé»

Des enquêteurs s'affairent à déplacer les carcasses d'un... (PHOTO MEHDI FEDOUACH, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Des enquêteurs s'affairent à déplacer les carcasses d'un autobus et d'un camion à Puisseguin, vestiges de la tragédie routière qui a fait 43 morts vendredi.

PHOTO MEHDI FEDOUACH, AGENCE FRANCE-PRESSE

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Jordane Bertrand
Agence France-Presse
PUISSEGUIN

«Camion déporté sur la gauche» et «réservoir transpercé» par une pièce métallique: le procureur de Libourne a livré lundi de premières explications à l'accident meurtrier de Puisseguin, où une collision entre un camion et un autocar a fait 43 morts le 23 octobre.

Proches et familles des victimes ont été reçus à huis clos à l'Hôtel de Ville de Libourne par le procureur Christophe Auger pour un premier point sur l'enquête, car «l'essentiel, c'est que l'information aille en priorité aux familles des victimes», a noté le parquet. Le responsable de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), Patrick Touron, et le chef de la Section de recherches de la gendarmerie de Bordeaux y ont assisté.

Lors de la conférence de presse qui a suivi, le procureur a souligné «qu'au stade actuel des investigations et sur la base d'éléments objectifs tirés de la procédure, ces hypothèses ne portent, en l'état, aucune appréciation sur des charges susceptibles d'être retenues contre quiconque».

Le magistrat a précisé que les huit rescapés de l'accident, dont le chauffeur du car, avaient été entendus par les enquêteurs. Les «analyses toxicologiques et d'imprégnation alcoolique» pratiquées sur le conducteur du car «se sont avérées négatives».

Le scénario possible de l'accident, modélisé en 3D par les gendarmes pour les besoins de l'enquête, présenté d'abord aux familles, a été ensuite montré à la presse par Patrick Touron.

L'identification des victimes pourrait être finalisée d'ici à «une dizaine de jours» et le procureur compte ouvrir une information judiciaire pour «homicide involontaire par conducteur de véhicule terrestre» d'ici à la fin de la semaine prochaine.

Auparavant, pendant près de quatre heures lundi sur le site de l'accident, d'où avaient été enlevés les 43 corps dès dimanche soir, les gendarmes ont retiré les épaves du car et du camion entrés en collision. Une poignée de gendarmes scientifiques ont procédé ensuite aux derniers relevés d'indices.

Les corps des 43 victimes avaient été transférés à l'Institut médico-légal de Bordeaux, où ils ont été examinés par les médecins légistes du CHU en vue de prélèvements terminés dimanche soir, a précisé lundi le CHU dans un communiqué. Ces prélèvements ont été envoyés à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), au laboratoire de l'IRCGN chargé de l'identification formelle des victimes.

Le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, a annoncé lundi sur France Info la nomination rapide d'un «coordonnateur national» chargé de «l'accompagnement des familles» des victimes, qui devra «les réunir régulièrement pour leur dire où en est l'enquête».

«Hommage républicain»

Dans l'Orne, lundi en fin de journée, quelque deux cents personnes ont rendu hommage, en l'église du village de Saint-Germain-de-Clairefeuille, au chauffeur du camion, Cyril Aleixandre, 31 ans, et à son petit garçon Théo, 3 ans, tous deux morts dans la collision avec l'autocar.

En Gironde, les préparatifs étaient en cours à Puisseguin et Petit-Palais-et-Cornemps, commune d'origine de plusieurs victimes, pour «l'hommage républicain» qui sera rendu mardi matin aux morts par le président François Hollande et le gouvernement. Un chapiteau blanc a été dressé sur le terrain municipal de football.

Seront également présents le premier ministre Manuel Valls, les ministres Bernard Cazeneuve (Intérieur), Ségolène Royal (Écologie) et Marisol Touraine (Santé), les secrétaires d'État Alain Vidalies et Laurence Rossignol (Famille et Personnes âgées).

Lors de la cérémonie, six maires de communes endeuillées prendront la parole. Parmi eux, Patricia Raichini, maire de Petit-Palais, personnellement frappée dans la catastrophe par la perte de trois belles-soeurs.

Dimanche, une cérémonie de recueillement et une marche silencieuse, réunissant près de 5000 personnes du village et des communes avoisinantes, avaient été organisées dans le petit bourg viticole.

Le député du Pati socialiste de la circonscription girondine locale, Florent Boudié, a demandé au député écologiste Noël Mamère de «ne pas venir à l'hommage» aux victimes, après la polémique déclenchée par le maire de Bègles. Le 23 octobre, Noël Mamère avait fait un lien entre l'accident et la loi de libéralisation du transport de passagers par cars, portée par le ministre de l'Économie Emmanuel Macron. Cité dans Sud Ouest lundi, Noël Mamère a fait savoir qu'il ne viendrait pas.

L'accident de Puisseguin est le plus meurtrier en France depuis celui de Beaune en 1982, qui avait tué 53 personnes, pour la plupart des enfants.

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