Le PKK revendique le meurtre de deux policiers turcs

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Des membres des forces de sécurité turques montent la garde devant l'immeuble où deux policiers assassinés par des éléments du PKK ont été retrouvés, à Ceylanpinar, le 22 juillet.

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Fulya OZERKAN
Agence France-Presse
ANKARA

Les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont tué mercredi deux policiers turcs en représailles à l'attentat suicide contre des militants prokurdes attribué au groupe Etat islamique (EI), renforçant les craintes d'une contagion du conflit syrien à la Turquie.

Deux jours après l'attaque qui a fait 32 morts et une centaine de blessés à Suruç (sud), le mouvement kurde a expliqué avoir symboliquement visé les deux agents des forces de l'ordre, représentants de l'État turc, pour avoir «coopéré» avec les jihadistes.

Les deux policiers ont été retrouvés morts, exécutés d'une balle en pleine tête à leur domicile de Ceylanpinar, à la frontière syrienne.

«Une action punitive a été conduite (...) contre deux policiers qui coopéraient avec le gang de Daesh (l'acronyme arabe de l'EI) à Ceylanpinar», a revendiqué sur son site internet la branche armée du PKK, les Forces de défense du peuple (HPG).

Le porte-parole du gouvernement Bülent Arinç a dénoncé «une attaque terroriste perpétrée par une organisation terroriste».

L'attentat de Suruç a visé un groupe de jeunes militants proches de la cause kurde qui souhaitaient participer à la reconstruction de Kobané. Située à quelques kilomètres de Suruç, cette ville syrienne a été largement détruite par les violents combats qui se sont soldés en janvier par la victoire des milices kurdes sur l'EI.

Dans les heures qui ont suivi l'attaque, le gouvernement islamoconservateur turc l'a attribué au groupe Etat islamique.

L'opération du PKK, qui menace de faire voler en éclats le processus de paix engagé avec Ankara en 2012, intervient alors que le conseil des ministres s'est longuement réuni mercredi pour préparer le renforcement de son dispositif de surveillance frontalier.

Depuis deux jours, les détracteurs du régime turc l'accusent d'être pour partie responsable des événements de Suruç, dénonçant sa mauvaise évaluation du risque djihadiste voire, pour les plus virulents, sa complaisance pour le groupe EI.

«Le gouvernement actuel a toujours jusqu'à présent combattu le terrorisme et il ne fera jamais de compromis avec lui», a répété le premier ministre Ahmet Davutoglu mardi soir sur Twitter.

Même si elle est membre de la coalition antidjihadiste, la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan est jusque-là restée l'arme au pied face à l'EI. Elle a notamment refusé d'intervenir en soutien des milices kurdes de Syrie, par crainte de voir se constituer une région autonome hostile dans le nord de la Syrie.

Le «kamikaze» identifié

Ankara a toutefois récemment commencé à s'attaquer aux filières qui permettent aux recrues djihadistes de rallier la Syrie via son territoire.

Le président américain Barack Obama et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan se sont téléphoné mercredi pour évoquer les guerres en Syrie et en Irak et le combat contre le groupe Etat islamique, a rapporté la Maison-Blanche.

Les deux dirigeants ont évoqué une «coopération qui se poursuit et s'intensifie dans le combat contre le groupe EI, leurs efforts communs pour ramener la sécurité et la stabilité en Irak, ainsi qu'une résolution politique du conflit en Syrie», a indiqué l'exécutif américain dans un communiqué.

Depuis lundi, des manifestations, réprimées par la police, ont agité les grandes villes turques pour dénoncer la politique syrienne d'Ankara. Le principal parti kurde de Turquie a appelé à un nouveau rassemblement dimanche après-midi à Istanbul.

Dans ce contexte tendu, l'attaque revendiquée par le PKK mercredi relève vise à «faire passer un message au gouvernement turc», a analysé Max Abrahms, du centre d'études américain Council on Foreign Relations.

