De multiples hypothèses pour expliquer l'écrasement

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L'accident survenu mardi dans le sud-est de la France a fait 150 morts.

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Delphine TOUITOU
Agence France-Presse
PARIS

Panne technique, erreur de pilotage, acte terroriste, toutes les hypothèses sont envisagées pour expliquer l'accident d'un Airbus A320 de Germanwings, survenu mardi dans le sud-est de la France et qui a fait 150 morts.

Appel de détresse: «L'équipage n'a pas émis de 'mayday' (appel de détresse). C'est le contrôle aérien qui a décidé de déclarer l'avion en détresse car il n'avait plus aucun contact avec l'équipage et l'avion», selon la Direction générale de l'aviation civile. «C'est la conjonction de la perte de contact radio et de la mise en descente qui a conduit les services de contrôle à déclencher la phase de détresse à 9:30 TU (soit 10:30 locales)», a-t-elle expliqué.

«Le mayday est généralement prononcé trois fois par le pilote. L'équipage donne l'indicatif de l'avion et demande éventuellement une aide au contrôle aérien. Les contrôleurs, de leur côté, peuvent dégager l'espace aérien pour permettre à l'équipage en danger de se concentrer sur la situation problématique, sans s'occuper de l'environnement immédiat. L'absence de mayday ouvre la voie à toutes les hypothèses», estime un expert aéronautique, ancien enquêteur du Bureau d'enquêtes et d'analyse (BEA).

Quelles sont les principales hypothèses?

«À ce stade, aucune hypothèse ne peut bien sûr être écartée», a affirmé lui-même le premier ministre, Manuel Valls.

Seuls la récupération des enregistreurs de vol (boîtes noires) et un travail minutieux sur les débris et les corps permettront d'élaborer le scénario de l'accident.

«Pour le moment, cela peut être un problème technique, un problème non technique, une réaction inadéquate de l'équipage à une situation délicate comme dans le cas de l'AF447» Rio-Paris, résume l'ancien enquêteur.

Peut-on exclure un attentat?

«Une scène apocalyptique», a décrit aux Échos le député des Alpes-de-Haute-Provence Christophe Castaner, alors que quelques minutes auparavant, il survolait les lieux de l'écrasement en hélicoptère en compagnie du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. «Il ne reste rien que des débris et des corps», a-t-il dit, tout en assurant que la «piste terroriste n'est pas du tout privilégiée».

Si les débris sont concentrés sur une zone circonscrite, il est hautement improbable que l'accident soit la conséquence d'un attentat par explosion.

«Si un avion explose en vol, les débris sont en effet répartis sur plusieurs kilomètres comme cela a été le cas de l'avion de la Malaysia (Airlines) en Ukraine», ajoute l'expert.

Cela n'écarte pas pour autant la piste d'un déroutement d'avion qui se serait terminé par un écrasement. Là encore, seuls l'inspection de l'épave et le décryptage des enregistreurs pourraient exclure ou non un déroutement.

Une collision?

Aucun autre avion militaire ou avion de tourisme n'ayant été porté disparu, cette hypothèse semble peu probable.

L'ancienneté de l'avion a-t-il pu être un facteur de l'accident?

Ce n'est pas l'âge de l'avion qui détermine son degré de fiabilité et de sécurité. Dans l'aviation légère, certains appareils datent de la Seconde Guerre mondiale et sont aussi fiables que les avions de dernière génération. Tout dépend de leur maintenance.

«Les avions des compagnies sérieuses sont suivis de façon très régulière. Ils sont inspectés par les pilotes avant chaque vol, ils sont soumis à des inspections plus poussées en fonction d'un calendrier précis», soulignent les constructeurs.

L'Airbus de Germanwings avait, lui, subi une grande révision «à l'été 2013», a annoncé un dirigeant de la compagnie, Thomas Winkelmann.

«Mais on ne peut pas exclure un phénomène structurel: une défaillance d'une partie de la structure due à une absence de maintenance approfondie ou à une usure d'un élément particulier qui surviendrait seulement après des dizaines de milliers d'heures de vol. Dans l'histoire de l'aéronautique, c'est à l'occasion d'accidents qu'on a pu déceler des faiblesses inattendues de parties de l'avion pour lesquelles aucune procédure de maintenance n'avait été initialement prévue», souligne l'ancien enquêteur du BEA.

Quelles sont les priorités lorsqu'un accident survient?

Circonscrire la zone de l'accident, localiser l'épave, les boîtes noires, un maximum de débris, les corps des victimes pour déterminer les moyens techniques et humains à mettre en oeuvre pour les inspecter.

Les enquêteurs vont ensuite saisir les enregistrements et communications radios, procéder au contrôle de la documentation technique de l'appareil pour avoir la traçabilité des opérations de maintenance, tandis que le parcours et la formation de l'équipage vont être scrutés.

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