«Cette violence vise à faire comprendre aux responsables turcs qu'ils sont menacés s'ils continuent à aider l'EI aux dépens des Kurdes», a déclaré M. Abrahms à l'AFP, «le gouvernement se retrouve désormais sous forte pression, contraint à s'attaquer aux djihadistes sans que les Kurdes n'en profitent».

Les autorités turques ont par ailleurs annoncé mercredi avoir formellement identifié le «kamikaze» de Suruç.

Le jeune homme, identifié sous les initiales S.A.A., a rejoint les rangs du groupe EI il y a deux mois seulement, d'après la presse turque.

Selon la presse, les autorités turques enquêtent sur d'éventuels liens entre l'attaque meurtrière de Suruç et un autre attentat qui avait fait 4 morts et plusieurs dizaines de blessés lors d'une réunion publique du principal parti kurde de Turquie le 5 juin dernier à Diyarbakir (sud-est), deux jours avant les élections législatives.

Le quotidien Hürriyet a affirmé mercredi que le mécanisme de l'engin explosif était identique dans les deux cas et que les auteurs présumés de ces deux attaques avaient rejoint les rangs djihadistes au même moment.

À la demande du gouvernement, un juge turc a interdit mercredi la diffusion sur internet des images, souvent insoutenables, prises juste après l'explosion par les témoins, abondamment partagées sur les réseaux sociaux depuis deux jours.

Cette mesure a ravivé chez les internautes les craintes d'un nouveau d'un nouveau blocage de Twitter par le gouvernement islamoconservateur turc, qui s'est attiré les vives critiques des défenseurs des libertés pour l'avoir ordonné à plusieurs reprises.

Le «kamikaze» identifié
Ankara a toutefois récemment commencé à s'attaquer aux filières qui permettent aux recrues djihadistes de rallier la Syrie via son territoire.
Depuis lundi, des manifestations, réprimées par la police, ont agité les grandes villes turques pour dénoncer la politique syrienne d'Ankara. Le principal parti kurde de Turquie a appelé à un nouveau rassemblement dimanche après-midi à Istanbul.
Dans ce contexte tendu, l'attaque revendiquée par le PKK mercredi relève vise à «faire passer un message au gouvernement turc», a analysé Max Abrahms, du centre d'études américain Council on Foreign Relations.
«Cette violence vise à faire comprendre aux responsables turcs qu'ils sont menacés s'ils continuent à aider l'EI aux dépens des Kurdes», a déclaré M. Abrahms à l'AFP, «le gouvernement se retrouve désormais sous forte pression, contraint à s'attaquer aux djihadistes sans que les Kurdes n'en profitent».
Les autorités turques ont par ailleurs annoncé mercredi avoir formellement identifié le «kamikaze» de Suruç. «Nous confirmons sur la base des analyses génétiques pratiquées que l'auteur de l'attaque est un homme de 20 ans originaire d'Adiyaman» (sud-est), a déclaré à l'AFP un responsable turc sous couvert de l'anonymat.
Le jeune homme, identifié sous les initiales S.A.A., a rejoint les rangs du groupe EI il y a deux mois seulement, d'après la presse turque.
Selon la presse, les autorités turques enquêtent sur d'éventuels liens entre l'attaque meurtrière de Suruç et un autre attentat qui avait fait 4 morts et plusieurs dizaines de blessés lors d'une réunion publique du principal parti kurde de Turquie le 5 juin dernier à Diyarbakir (sud-est), deux jours avant les élections législatives.
Le quotidien Hürriyet a affirmé mercredi que le mécanisme de l'engin explosif était identique dans les deux cas et que les auteurs présumés de ces deux attaques avaient rejoint les rangs djihadistes au même moment.
A la demande du gouvernement, un juge turc a interdit mercredi la diffusion sur internet des images, souvent insoutenables, prises juste après l'explosion par les témoins, abondamment partagées sur les réseaux sociaux depuis deux jours.
Cette mesure a ravivé chez les internautes les craintes d'un nouveau d'un nouveau blocage de Twitter par le gouvernement islamoconservateur turc, qui s'est attiré les vives critiques des défenseurs des libertés pour l'avoir ordonné à plusieurs reprises.
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